Le petit Caderoussier février 1926

7 janvier 2019

FEVRIER 1926

LE PETIT CADEROUSSIER
 
Bulletin Mensuel

Lisez et faites lire Conservez chaque Numéro
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SOCIETE DE LA BONNE PRESS DU MIDI
A VAISON (Vaucluse)

Le Petit Caderoussier
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 Caderousse 10 Janvier 1926
Mes chers Paroissiens,
Le 5 janvier, je recevais de Monseigneur le Coadjuteur les encouragements et les bénédictions, que je suis heureux et fier de vous communiquer :
Monsieur le Doyen,
Le projet que vous avez conçu et déjà en partie réalisé, de rendre à votre église paroissiale, sinon antique splendeur, au moins ce qu’exigent la décence et la solidité de l’édifice, mérite les meilleurs encouragements.
Quand un passé aussi honorable pèse sur les murailles d’un temple, comment pourrait-on se désintéresser de son avenir !
Les paroissiens ont compris déjà vos sentiments et les ont partagés. Qu’ils soient pieusement remerciés de ce qu’ils ont fait. Bénis aussi soient ceux qui vous aideront à mener à bonne fin ces travaux importants !
Dieu ne refusera pas l’entrée de sa demeure éternelle à ceux qui auront généreusement contribué à entretenir sa demeure ici-bas, l’église paroissiale.
Veuillez agréer, Monsieur le Doyen, mes sentiments religieusement dévoués.
 GABRIEL,
 Archevêque-Coadjuteur d’Avignon

Fort de ces encouragements de notre Archevêque déjà si aimé, et confiant dans votre générosité qui ne voudra pas se démentir, j’aurai, quand ce numéro du Petit Caderoussier vous sera remis, fait reprendre les réparations de notre église, à laquelle vous tenez tant. Il s’agit, pour cette année 1926, de mener à bonne fin la restauration de la nef de gauche, qui contient les autels de St Joseph, de St Eloi, de St Roch et les Fonts Baptismaux. Ne croyez pas, mes chers paroissiens, que je veuille faire du nouveau ; ce serait un crime de ma part. Cette nef est du plus pur treizième siècle, et on ne peut faire mieux ; mais c’est un treizième siècle que déshonore une boiserie toute vermoulue. Lorsque vers l’an 1832, on se permit d’ouvrir les arceaux qui séparaient les chapelles, on s’inquiéta trop peu des colonnes et des nervures qui en étaient les plus beaux ornements. Je ferai disparaître cette boiserie que vous ne souffririez pas dans vos maisons ; ravaler avec précautions les colonnes et nervures ; revêtir les murs d’un enduit solide, imitant les appareils de pierre de taille. De plus, si je puis pratiquer une ouverture pour aérer un peu mieux, et assainir, par conséquent, l’église toute entière, je n’y manquerai pas.
Voilà mes plans ! J’estime qu’il nous faudra douze mille francs pour les réaliser. La caisse des réparations contient déjà quatre mille cinq cents francs. J’espère que M. le comte de Lafarge, qui s’est montré si généreux en 1925, ne le sera pas moins en 1926. A nous, mes chers paroissiens, de compléter la somme qui nous manquerait et que j’évalue à quatre mille francs. Les trois saints dont il s’agit de restaurer les chapelles, sont aimés par vous. C’est à St Joseph que beaucoup d’entre vous ont été mariés. St Eloi était, il n’y a pas si longtemps encore, le patron vénéré d’une confrérie, dont, hélas ! Il ne reste que quelque vestige. Vous verrez, plus tard, dans l’histoire de Caderousse, combien de fois St Roch a préservé vos pères du fléau de la peste qui ravageait les communes voisines. Vous avez donc des obligations à l’égard de ces trois saints : Refuseriez-vous de les remplir ? Je ne crois pas, et je ne veux pas vous faire cette injure. Je compte donc sur vous, et comme je traite avec des ouvriers habiles et consciencieux, mais qui n’ont pas de fortune, je ferai les payements tous les quinze jours : c’est convenu. Ne me mettez pas dans l’impossibilité de tenir ma parole, parce que vous retarderiez trop votre obole. Soyez de ceux qui donnent à Dieu promptement et d’un cœur joyeux.
 Votre Curé
 Henri BLANC
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STATISTIQUE PAROISSIALLE
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Baptêmes. – Le 21 Décembre, Maurice Gaigier, fils de Mr Roger Gaigier et Léa Roux, demeurant au quartier Vénasque. – Le 28 Décembre, Andrien Guérin, fils de Mr Gabriel Guérin et Philine Boissel, demeurant à la place. – Le 1er Janvier, Marie Louise Gilles, fille de Mr et Mme Auguste Gilles, demeurant rue de la Masse.
Mariage. – Le 15 Décembre, Mr Louis Maurin a épousé Mlle Julie Signoret. La bénédiction nuptiale suivie de la messe leur a été donnée au maître autel. Nos vœux de bonheur.
Décès. – Le 17 Décembre, Henri Lafont, décédé à l’âge de 76 ans, muni des sacrements. – Le 22 Décembre, Rosalie Roche, Décédée à l’âge de 84 ans. – Le 23 Décembre, à Avignon, Florent Chassenet, décédé à l’âge de 74 ans, muni des sacrements. – Le 27 Décembre, Rosa Auguste, décédée à l’hôpital, à l’âge de 80 ans, munie des sacrements.
Morts d’il y a un an. – Le 12 Février, Elodie Aubert. – Le 15 Février, Félicité Roche. – Le 16 Février, Etienne Roche. – Le 7 Mars, Rose Bouvier. – Le 8 Mars, Euphrasie Millet. – Le 8 Mars, Irène Martin.

