le petit caderoussier mai 1927

15 juillet 2019

MAI 1927

LE PETIT CADEROUSSIER
 
Bulletin Mensuel

Lisez et faites lire Conservez chaque Numéro
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SOCIETE DE LA BONNE PRESS DU MIDI
à VAISON (Vaucluse)

M. H. Blanc, curé-doyen, Caderousse. Chèques Postaux-Marseille. CC. 18679
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Le Petit Caderoussier
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 Caderousse, 10 Avril 1927
 Mes chers Paroissiens,
Je terminai ma lettre chronique du mois précédent par ces mots : ‘Dans ma lettre du mois de Mai nous entrerons dans les détails’. C’est que fais.
Voici un père et une mère qui ne font jamais la prière du matin et du soir. Ils ont beau exiger que leurs enfants prient, un jour arrivera, et bien vite, où les enfants ne feront plus la prière du matin et du soir, malgré les ordres de leurs père et mère. Pourquoi ? Parce que leurs père et mère auront scandalisé leurs enfants en ne priant pas eux-mêmes.
Voici un père et une mère qui ne vont jamais à la messe le Dimanche, qui ne font pas leurs devoirs de chrétiens. Ils tiennent, cependant, à ce leurs enfants ne manquent pas les offices, se confessent et communient au moins à Pâques. Combien de temps seront-ils obéis ? Peut-être jusqu’à l’âge de treize à quatorze ans. Mais après ? Après ? Les enfants déserteront complètement l’église et les pratiques religieuses. Le motif ? Leurs parents les en auront détournés sinon par leurs paroles, du moins par leurs exemples : le père et la mère auront scandalisé leurs enfants en n’allant pas eux-mêmes à la messe, et en ne remplissant pas eux-mêmes leurs devoirs chrétiens.
Voici un père et une mère qui ne se privent pas de blasphémer devant leurs enfants. Leurs enfants blasphèment à leur tour. A qui la faute ? Au père et à la mère, même si ce père et cette mère ont repris sévèrement leurs enfants, au premier blasphème sorti de leur bouche ; parce que le père et la mère ont enlevé à leur réprimande toute son efficacité par la force contraire de leur mauvais exemple.
Je pourrais, mes chers Paroissiens, continuer l’énumération des cas, où les parents ne mettent pas leur conduite d’abord avec les enseignements qu’ils donnent à leurs enfants ; vous verriez combien de scandales ces derniers subissent du fait de leur père et mère ? Puissent-ils, les pauvres petits êtres, n’en pas périr d’une manière irrévocable ! C’est le cri suppliant que je pousse fréquemment vers Dieu, surtout au saint sacrifice de la Messe. Quant au père et à la mère de ces victimes innocentes, je leur mets sous les yeux les propres paroles de Notre-Seigneur.
‘Celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attachât au cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer.
‘Prenez bien garde à ne pas scandaliser aucun de ces petits ; car je vous déclare que, dans le ciel, leurs anges voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux.
‘Votre Père, qui est dans les cieux, ne veut pas qu’aucun de ces petits périsse.
‘Malheur au monde à cause des scandales ! S’il est une nécessité qu’il arrive des scandales, malheur à l’homme par qui le scandale arrive !’
Rien de plus effrayant, mes chers Paroissiens, que ces menaces de Notre-Seigneur. Elles sont de nature à faire réfléchir même les plus insensibles. A tout, Notre Seigneur dit : ‘Ne scandalisez pas les enfants qui croient en moi. Si vos instincts ou vos passions vous y poussent, il vaut mieux que vous soyez précipités dans la mer avec une meule de moulin, avant que vous ayez pu donner du scandale à ces petits… dont les anges voient la face de Dieu ; à ces petits dont notre Père du Ciel ne veut pas la perte’. Oui, Notre Seigneur dit cela, et il le dit à tous quels qu’ils soient, parent ou étrangers parce que tous, parents ou étrangers, sont étreints par l’obligation du bon exemple vis-à-vis des enfants. Mais peut-on nier que cette obligation de l’exemple étreigne plus étroitement ceux qui ont concréé avec Dieu ces petits êtres ; ceux qui ont donné à ces petits être leur sang et leur ressemblance ; ceux qui doivent aimer ces petits êtres au-dessus de tout après Dieu, parce que ces petits êtres sont la portion la plus chère d’eux-mêmes.
Si un étranger, quel qu’il soit, en scandalisant un enfant, commet un crime pour lequel il doit trembler devant la Justice divine, quel crime ne commettent pas les pères et mères qui scandalisent leur propre sang, leur propre chair ? Je vous le donne à méditer, mes chers Paroissiens. Livrez vous à cette méditation ; et si vos consciences vous accusent de n’avoir pas toujours été, pour vos enfants, des modèles de vertu et de religion, hâtez-vous de réparer le passé en revenant sincèrement à Dieu.
Vos enfants vous en estimeront davantage, et vous aurez le droit de leur commander, parce que, au précepte, vous unirez l’autorité de l’exemple. Faites cela, ajouterai-je avec Notre-Seigneur, et vous vivrez. Vous vivrez de la vie surnaturelle et vous ferez vivre les autres de cette même vie.
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CHRONIQUE RELIGIEUSE
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Fête de la Sainte-Enfance. – Le Dimanche 20 Mars a eu lieu dans la paroisse la fête annuelle de la Sainte-Enfant. Un temps superbe permit aux enfants de venir nombreux assister à cette fête. A l’Evangile, M. le Curé donna la bénédiction aux enfants et nomma les associés qui sont au nombre de 138. Le montant des cotisations s’élève à 163 fr. Après la messe, une magnifique procession avec les bannières se déroula sur la place de l’église. Nous félicitons les enfants du catéchisme de leur dévouement à cet œuvre.