CHRONIQUE RELIGIEUSE
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Fête de la Noël. – Comme les années précédentes, il y eut à la messe de minuit un grand recueillement. Minuit Chrétiens fut très bien chanté par M Ile Andréa Bouche. Plusieurs solos aussi très bien exécutés ; signalons en particulier un duo d’harmonium et de violon par M. Ile Elise Vignol et Mr Lucien Farraud. Les communions furent nombreuses et édifiantes. A tous les offices l’assistance fut très nombreuse.
Arbre de Noël. – Le 10 Janvier, solennité de l’Epiphanie, un magnifique arbre de Noël surchargé de jouets fut dressé dans la chapelle du château. Les enfants du catéchisme reçurent par ordre de mérite leur récompense. Nous remercions les personnes généreuses, qui par leurs offrandes ont contribué à cette bonne œuvre.
Gâteau des Rois. – Après le dépouillement de l’arbre de Noël, un superbe gâteau des Rois fut offert aux choristes par Mr le Curé. Elles le méritaient bien, par leur dévouement et leur assiduité aux offices de la paroisse.

Echos et nouvelles

- Le 20 Décembre, Mr Victor Constance fit installer dans son café un appareil de T.S.F.
- Le 22 Décembre, Mr Paulze d’Ivoy descendant des ducs de Grammont, était de passage dans notre ville ; il visita l’église et remit à Mr le Curé 100 frs pour les réparations. Nos remerciements.
Dons à l’Hospice. – A l’occasion des fêtes de la Noël, plusieurs dons furent faits à l’hospice. Mme Encenas-Lombard et son fils Baudile, demeurant à Marseille, firent un don de 50 francs. – Mr Hostins, régisseur de l’île de la Piboulette, et Mr Argiller, fermier, donnèrent chacun 25 fagots de bois. Nos félicitations.
- Le 31 Décembre, Mr Vignol revenait en bicyclette d’Orange lors qu’arrivé aux Arênes, il fut renversé par trois individus, également en bicyclette qui venaient en sens inverse. Mr Vignol eut une blessure au front et à l’œil droit sans gravité.
- Dernièrement un individu se présenta à l’hôtel Roche sous le nom de Mr Buisson, clerc de notaire à Aix. Après y avoir pris pension pendant trois jours, il partit sans payer.
- Par suite des pluies et de la fonte de neiges, le Rhône a débordé de son lit au commencement de l’année.
- Je lis dans le Petit Orangeois du 7 Janvier l’entrefilet suivant :
‘Pages d’histoire. – Notre vénéré curé doyen M. l’abbé Blanc dont la science théologique se double d’une profonde érudition, vient de commencer dans le Bulletin paroissial de notre cité, l’Histoire de Caderousse, d’après des documents importants puisés aux meilleures sources et coordonnés consciencieusement. Cette Histoire de notre pays sera un véritable régal pour nos concitoyens qui suivront avec intérêt la formation de leur cité, sa prospérité et ses vicissitudes à travers les siècles. Nous remercions vivement notre Pasteur d’avoir entrepris cette monographie qui manquait à Caderousse, et que l’on sera heureux de voir paraître un jour en un volume que voudront posséder toutes les familles caderoussiennes, et tous nos concitoyens exilés du pays. Nous dormons tous vœux pour le succès de cette publication’.
Je ne connais pas le rédacteur de cet entrefilet. Je le remercie de faire un peu de réclame en faveur du Petit Caderoussier, en faisant l’éloge du curé et de l’histoire de Caderousse. L’éloge du curé est excessif quant à celui de l’histoire de Caderousse, je mettrai tout mon savoir et tous mes soins pour qu’il soit mérité ; car, comme je le disais, dans le numéro de Janvier, je désire que cette histoire fasse plaisir à mes chers paroissiens et leur dise tout l’affectueux dévouement de leur curé.
 H. B.

HISTOIRE DE CADEROUSSE
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Chapitre 1er
Antiquité de Caderousse

Un historien peut-il s’appuyer sur l’étymologie du nom d’un pays, pour essayer de fixer l’époque de sa fondation ? Oui, certes ; mais avec discernement, et encore, au préalable, faut-il que cette étymologie soit certaine, et que les étymologistes s’accordent sur l’origine de ce nom. Or ce n’est pas le cas pour le nom Caderousse, comme nous l’avons vu plus haut.
Ensuite, ce n’est pas parce qu’un nom serait composé de deux mots celtiques, ou d’un mot celtique et d’un mot latin, qu’on serait autorisé à attribuer au pays qui porte ce nom, une antiquité remontant soit aux Celtes, soit aux Romains. ‘La langue provençale, lisons-nous dans la Géographie de la Provence par Achard, tome 1er, page 9, est un mélange de Grec, de Maure, d’Arabe, de Tudesque, d’Espagnol, d’Italien, de Catalan, de Latin. C’est un tout, composé des langues des divers peuples qui dominèrent en Provence. On y aperçoit beaucoup d’expressions celtes dont personne ne se doute ; et que beaucoup de gens, même instruits, prennent pour un reste de langage espagnol. On retrouve quelques traces de l’ancienne pureté de la langue provençale chez le peuple des montagnes. Partout ailleurs des gallicismes ridicules la défigurent. Depuis le 12e siècle jusque vers le milieu du 14e, elle fit les délices des Etats du midi de l’Europe’. Achard dit bien ; mais cette langue qui, depuis le 12e siècle jusque vers le milieu du 14e, fit les délices des Etats du midi de l’Europe, était parlée en Comtat-Venaissin longtemps auparavant. Dès lors, il me semblerait téméraire de faire remonter jusqu’aux Celtes ou jusqu’aux Romains la fondation de notre pays, uniquement à cause de son nom plus ou moins celtique ou latin. Caderousse a pu fort bien n’être fondé que longtemps après l’occupation des Celtes ou des Romains. Pour le baptiser, on s’est servi de la langue qu’on parlait à l’époque de sa fondation ; et nous savons que cette langue « était un tout, composé des langues des divers peuples qui successivement dominèrent en Provence.
Nous ne possédons nulle part, que je sache, des documents écrits qui pourraient nous aider à trancher la question. Les plus anciens, et ils sont plus que rares, remontent au douzième siècle. Jules Courtet, dans son Dictionnaire des Communes, nous en donne le motif : ‘Les incendies et les inondations, nous dit-il, ont détruit les anciennes archives de Caderousse. La plus ancienne mention de ce pays ne remonte pas au-delà du douzième siècle. A cette époque, c’était tout au plus un fief impérial’.
D’autre part, comme nous l’avons vu, les monuments qui subsistent encore, n’, les monuments qui subsistent encore, n’accusent qu’une antiquité d’un millier d’années ; et s’ils nous permettent d’émettre des conjectures, ils n’arrivent pas à éclairer les ténèbres de cette nuit des temps dont nous parle l’abbé Berbiguier. Il y a bien ce fameux médaillon, ce Jupiter-Ammon, ou ce Jupiter-Cornutus, tiré de Caderousse et qui se trouve actuellement au rez-de-chaussée à droite en entrant, du musée Calvet. Il porte comme inscription : 1er siècle après Jésus-Christ. J’ai voulu l’étudier de près. L’inscription dit vrai : un connaisseur ne saurait s’y méprendre : le médaillon est bien du 1er siècle après Jésus-Christ, par conséquent, de l’époque de l’occupation romaine. Mais est-on sûr qu’il provienne d’un temple païen, sur l’emplacement duquel on aurait élevé la chapelle St Martin au neuvième siècle ? Ne proviendrait-il pas de quelque villa romaine appartenant à quelque riche patricien ? Elles n’étaient pas rares, ces villas aux alentours d’Orange aux premiers siècles de l’ère chrétienne. Et même si l’on veut admettre comme certaine l’existence de ce temple païen, est-on autorisé à en conclure, raisonnablement, que les Romains auraient fondé tout auprès de bourg de Caderossia ? Non et voici pourquoi. Les Romains étaient, avant tout, gens pratiques. Quand ils s’installaient, ils s’installaient à bon escient. S’ils avaient fondé Caderossia sur une sorte de presqu’île renfermée entre l’Aigues et le Rhône, ne tenant à la terre ferme que par une langue de terre de quinze cents mètres environ, presqu’île soumise à des inondations périodiques, parfois très fortes, ils auraient commencé par défendre le pays nouvellement fondé, par des digues solides, capables de braver les assauts des eaux les plus violentes. Le théâtre d’Orange, son arc de triomphe, le pont du gard, les arènes d’Arles et de Nîmes, et tant d’autres monuments nous disent comment les Romains savaient construire. Or, nulle part, soit dans le bourg même, soit en dehors du bourg de Caderousse, soit sur le sol, soit dans le sous-sol, à nulle époque, on n’a pu découvrir quelques restes de ces digues romaines ; et pour cause : elles n’existèrent jamais. L’abbé Berbiguier nous dit sans doute : ‘On croit pouvoir affirmer que Caderousse existait ceint de murailles, tel qu’il est aujourd’hui, bien avant le douzième siècle’. Mais il y a loin du douzième siècle à l’ère de l’occupation romaine. Du reste, les murailles que l’abbé Berbiguier voyait en 1779, sont plus récentes que la chapelle St Martin, et l’église St Michel. Dans le peu qui subsiste, il est absolument impossible de reconnaître la marque de fabrique, l’origine romaine. Le médaillon, pas plus que l’étymologie, ne peut nous fixer sur époque de la fondation de Caderousse ; il nous révèle sa naissance à lui, et rien de plus. Faut-il donc renoncer à déterminer, même d’une manière approximative, l’époque de cette fondation ? Je ne le crois pas. Caderousse est rempli de souvenirs bénédictins. Il existait, peut-être, un prieuré bénédictin à St Trophime ; il existait, c’est certain, un prieuré bénédictin à St Martin, transféré plus tard à St Michel, il y eut, aussi, attenante à St Michel, une abbaye de Bénédictines. De plus, Cluny conserva jusqu’à la grande Révolution des rapports très suivis avec Caderousse et ses co-seigneurs. Comment expliquer cette main-mise bénédictine, pourrais-je dire, sur notre pays, si le grand ordre de St Benoît n’avait pas présidé à sa fondation ? J’inclinerai volontiers à croire qu’après que Charles-Martel et Charlemagne, au huitième siècle, eurent définitivement délivré la région des Maures ou Sarrasins, des Bénédictins vinrent s’installer sur cette presqu’île plus ou moins abandonnée. Ils jetèrent des digues, construisirent des remparts, asséchèrent les gourds formés par les inondations. Le sol était très riche, formé par les dépôts sédimentaires des deux fleuves. La presqu’île se transforma la ruche bénédictine devint bientôt un bourg assez populeux pour qu’il fût besoin de bâtir deux églises à un siècle d’intervalle et chacune de ces églises eut son prieur et son secondaire. N’est-ce pas ce que nous apprendraient les anciennes archives, détruites par les incendies et les inondations ? Je livre à mes lecteurs cette opinion qui, chez moi, prend de plus en plus consistance. Je bénirais le Ciel qu’une heureuse découverte me permît de tenir pour certain, ce que je ne puis que conjecturer. Selon moi, c’est de ce côté-là qu’il faut chercher la lumière. Mais j’en ai dit assez sur ce que j’appellerai la période préhistorique de Caderousse.
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NOSTI VIEI DITOUN
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- Touti lis Dos an soun arno
- Dijou, la semanos eis au sou.
- A Carpentra amon mai tout que la mita.
- Quau se lèvo d’Avignoun, se lèvo de la resoun.
- L’an que vèn es un brave ome.
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 Armana Prouvènçau