ECHOS ET NOUVELLES
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- Le 20 Mars, le jeune André Constance s’est cassé le bras en s’amusant sur le cours.
- Dernièrement, le jeune Julien Roche s’est blessé à la main avec une serpe en coupant du bois.
- M. Siffrein, demeurant aux Cabannes a capturé dans sa nasse un superbe castor.
- Aux dernières inondations, M. Cappeau et son fils Alfred Cappeau, ayant fait preuve de dévouement en allant au secours de deux pécheurs qui se noyaient, ont reçu chacun la somme de 1000 fr. comme récompense. Nos félicitations.

STATISTIQUE PAROISSIALE
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Baptême. – Le 20 Mars, Marie-Rose Roche, fille d’Andrien Roche et de Paula Muret, demeurant Grande Rue.
Décès. – Le 8 Mars, Jean Aubépart, décédé à l’âge de 78 ans. Le 3 Avril, Marguerite Védrines, décédée à l’âge de 60 ans, munie des Sacrements. Nos condoléances à leurs familles.
Morts d’il y a un an. - Le 12 Mai, Gustave Roche, 75 ans. Le 3 Juin, Clarisse Menu 79 ans.

 HISTOIRE DE CADEROUSSE
CHAPITRE VIII
L’Abbaye des Bénédictines
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C’est l’abbaye des Bénédictines de Notre-Dame des Colonnes de Vienne, en Dauphiné, qui eut le pieux dessein, écrit l’abbé Berbiguier, de fonder à Sarrians, alors du diocèse d’Orange, un monastère de St-Benoît sous le vocable de Annonciation de la Sainte-Vierge.
Les consuls et la communauté de ce pays ne firent aucune opposition. Ils mirent, cependant certaines conditions, mentionnées dans un acte qui portait la date du 9 mai 1652. Cet acte, M. l’abbé Berbiguier l’avait sous les yeux, lorsqu’il rédigeait la petite monographie de l’abbaye de Caderousse. Je ne crois pas même trop m’aventurer en affirmant que Berbiguier eut toute facilité de consulter les archives de cette abbaye, tellement ses détails sont précis et datés.
Les Bénédictines de Vienne n’eurent plus qu’à obtenir le consentement et les pouvoir nécessaires de Mgr Dominique de Marius, Archevêque et Vice-Légat d’Avignon (1653-54). Leur requête fut agréée. Une bulle donnée au Palais Apostolique, le 19 octobre 1653, en la dixième année du pontificat d’Innocent X, autorise la fondation du dit monastère, au pays de Sarrians, portant entre autres clauses et conditions que la future abbaye sera sous l’obéissance du seigneur Evêque d’Orange et de ses successeurs.
Les religieuses des Colonnes déléguèrent pour cette fondation la sœur Dauphine de Boullon. Celle-ci se dirigea d’abord sur Nyons dans le diocèse de Vaison, pour y prendre une compagne que la pieure du monastère de St-Césaire de cette ville, consentait à lui adjoindre. Cette dernière s’appelait sœur Isabeau de Beaulieu-du-Mazel. Toutes deux munies de leur lettres d’obédience, la première en date du 6 août, la seconde, en date du 6 septembre 1653, partirent pour Sarrians, où elles arrivèrent le 26 novembre de la même année. M. Ulysse de César, official et vicaire-général de Mgr Hyacinthe Ferroni, évêque d’Orange, les y reçut ; et, conformément à la bulle d’Innocent X, les établit en communauté dans une maison, mise à leur disposition par le seigneur Clément de Villelongue : bénit une salle qui leur servirait de Chapelle, pendant la construction de leur futur monastère et nomma, comme première abbesse, la sœur Isabeau de Beaulieu du Mazel.
L’année suivante, nos deux bénédictines abandonnèrent la maison de Villelongue, pour celle de Raymond de Modène, près des faubourgs et des remparts de Sarrians. C’est là que vint les visiter Mgr Hyacinthe de Ferroni le 29 novembre 1654.
Cette fondation ne réussit pas. On ne mentionne pas une seule entrée de novice durant quatorze ans.
Est-ce mauvais vouloir des habitants ? Est-ce mécontentement de la sœur Dauphine de Boullon, qui ne put supporter de n’être que la seconde là où elle s’imaginait avoir des droits à être la première ? Ce mécontentement aurait-il transpiré au dehors et aurait-il éloigné les vocations, d’un monastère qui commençait dans la zizanie ? Quoi qu’il en soit, en 1668, le monastère fut transféré à Caderousse. ‘La dame de Boullin, écrit l’abbé Berbiguier, s’étant peu à peu relâchée de ses devoirs et dégoûtée de son état, s’en alla à Paris, après avoir rempli d’amertume le cœur de Mme du Mazel, qu’elle laissa seule dans le monastère de Caderousse. Mais la Providence lui envoya bientôt une campagne sœur Louise de Bertrande qui prononça ses voeur le 1er mai 1669.
Durant les guerres de religion, trois fois, les évêques d’Orange furent contraints de quitter leur ville épiscopale, pour se réfugier à Caderousse, derrière ses remparts, au milieu d’une population fidèle à sa foi. L’histoire des évêques d’Orange mentionne ces trois retraites, opérées par le chef du diocèse, accompagné par son chapitre, de tout son clergé et de trois mille catholiques. La principale eut lieu en 1569 ; elle dura trente ans. Une tradition qui s’est perpétuée jusqu’ici nous conte ‘que lorsque l’évêque avait pourvu à la vacance d’une stalle de son chapitre, le nouveau chanoine nommé, montait au clocher de Caderousse, se tournait vers Orange, et tendant le Bras vers cette ville prenait possession per visum’. En1569, c’était Mgr Philippe de Chambéry ou de la Chambre qui occupait le siège d’Orange. A Caderousse il habita une maison, longeant, au nord, l’église St-Michel. Il ne l’habita que deux ans. Accablé d’ennuis et trouvant le fardeau trop lourd, il se démit de son évêché, pour aller se reposer et mourir dans ses domaines de Maurienne en Savoie en 1572. Il eut pour successeur Mgr Jean de Tullia ou de Tulles, nommé le 16 juin 1572. En 1599, Jean de Tulles rentrait dans sa ville épiscopale pacifiée. Mais en 1606 il donnait sa démission, à cause de son grand âge, se retirait à Caderousse dans la maison qui l’avait abrité pendant vingt-sept ans, l’achetait de ses propres deniers ; et, à sa mort, la laissait en héritage à son neveu Mgr Jean-Vincent de Tulles, son successeur immédiat pendant six ans, à l’évêché d’Orange ; et ensuite, évêque de Lavaur, dans le Tarn. En 1669, le propriétaire en était M. Jean de Tulles, marquis de Villefranche. Le 3 juin de cette même année, Jean de Tulles la vendit pour 900 Francs aux Dames bénédictines, qui payèrent 100 francs comptant avec constitution d’une rente de 40 francs, pour les 800 francs restants ; laquelle rente fut rachetée le 30 Mars 1694. Telle fut l’origine de l’abbaye des dames bénédictines de Caderousse. En l’année 1672 et les suivantes, Mgr Alexandre Fabre, qui avait succédé sur le siège d’Orange à Mgr Hyacinte Ferroni, employa toutes ses ressources personnelles à réparer la maison et à lui donner une forme de monastère. Il fit construire la chapelle, la bénit, la consacra le 15 Août, sous le vocable de l’Assomption. Ce vocable remplaça le titre de l’annonciation que le monastère avait porté jusqu’alors. Il avait obtenu pour ces travaux de restauration et de construction, les décombres des remparts de la ville, et du château d’Orange. Il ne jouit pas longtemps du fruit de ses libéralités envers la nouvelle abbaye. Douze jours après la consécration de la chapelle, le 27 août 1672, il rendait sa belle âme à Dieu, emportant dans sa tombe le souvenir d’une âme vraiment épiscopale et toute dévouée aux bonnes œuvres.
A la même époque, le Seigneur de Labeau de Bérard marquis de Maclard, faisait bâtir la sacristie de l’abbaye et le logement qui était au-dessus. L’abbé Berbiguier ajoute : ‘Il augmenta le poids du calice, du ciboire, de l’ostensoir ; et il donna un ornement rouge fort propre et assez riche’.
 H. B.