La Farineto
La vièio Berlingueto èro malauto, proun malauto ! E disié à soun nebout :
- Atapo-me bèn, nebout ! Atapo-me bèn… Se’n-cop fau la farineto, te farai lipa l’oulo… (valènt-à-dire : Quand farai moun testamen, te dounarai quaucaren).
 LOU CASCARELET 80.
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L’aumône

O Dieu des pauvres gens, Dieu né dans une étable,
Rends le cœur du chrétien toujours plus charitable !
A ce disciple, ayant du bien, qui te suivait,
Tu l’as dit : ‘Que celui qui veut être parfait
Vende tout, donne tout aux pauvres et me suive’.
L’homme s’enfuit, vaincu par l’avarice juive.
Hélas ! Combien de nous lui ressemblent, mon Dieu !
On fait l’aumône, soit, mais si mal, mais si peu,
Sans un élan du cœur, d’un geste d’automate.
Sur le pauvre pourtant, Jésus, est ton stigmate,
Et dans la main tendue où nous mettons un sou,
Nous devrions tous voir la blessure et le clou.
 François COPPEE.
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JE CHOISIS TOUT !’
Un jour, ma sœur Léonie vint nous trouver avec une corbeille remplie de robes, de jolis morceaux d’étoffe et autres garnitures, sur lesquelles, ayant couché sa poupée, elle nous disait : ‘Tenez, mes petites sœurs, choisissez !’ Céline regarda et prit un peloton de ganse. Après un moment de réflexion, j’avançai la main à mon tour en disant : ‘Je choisis tout !’ Et j’emportai corbeille et poupée sans autre cérémonie… Plus tard… comme aux jours heureux de mon enfance, je me suis écriée : ‘Mon Dieu, je choisis tout ! Je ne veux pas être une sainte à moitié ; cela ne me fait pas peur de souffrir pour vous, je ne crains qu’une chose, c’est de garder ma volonté. Prenez-la, car je choisis tout ce que vous voulez !
 (Histoire d’une âme)