HOMMAGE A UN PRÊTRE SAVANT
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On vient de fêter solennellement à Trente, à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, Don Giacomo Bresadola un prêtre réputé depuis longtemps dans le monde savant pour ses études de mycologie.
Le jeune Giacomo Bresadola avait songé d’abord à devenir ingénieur, mais il entra bientôt au séminaire. Nommé vicaire dans le Trentin, il publia sur les champignons de cette région un travail qui lui valut aussitôt une grande notorieté. Il poursuivit cette étude spéciale avec un tel succès que les savants américains le proclamèrent « le plus docte mycologue du monde ».
Don Giacomo Bresadola a trouvé, identifié et décrit plus de mille espèces nouvelles de champignons.
Des savants de tous les pays ont voulu s’associer aux hommages qui viennent de lui rendus. L’Université de Padoue l’a proclamé « docteur ad honorem », et une souscription publique va permettre de publier une Iconographia Mycologica du vénérable savant. Cette œuvre comprendra une vingtaine de volumes et sa publication coûtera 800.000 lires.
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MERCI, MON GENERAL !
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L’Echo de Stanislas a ouvert, auprès des anciens élèves du collège Stanislas, une enquête sur le sujet suivant : ‘Quel est l’évènement de votre enfance ou de votre adolescence qui a laissé en vous la plus profonde empreinte ou qui a eu le plus d’influence sur votre existence ?’ Cette enquête – à l’allure un peu indiscrète – a valu déjà à la revue d’intéressantes réponses. Nous en relevons une qui mérite d’être conservée (15 décembre 1926).
« Si je voulais chercher l’évènement qui m’a laissé la plus forte empreinte, je crois, à en être sûr, que c’est mon entrée à Stanislas en 1878. Si mes parents m’avaient mis dans un lycée, il est plus que probable que je ne serais pas ce que je suis, que je n’aurais pas fait le mariage que j’ai fait, que je ne serais pas entré dans une famille aussi religieuse, que mes trois fils, officiers, ne seraient pas, chrétiennement parlant, ce qu’ils sont.
M. l’abbé de Lagarde, sur un de mes bulletins a écrit de moi : ‘Si cet enfant continue, nous en ferons un homme et un chrétien’.
Il en a fait quatre ».
 Général T…

LE FAUX PAS D’UNE AMERICAINE
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Mrs Otis Hower, Américaine, visitait la France. Passant par Tours, elle tint à faire l’ascension d’une des tours de la cathédrale. Comme elle mettait le pied sur une des dernières marches, elle faillit tomber.
Elle se fit conduire aussitôt chez l’architecte du monument.
- Pour réparer ces marches usées, dit-elle, combien ?
- Hélas ! Madame, il ne faudrait pas moins de dix mille francs.
- Je les donne !
Et, sur-le-champ, Mrs Otis Hower tira de son sac son carnet de chèques.
Voilà un ‘réflexe’ qui est, quand même, un ‘beau geste’.
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ECHOS DE L’ACTUALITE

AUTOUR DU CALENDRIER
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On sait que l’année n’a pas toujours commencé le 1er janvier. Chez les vieux Romains, l’année, qui ne comptait que dix mois, commença, d’abord le 1er mars ; puis vers 670 avant Jésus-Christ, elle commença le 1er jour de janvier, mois qui tout d’abord n’existe pas.
Dans nos pays catholiques, l’usage a prévalu longtemps de faire commencer l’année à Noël (style a nativitate Christi) ou le 25 mars (style ab incarnatione Christi). En France, le commencement de l’année correspondit aussi à la fête mobile de Pâques, ce qui était la cause de nombreux inconvénients chronologiques. Aussi le roi Charles IX ordonna-t-il, en 1564, de reprendre le 1er janvier comme jour de l’an.
On sait aussi que Denys le Petit, auteur du calendrier chrétien, s’est trompé de quelques années dans sa computation chronologique. L’année 1927 devrait être l’année 1931 ou 1932, ou peut-être même l’année 1935 depuis la naissance du Christ.
On sait aussi que le calendrier julien est de treize jours en retard sur notre calendrier dit calendrier grégorien. Notre 1er janvier 1927 correspond donc au 19 décembre 1926 du calendrier julien qui a été jusqu’ici universellement en vigueur dans les pays de religion grecque orthodoxe.
L’année 1927 correspond encore à l’année 1325 de l’ère musulmane, appelée hégire, et à l’année 5687 de l’ère juive.
En 1927, la Pâque chrétienne et la Pâque juive tomberont toutes les deux sur le 17 avril.
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COMMENT BERLIOZ FIT APPLAIDIR ‘L’ENFANT DU CHRIST’.
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On joue en ce moment, au théâtre de la Porte Saint-Martin, une pièce de M. Charles Méré dont le principal personnage est Berlioz. Rappelons, à propos de Berlioz, une anecdote relative à son célèbre oratorio. L’Enfance du Christ.
A l’époque où il le composa, Berlioz n’était guère goûté du public, qui ne couvrait pas ses œuvres d’applaudissement. Il eut l’idée de recourir à une supercherie. L’Enfant du Christ fut présentée, sur l’affiche, comme étant d’un compositeur du XVIIIe siècle, Pierre Duncré.
Personne ne connaissait – et pour cause – Pierre Duncré. Mais on trouva sa musique admirable. On cria au chef-d’œuvre : ‘Voilà qui n’est pas du Berlioz !’ s’exclamait-on. Et on applaudit à tout rompre.
Berlioz alors se dévoila. Il mit ainsi les rieurs et… les admirateurs de son côté.
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 L’Armana Prouvençau.
LOU COUIFAIRE
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Un million à celui qui prouvera que mon eau ne fait pas repousser les cheveux sur les crânes les plus chauves !
Vaqui ço qu’un couifaire de la carriero Paradis avié fa metre sus lei papié de Marsiho, i’a no vinteno d’an.
Un jour, erian au mes de mai, fasié caud, e cadun si fasié coupa lou péu ; la boutigo èro pleno.
Un ome intro esglaria, e dis au Figaro :
 - Voulur ! Despièi sièis mes, mi fouti de vouesto aigo su lou cocot, regardas-lou.
 - Moun ami, avès resoun : parèis qu’avès la tèsto duro !
 - Es `poussible, mai es pas acò, vouèli lou milien !
 - Sias dins voueste dre, cambarado… Jousè, douno l’escoubo à Moussu :
 - Coume, l’escoubo ?
 - Eh ! Segu… Escoubas e pagas-vous.
 - Vous trufas de iéu, crési !
 - Nàni, moun bouen : ai di un milien, mai ai pas di de que : vaqui un milien de péu : coumtas-lèi.
 THUMIN 88
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DANS CE MOIS DE MAI
(Dates à remarquer)
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(Mois de Mai, mois de Marie et, dans beaucoup de paroisses, mois des Premières Communions).
1er Mai, dimanche. – S. Philippe et S. Jacques, apôtres. L’Evangile parle deux ou trois fois d’une façon particulière de l’apôtre Philippe. Un jour, Jésus le rencontre sur un chemin et lui dit ces simples mots : ‘Suivez-moi’, et Philippe le suivit sans hésiter.