Dans le Mois de Février
(Dates à remarquer)
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Mardi 2 Février : Purification de la Ste Vierge et Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem. (Fête appelée aussi : La chandeleur, et, en Provence : La Candelouso).
Jeudi 11 : Anniversaire de la 1re apparition de Notre-Dame de Lourdes.
C’était, comme cette année-ci, un jeudi, mais le Jeudi-Gras (de l’an 1858) ainsi que le rappelle le beau Cantique populaire de M. le Chanoine Bernard :
 Lou dijou-gras, quand Lourdo foudigavo,
 Mau-grat lou tèms qu’èro pas forço caud,
 Uno chatouno anavo au bord dou gavo,
 Pèr lou passa, se metié pèd descaus.
Anciens Pélerins de Lourdes, en cette fête, nous revivrons par le souvenir les belles journées que nous avons passées auprès de la Vierge de Massabielle, et nous redirons avec le poète :
 Lourdo, toujour viéuren de ta pensado,
 E gardaren ti pïous souveni !
 Quand sentiren nosto amo matrassado,
 Toucant ta font nous veiras reveni !
Dimanche 14 et les deux jours suivants : Adoration des Quarante heures.
Mercredi 17 : Les Cendres. C’est le commencement du Carême, temps de prédications, de prières et de pénitence. Le Carême prend fin le samedi-Saint à midi.
Durant ce saint temps, venons à l’église plus souvent, approchons-nous des sacrements avec plus de ferveur ; jeûnons, si nous n’en sommes pas légitiment dispensés. Il est défendu de manger de la viande les mercredis et les vendredis de Carême.
Dimanche 21 : Premier Dimanche de Carême.
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LES PRETENDUS DANGERS DE L’ABSTINENCE
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A ceux qui redoutent les abstinences demandées par l’Eglise, nous conseillons un pèlerinage à un cimetière de Trappistes ou de Chartreux. Ils ne manqueront pas de faire les mêmes constatations que ce touriste qui notait ainsi ses impressions d’une visite à la Trappe de Sept-Fons (Allier) :
Nous restâmes de longs instants à visiter les tombes des Abbés et des moines. Nous avons remarqué que les quatre derniers religieux (1904-1905) qui sont allés recevoir dans la patrie la récompense de leur vie cachée de prière et d’abnégation avaient ensemble 332 ans.
‘Soit la moyenne de 83 ans !
‘Voilà qui nous rassure contre les prétendus dangers de l’abstinence’.

Petits Enfants à tête blonde
Priez !... La prière est Féconde !