Le jour de la multiplication des pains, c’est à Philippe que Notre Seigneur demande : ‘Où pourrait-on trouver assez de pains pour nourrir cette foule ?’ Un autre jour, Jésus parlait de son divin Père. Philippe lui dit alors avec une sainte liberté : ‘Faites-nous voir le Père et cela suffit’. Jésus lui répondit : ‘Celui qui voit le fils, voit aussi le Père’.C’était une allusion directe au grand mystère de la Saint Trinité.
Après l’Ascension, il alla évangéliser la Phrygie. C’est là qu’il subit le martyre le 1er Mai. Les païens le déchirèrent à coups de fouets et l’achevèrent à coups de pierres.
St. Jacques est appelé mineur, pour le distinguer de St. Jacques le majeur, frère de l’apôtre St. Jean, parce qu’il était plus jeune. L’Evangile ne dit rien de particulier de cet apôtre. Mais nous avons qu’après l’Ascension, il fut fait évêque de Jérusalem. C’était le cousin germain de Notre Seigneur, sa mère en effet était la sœur de la Sainte Vierge. Les Juifs le poursuivaient d’une haine particulière parce qu’il était le parent de Jésus. Ils s’emparèrent de lui et le précipitèrent du haut du temple dans le vide. Il ne mourut pas sur le coup, mais il se releva sur ses genoux et pria pour ses bourreaux. Alors un foulon se trouvant là avec le fouloir dont il se servait pour fouler le drap, lui en déchargea un grand coup sur la tête et acheva de le tuer.
Ce même jour, premier Mai, nous célébrons dans notre région la fête de St. Andéol, martyre.
Il évangélisa d’abord Carpentras. Puis il alla annoncer l’Evangile dans la contrée où se trouve aujourd’hui la ville qui porte son nom : Bourg Saint Andéol. C’est là qu’il souffrit le martyre.
- 3 Mai, mardi : l’invention de la Croix.
L’Impératrice sainte Hélène conçut le projet de retrouver la Croix, sur laquelle le Sauveur avait été cloué. Elle fit faire des fouilles sur le Calvaire. On retrouva les trois croix, de même grandeur et de même forme, sans qu’on pût discerner quelle était celle du Sauveur.
Saine Hélène consulta alors l’évêque de Jérusalem. Il fut d’avis qu’on fit toucher successivement les trois croix à un malade. Dieu daigna répondre à cette pieuse confiance par un miracle. Les deux premières croix n’opérèrent rien, mais à peine le malade eût touché la troisième, qu’il fut guéri sur le champ.
L’Eglise a institué cette fête en mémoire de cette miraculeuse découverte.
- 4 Mai, mercredi : Solennité de St. Joseph, Patron de l’Eglise universelle.
La fête de St. Joseph du 19 Mars, qui tombe toujours en Carême, est comme voilée par la tristesse de ce temps de pénitence. C’est pourquoi l’Eglise a institué cette seconde fête plus solennelle, afin de pouvoir glorifier avec plus d’éclat ce grand Patriarche, qui a eu l’honneur et la joie de soigner le divin Jésus pendant son enfance.
- 8 Mai, dimanche : Solennité de Ste Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France. « Dieu pour arriver à ses fins, se sert souvent des faibles selon le monde pour confondre les forts ». dit l’dit l’apôtre St-Paul. Une femme, Judith, avait sauvé la Judée, une femme, Jeanne d’Arc, sauva la Franc.
Quand Judith revint triomphante, le peuple juif se mit à chanter avec enthousiasme : « Tu es la gloire de Jérusalem – tu es la joie Israël, tu es l’honneur de notre peuple ! »
L’Eglise, dans l’office de Sainte Jeanne d’Arc, lui applique ces belles paroles, qu’elle mérite au même titre que Judith.
- 16 Mai, lundi : St. Gens.
Toute la Provence aime et vénère ce saint qui est bien de chez nous. Sa chapelle du désert, près du Baucet, est le but de nombreux pèlerinage, qui viennent de toutes les régions provençales.
- 26 Mai, jeudi : L’Ascension de Notre Seigneur. (fête d’obligation) Voir la page d’Evangile.
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Le grand saint Basile dit que la rose, emmy les espines, fait cette remontrance aux hommes : ce qui est de plus agréable en ce monde, ô mortel ! est meslé de tristesse ; rien n’y est pur : le regret y est toujours collé à l’allégresse, le soin à la fertilité, l’ignominie à la gloire, la despense aux honneurs, le dégoût aux délices et la maladie à la santé.

(Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote)

 Page d’Evangile
DERNIERES PAROLES
DE JESUS-CHRIST AUX APÔTRES
SON ASCENSION
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TEXTE DE L’EVANGILE
Jésus dit à ses apôtres : « Allez dans le monde entier et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes qui s’attacheront à ceux qui croiront : ils chasseront les démons en mon nom, ils parleront des langues nouvelles – ils saisiront les serpents ; s’ils boivent quelque poison mortel, ils n’en éprouveront aucun dommage, ils imposeront les mains sur les malades et ceux-ci seront guéris.
Alors il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprissent les écritures et leur dit : « C’est en effet ce qui a été écrit, et il fallait que le Christ souffrit ainsi, qu’il ressuscitât des morts le troisième jour et qu’en son nom soit prêchée la pénitence et la rémission des péchés parmi toutes les nations à commencer par Jérusalem ».
Il leur dit encore : « Je vais envoyer en vous celui que le Père a promis ; vous recevrez la vertu du Saint Esprit qui descendra en vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, et jusqu’aux extrémités de la terre ».
Quand il eut ainsi parlé, le Seigneur Jésus les emmena au dehors, à Béthanie, et élevant les mains, il les bénit. Il les quitta et à leur yeux, s’éleva au ciel où il est assis à la droite de Dieu.
Une nuée le déroba à leurs regards. Ils le contemplaient encore montant au ciel, quand deux hommes parurent près d’eux, en vêtements blancs, et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi rester à regarder le ciel ? Le Jésus qui vient de vous quitter reviendra du ciel, comme vous l’avez vu y monter ».
 (Actes des Apôtres)

EXPLICATIONS
Dernières paroles de Jésus aux apôtres

1- Quelle mission Jésus a-t-il donnée à ses apôtres ?
Jésus par ces paroles : « Allez dans le monde entier et prêchez l’Evangile à toute créature » donne solennellement, à ses apôtres et à leurs successeurs la mission et le pouvoir de continuer sur la terre et jusqu’à la fin des temps son œuvre de conversion des âmes.
Jésus est mort pour tous les hommes. Aussi, toutes les barrières des nationalités tombent devant la prédication évangélique. Ce n’est pas seulement en Judée que les apôtres devront prêcher, mais dans l’univers entier « à toute créature ».
2- Pourquoi Jésus donne t-il à ses disciples le pouvoir de faire tant de miracles ?
Parce que ces prodiges étaient nécessaires au début du christianisme pour prouver aux hommes trop peu disposés à se convertir, la divinité de la religion prêchée par les apôtres.
Plus tard quand le christianisme sera implanté dans le monde, l’intervention miraculeuse de Dieu devenue moins utile sera plus rare.
Ainsi le jardinier cultive d’abord et arrose avec beaucoup de soin, de tout jeunes plants dont il s’occupera ensuite avec moins de sollicitude lorsqu’ils seront devenus de robustes arbrisseaux.
3- Les apôtres avaient-ils besoin d’un don spécial qui leur fit comprendre les Ecritures ?
Oui les apôtres avaient besoin que Dieu « leur ouvrit l’intelligence ». En effet ils avaient connu auparavant les paroles de l’Ecriture qui annonçaient les souffrances, la mort et la résurrection du Christ ; cependant ils ne les comprirent pas et furent complètement découragés par la mort de leur divin Maître le soir du vendredi saint.
Désormais l’esprit des apôtres sera ouvert pour qu’ils sachent comprendre les sens les plus profonds de la parole de Dieu.
Ce don magnifique d’intelligence, que l’esprit saint viendra compléter, le jour de la Pentecôte, leur permettra de prêcher efficacement l’Evangile, partout, à toute créature.
4- Pourquoi Jésus promet-il aux Apôtres de leur envoyer l’Esprit-Saint ?
Parce que sans le secours de l’Esprit-Saint, les apôtres, laissés à eux-mêmes, après l’Ascension de leur maître, seraient incapables d’entreprendre une œuvre qui était au dessus des forces humaines, et consistait à prêcher l’Evangile à travers un monde corrompu.
Ainsi Jésus avait fondé son Eglise sur Pierre, mais il a voulu laisser à l’Esprit-Saint le soin de la perfectionner. L’Esprit-Saint remplira les apôtres de vérité, d’amour, de consolation et de force, ils pourront être les témoins du Christ jusqu’aux extrémités de la terre.
5- Comment les Apôtres seront-ils les témoins du Christ ?
Les Apôtres ne prêcheront pas une doctrine inventée par eux. Témoins de la vie, des miracles, de la doctrine, de la mort, de la résurrection, de la divinité de Jésus, ils annonceront au monde ce qu’ils auront vu. Ces témoins seront persécutés en haine de la foi, mais ils diront à leurs juges : « nous ne pouvons pas ne pas prêcher ce que nous avons vu, c’est-à-dire le Christ ressuscité ». Et ils se laisseront égorger, et leur martyre ajoutera à leur témoignage une force irrésistible.
6- A qui s’adresse l’ordre de Jésus d’être témoin jusqu’aux extrémités de la terre ? »
 Cet ordre et ce pouvoir s’adressent évidemment aux Apôtres, et à leurs successeurs qui peu à peu en effet, à mesure que l’Eglise s’étendra, porteront le nom de Jésus-Christ dans toutes les parties du monde.
Par conséquent l’enseignement catholique donné aujourd’hui, sur toute la surface de la terre par les évêques, unis au Pape actuel Sa Sainteté Pie XI, n’est pas inventé par les hommes, mais il vous vient du Christ par les apôtres qui furent ses témoins directs. La Pape actuel et l’ensemble des évêques unis au Pape sont assistés par le Saint-Esprit selon cette parole de l’Homme-Dieu aux apôtres : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ». 
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ASCENSION DE JESUS