On l’a dit, et c’est vrai : ‘un enfant, pour prier, a besoin du cœur de sa mère’.
Mères chrétiennes, faites donc prier vos tout petits enfants – le plus tôt possible, - parce que la prière de ces petites âmes candides est pour votre foyer un réel porte-bonheur…
 Petits enfants à tête blonde,
 Vous dont l’âme est un encensoir,
 Priez ! La prière est féconde…
 Un enfant peut sauver le monde
 En joignant ses mains chaque soir.
Quand il commence à parler, on doit apprendre à ce tout petit à joindre ses petites mains, à montrer le ciel lorsqu’on lui demande où est le bon Jésus, à faire le signe de la Croix, ce signe auguste et sacré, qui, déjà, éloignera de lui tout ce qui peut nuire…Il est toujours facile - et utile – d’apprendre à ce tout petit enfant de très courtes prières, telles que : ‘Mon jésus, je vous donne mon cœur… Mon jésus, bénissez papa, maman, toute la famille’, etc.
Oui, le tout petit enfant en prière est une puissance qui peut sauver le monde. C’est ce qui faisait dire au saint curé d’Ars que l’âme pure d’un enfant est toute puissante sur le cœur de Dieu’.
Mais, dira-t-on, las enfants ne savent pas ce qu’ils disent quand ils prient. Ils ne comprennent pas les formules que l’on a mises sur leurs lèvres… Mais, voyons !... le petit enfant qui, un bouquet à la main, débite un compliment qu’il ne comprend pas, est-ce qu’on le repousse ? Or, Dieu, le meilleur des meilleurs pères, reçoit toujours avec un divin plaisir le bouquet de l’innocence qui s’exhale de l’âme candide du tout petit en prière… le bouquet fait accepter encore plus volontiers le compliment, c’est-à-dire la prière !
Les enfants, s’écriait saint Philippe de Néri, ce sont mes aides de camp pour la conversion des pécheurs endurcis.
Que de grâces merveilleuses j’ai obtenus du ciel par la prière des enfants ! disait le saint prêtre Don Bosco.
Saint Vincent de Paul disait à ses prêtres : ‘Prions beaucoup, mais surtout faisons prier les enfants !’
Parents chrétiens, semez dans le sol vierge qu’est l’âme de vos enfants, avec l’amour de Jésus et la confiance en la Sainte Vierge, la Crainte de Dieu, commencement de la sagesse, ainsi que l’Amour de Dieu, commencement du bonheur… Mais la meilleure leçon est celle de l’exemple : si donc vous voulez apprendre à prier à vos enfants, priez vous-même !
 LA HIRE.
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PAUVRE DIMANCHE !...
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Il est dans la semaine un jour sacré entre les jours, c’est le dimanche.
Sacré, pour ceux qui peinent et qui cheminent mélancoliquement, du même pas, sur le même chemin gris… Il est la halte.
Sacré, pour ceux qui luttent moralement dans le noir de la vie… il est le coin de bleu.
Sacré, pour la famille… C’est le jour où elle se réunit autour de la table… jour des tout petits et des très vieux.
Sacré, pour le corps… lequel a le droit de contempler autre chose que les murs lépreux des usines et de respirer un autre air que celui de la graisse chaude des machines.
Sacré pour l’âme, avide de retremper à l’église sa force religieuse : comme le navire qui, au port, refait du charbon.
Le dimanche, c’est le jour des cloches et des grandes orgues… C’est le jour des jardins et des promenades… C’est de la joie et de la poésie… C’est la force de la semaine… C’est la douceur de vivre.
Or, ce beau et bon dimanche est de nouveau menacé.
Sous des prétextes qui ne supportent même pas l’examen, quelques agités, dont la plus part se reposent toute la semaine, veulent de nouveau le voler au peuple.
Vie intense !... Clament-ils.
- Pardon !... Nous voulons la vie laborieuse, la vie de nos pères, lesquels ont bâti la France que nous habitons, en travaillant six jours et en se reposant comme Dieu et sur son ordre, le septième.
Tous les grands peuples respectent le dimanche. Nous sommes un grand peuple, et nous entendons nous conduire comme tel.
Il faut donc nettement, résolument barrer la route à ces agités.
Pour la barrer, cette route, la position stratégique est le respect absolu du repos dominical des facteurs.
Comprenez : si le courrier n’est pas distribué le dimanche, usines, maisons de commerce, particuliers ont la paix pendant vingt-quatre heures.
Mais si on le distribue, aussitôt l’appel des affaires se fait entendre, et la trépidation recommence.
Voici maintenant des précisions que le Congrès diocésain de Paris a mises au point :
S’abstenir, le dimanche, d’expédier lettres, pneumatiques, télégrammes, sauf absolue nécessité.
Ne pas téléphoner !... Vous entende, Madame… ? Laissez votre fille et votre petite fille tranquilles le dimanche… Ne demande pas de ses nouvelles… Mais oui… elle va bien !... Chaque coup de téléphone que vous donne, c’est tout un service formidable, dont vous justifiez l’utilisation le dimanche… Et pourquoi !...
Elle aussi a besoin de respirer et d’avoir la paix, cette petite téléphoniste coiffée de son casque à migraine… Comprenez donc cette évidence, bien que la demoiselle ne soit pas, hélas ! Votre petite-fille.
Raréfie le plus possible le courrier du samedi après-midi ; et, en attendant l’édition française du timbre belge, écrivez largement sur les enveloppes : ‘Ne pas distribuer le dimanche’.
Ne pas pourtant refuser le courrier le dimanche car alors vous n’atteignez et n’ennuyez que le facteur ; mais écrire au receveur pour que la remise de vos lettres soit différée jusqu’au lundi matin. Alors vous atteigniez la direction… Vous frappez au cœur… je veux dire à la tête…
Et répétez-vous bien ceci : Partout où la distribution dominicale est rétablie elle pèse terriblement aux épaules de ses victimes.
A Lille, par exemple, chaque distribution doit assurer deux ou trois tournées le dimanche. Conclusion : le repos lui est rendu en semaine, mais alors en avant les intérimaires…c’est-à-dire les erreurs et la pagaie.
Et puis je vous assure qu’il est pitoyable de voir, sans aucune nécessité un facteur partir le dimanche avec les périodiques, le courrier ordinaire et, en plus, dix-sept kilos d’une même revue, chiffre à moi donné par un inspecteur des postes, et ô ironie, les rapporter en partie parce que usines, maisons de commerce, magasins sont fermés… et ne revenir chez lui que vers une heure et demie de l’après-midi.
- La poste le dimanche, me disait un vieux facteur, c’est inhumain !
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* *
Veillez aussi sur les autres frontières.
C’est là où les unions paroissiales peuvent jouer un rôle si efficace.
Constatez qu’il a suffi de vouloir un peu pour obliger les pouvoirs publics à supprimer, d’un coup de plume, le fameux char de la Poule.
Ce sera la même chose pour le repos du dimanche, si vous voulez résolument en appeler à l’opinion publique.
Faites circuler, et au besoin affichez non pas la liste noire, mais la liste blanche… celle où l’on cite à l’honneur les magasins – sauf ceux de l’alimentation – qui ferment le dimenche.
Multipliez les conférences, les pétitions…Lancez les jeunes si enthousiastes…Intensifiez l’action individuelle des clients par les protestations auprès des directeurs de grands magasins qui, eux aussi – plusieurs me l’ont encore affirmé cette année – ne demandent qu’à se laisser forcer la main, coincés qu’ils sont entre leur clientèle et leurs impatients fonctionnaires.
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Pauvre dimanche, fleur éphémère sur la grande route monotone et que les lourds pieds des hommes d’argent veulent piétiner.
Dimanche désiré, aimé…
Dimanche où l’on met le linge blanc… jour de la toilette de l’âme et du corps…
Dimanche, petite halte, imposée aux puissants en faveur des surmenés par la pitié de Dieu : ‘Misereor super turbas…’
Dimanche jour de dignité… tu nous aides à croire que l’homme douloureux et pensant n’existe pas pour la machine, mais la machine pour l’homme.
On veut t’arracher à notre besoin d’air, de lumière… à notre soif d’affection familiale… à notre piété aussi.
Dimanche de nos pères, nous te défendrons !...
Et nous te garderons !...
Et nous te lèguerons intact à nos enfants.
 Pierre L’ERMITE
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 Conte de l’armana
Lou Capêu e la luno
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Un jour, Chucho-Vise, balin-balant, sourtié d’uno turno ounte s’èro empega coumé un lignou, quand toumbè soun capèu dins la regolo.
Eici sian ! Quau es descouifa, que se couife !
Chucho-Vise, sot coume un douire e tout apensamenti, tenié l’iue sus sa couifo, e travaiavo de tèsto : - Se me baisse pèr l’acampa, disié, me toumbe ; e, se me toumbe, poudrai plus m’acampa. Adieu, moun capèu !
E, balin-balant, Chucho-Vise anè, tèsto nuso, à soun oustau, faire si cadèu e batre sa femo.
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Uno nieu, la luno mountavo plan-plan, redouno e blanco coume un frou majoun d’Arle.
Noste Chucho-Vise venié mai de sourti dou cabaret, e, s’espoumpissènt dins la regolo, ounte, un jour, avié toumba soun capèu, à la luno disié :
- O luno…, pauro luno ! faguès pas tant la fièro, eilamoundant, que… que iéu, eiçavau… siéu pu redoun… redoun, e pu fièr que tu… Tu, siès redouno e pleno qu’un… cop pèr mes, e iéu m’enredounisse… touti li jour… e touti li jour… m’emplene… e pas d’eigagno, segur !
 LOU CASCARELET 80.