1- Comment se passa le fait merveilleux de l’Ascension ?
Jésus conduisit ses disciples à un quart d’heure environ de Béthanie, sur le mont des Oliviers semblable à nos petites collines de Provence.
Jésus « élevant les mains, les bénit ».
L’élévation des mains, était dans la religion juive, le geste de la bénédiction. Bientôt la liturgie chrétienne emploiera les signes de croix. Il est touchant de voir que le dernier acte du Seigneur sur la terre fut une bénédiction.
Enfin « il s’éleva au ciel » avec une majestueuse lenteur, sous les regards ravis de la sainte assemblée, scène sublime que les poètes et les peintres ont souvent décrite. Le Pérugin a fait un précieux tableau de l’Ascension conservé au musée de Lyon.
Pendant que les disciples émerveillés regardaient encore, Jésus suivi de toutes les âmes des justes quittant les limbes, entrait au ciel « où il est assis à la droite de Dieu ».
2- Que signifient ces mots : est assis à la droite de Dieu ?
Parmi les hommes, être placé à la droite d’un personnage est regardé comme un honneur. C’est par illusion à cet usage et en appliquant aux choses du ciel le langage de la terre, que l’on dit de Jésus qu’il est à la droite de Dieu. Cela signifie que Jésus, étant Dieu, participe au ciel à la puissance de son Père.
Dans l’église de Saint Siffrein de Carpentras, un superbe tableau nous montre Jésus au ciel, assis à la droite de Dieu le Père et couronnant Marie le jour de l’Assomption.
3- Que signifient ces paroles des anges : « Jésus reviendra du ciel, comme vous l’avez vu y monter » ?
Ces paroles signifient qu’à la fin du monde Jésus-Christ viendra visiblement, et avec une grande majesté, juger tous les hommes et rendre à chacun selon ses œuvres.
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AIMEZ LES CHAMPS
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Après vos sœurs et votre mère,
Enfants au cœur tendre et soumis,
Que la nature vous soit chère ;
Les champs sont nos meilleurs amis.

L’air des champs donne avec largesse
Comme un autre lait maternel ;
Il fait croître en force, en sagesse,
L’enfant placé là par ce ciel.

C’est la voix du monde champêtre,
L’éclat des prés verts, du lac bleu,
Qui vous feront le mieux connaitre
Et chérir la bonté de Dieu.