La formation de l’intelligence au point de vue des vérités religieuses doit être un des plus grands soucis des parents qui veulent donner à leurs enfants une sérieuse et solide éducation.
Nous faisons très mal et nous nous trompons fort, lorsque nous ne nous résignons point à tout ce que Dieu a disposé pour nous, puisqu’il sait mieux que nous ce qu’il nous faut.
 Sainte Thérèse
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LE THEATRE
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Ozanam, comme tout jeune homme chaste dont le regard n’a point plongé trop avant dans les mystères du monde, était timide et abordait difficilement les célébrités qu’il avait l’ambition de connaître. Il était porteur d’une lettre de recommandation de l’abbé de Bonnevie, chanoine de Lyon. La lettre qu’il avait donnée à Ozanam était pour M. de Chateaubriand.
Ozanam la retint plusieurs mois sans en faire usage. Il ne pouvait se résoudre à franchir un seuil qui lui semblait gardé par la gloire elle-même. En in au premier jour de l’an 1832, il se décide, et, à midi précis, sonne en tremblant à la porte d’une puissance de ce monde, de Chateaubriand. Celui-ci rentrait d’entendre la messe. Il reçu l’étudiant d’une manière aimable et paternelle, et après bien des questions sur ses goûts, il lui demanda, en le regardant d’un œil plus attentif, s’il se proposait d’aller au spectacle.
Ozanam surpris, hésitait entre la vérité, qui était la promesse faite à sa mère de ne pas mettre les pieds au théâtre, et la crainte de paraître puéril à son noble intolocuteur. Il se tut quelque temps, par suite de la lutte qui se passait dans son âme.
M. De Chateaubriand le regardait toujours comme s’il eut attaché à sa réponse un grand prix. A la fin, la vérité l’emporta et l’auteur du Génie du Christianisme, se penchant sur Ozanam pour l’embrasser, lui dit affectueusement : je vous conjure de suivre le conseil de votre mère ; vous ne gagneriez rien au théâtre et vous pourriez y perdre beaucoup.
Cette pensée demeura comme éclair dans la pensée d’Ozanam, et lorsque quelques uns de ses camarades, moins scrupuleux que lui, l’engageant à les accompagner au spectacle, il s’en défendait par cette phrase décisive : M. de Chateaubriand m’a dit qu’il n’était pas bon d’y aller.
 (Vie d’Ozanam par le Père Lacordaire)