Aimez donc les bois, la fontaine,
L’étang bordé de longs roseaux,
Les petites fleurs, le grand chêne
Tout peuplé de joyeux oiseaux.
 VICTOR DE LAPRADE
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NOSTI VIEI DITOUN
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- Quau travaio, Diéu ié baio
- Coume faren, troubaren.
- Li vièi planton li souco e li jouine vendemion.
- Vau mai plega que roumpre.
- Quau noun travaio poussin, Fau que travaie roussin.
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LES FLEURS
— : —
Dieu, en créant les plantes, nous a donné avec elles les fleurs, qui charment nos regards par leur beauté, nous plaisent par la suavité de leur parfum, et dont un certain nombre sont médicinales. Sa bonté les a prodiguées pour orner la demeure de l’homme : il en a attaché aux arbres ; il en a parsemé les prairies et les champs, les vallées et les montagnes ; on en rencontre sur l’eau et jusque dans les déserts ; le printemps, l’été et l’automne ont chacun les fleurs, qui se succèdent sans interruption.
Les fleurs sont un magasin inépuisable, où les abeilles vont butiner les éléments dont elles composent la cire et le miel. Leur mission, par rapport à la plante, c’est d’en protéger le fruit jusqu’à ce qu’il puisse se suffire à lui-même : alors elles se flétrissent et meurent.
Certaines fleurs sont envisagées comme des emblèmes, à cause de leurs qualités ou des dictons populaires. Ainsi la violette symbolise la modestie et l’humilité ; le pavot, le sommeil ; le lis, la pureté et la magnificence.
Parmi les fleurs de nos contrées, la rose a le premier rang : coloris, forme, parfum, tout est ravissant dans cette reine des jardins. Comme emblème, elle a l’honneur insigne de rappeler la très Sainte Vierge, Mère de Dieu, que l’Eglise invoque, en effet, sous le titre de « Rose mystique ».
Le lis, à la tige élancée et au calice plus blanc que l’ivoire, rivalise de beauté avec la rose. Jésus-Christ lui-même le présente à notre admiration lorsque, parlant des attentions de la Providence envers nous, il dit : « Considérez les lis des champs ; ils ne sèment ni ne filent, et cependant, je vous le déclare, Salomon dans toute sa magnificence n’a jamais été paré comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi une plante qui vit aujourd’hui et qui demain sera brûlée au four, combien plus aura-t-il soin de vous ! ».
Après le lis et la rose, nommons, parmi les principales fleurs cultivées dans nos contrées, la violette, la pensée, l’œillet, le géranium, la primevère, la pâquerette, la giroflée, la balsamine, la tulipe, le dahlia, le muguet, l’anémone, la renoncule, le pavot, le bluet.
A propos des fleurs, rappelons les bouquets de fête que les enfants sont si heureux de présenter à leurs parents en hommage d’amour et de reconnaissance. Rappelons aussi l’usage si touchant de déposer, sur les cercueils et sur les tombes de ceux que nous avons aimés, des couronnes de fleurs, en témoignage de nos regrets et d’une affection que la mort n’a point interrompue.
On lit dans la vie de saint François d’Assise que, tenant une fleur à la main, il pleurait de joie et d’amour en pensant à Celui dont elle lui manifestait la bonté. Comme lui, envisageons les fleurs des yeux de la foi, et rendons-en hommage à Dieu, qui les a crées pour nous si belles et si suaves.

LES HERBES
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Vertes ou jaunies, en fleurs ou en graines, tapissant les prairies, les jardins ou les sous bois, toutes les herbes sont belles.
Toutes ont un nom de parade, un nom rutilant qui figure au bottin des herboristes et des collectionneurs, mais l’homme des champs qui les désigne, chaque jour, n’aime pas les noms savants.
Les herbes, pour lui, n’ont d’autres noms que ceux qu’il veut bien leur donner.
Or, ces noms sont sublimes, religieux, évocateurs des saints.
L’homme des champs pour se rappeler la cohorte des saints a placé chaque fleur sous le patronage de l’un d’entre eux.
Les herbes ont des noms savants mais nul ne les emploie.
Les herbes ont des noms saints, et chacun les aime.
Herbe de Saint-Jean, herbe Saint-Roch, herbe Saint-Joseph, herbe Saint-Benoît, herbes médicales, et toutes vous autres dont j’ai oublié de demander le vrai nom aux bergers et aux paysans, rappelez-nous toujours par vos effets et votre beauté les saints qui vous protègent gardez toujours vos noms populaires !

LE COIN DES CHERCHEURS

I. Réponses aux devinettes d’Avril.
N° 150 - Enigme (Ténèbres) ; N° 151 Charade (Poteau) ; N° 152. Changement de lettres (Sardine, Tartine).

II. Nouveaux jeux d’esprit.
N° 153 - Suppression de lettre (envoi d’une jeune bachelière)
 Je suis, avec ma tête, un être fort aimable,
 L’ouvrage le plus beau de la Divinité ;
 Sans tête, ami, par moi tu deviens raisonnable,
 Et je ne finirai qu’avec l’éternité.
N° 154. Enigme (Par Jan-Farine de Pertuis).
 Sans eau je bois de l’eau, triste effet du destin,
 Mais beaucoup d’eau me fait boire beaucoup de vin !
N° 155. Charade (d’un vieux violoniste comtadin)
 A la tête voyelle,
 Et note à mon talon,
 Lecteur, mon tout n’est bon
 Qu’autant qu’il est fidèle.
 FIN 
 
 Impr. Bonne-Presse du Midi – Vaison Le Gérant N. MACABET