Le chat de pernes
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Pernes s’arrondissait autour du Château seigneurial et au milieu du château se dressait une tour qui existe encore et qui signale Pernes de très loin. Sur cette tour on avait placé une horloge ; parmi les ornements de cette horloge figurait un chat poursuivant une souris. Ce chat si haut placé donna lieu à un proverbe. Quand on parlait de quelqu’un ou de quelque chose, se trouvant dans une situation élevée, on disait : ‘C’est perché comme le chat de Pernes : Ei quiha amoundaut coume lou cat de Perno’. Peut-être en considération de la position du château et de la tour au centre de la ville, j’ai entendu également dire à propos de fâcheux s’implantant au milieu d’un groupe de causeurs : ‘Sies aqui au mitan coume lou cat de Perno !’
Pernes a vu naître quelques grands hommes dont le plus célèbre fut Fléchier évêque de Nîmes.
 Louis de LAINCEL.
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Le bon Samaritain
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 Tu demandes quel est ton prochain ? Or, écoute :
 Un homme à Jéricho s’en allait à pied, seul ;
 Des voleurs embusqués l’assaillirent en route
 Et le laissèrent là, tel qu’un mort sans linceul.

 Un sacrificateur, passant près du pauvre homme
 Le vit et, l’ayant vu, poursuivit son chemin.
 Un lévite, après lui, passa : ce fut tout comme ;
 Un troisième passant eut un cœur plus humain.

 C’est un Samaritain, qui du haut de sa bête,
 Dit : ‘Pauvre homme !’ Il était monté sur un cheval.
 Il descendit ders l’homme et, soulevant sa tête,
 Il le plaignait, disant : ‘Où donc, frère, as-tu mal ?’

 Il oignit d’un vin pur toute sa chair meurtrie,
 Il le prit à cheval encore inanimé,
 Puis il paya son gîte en quelque hôtellerie…
 Le bon Samaritain sera toujours aimé.
 J. AICARD.

Fidélité réciproque
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Pierre. – Monsieur, j’ai le regret d’informer Monsieur que je me retire.
Monsieur. – Comment ? Pierre ! Vous ne ferez pas cela.
Pierre. – Monsieur comprendra qu’il y a des circonstances.
Monsieur. – Certainement, j’ai compris cela, eh bien ! Je vais vous montrer combien je tiens à vous garder avec moi. Je double vos appointements.
Pierre. – Cela ne peut changer ma résolution. Il faut nous séparer.
Monsieur. – Expliquez-vous donc ?
Pierre. – Voilà, Monsieur, mon obligation est sortie : je gagne deux millions !
Monsieur. – Deux millions ?
Pierre. – Monsieur comprend maintenant pourquoi il faut nous quitter.
Monsieur. – Mais non ! Mon ami ! Nous ne nous quittons pas. Allez-vous me refuser de me prendre à votre service ? Voyons, passez-moi votre tablier !
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Christophe Colomb
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Christophe Colomb avait la foi et la piété d’un apôtre et d’un saint. Dans son immortel voyage de 1492, qui dura un peu plus de deux mois il fit chanter tous les jours le Salve Régina à bord des trois bâtiments qui composaient expédition. Cette pieuse pratique avait été remplie dans la journée du 11 octobre, quelques heures avant la découverte du nouveau monde. Aussitôt que la terre eut été aperçue, l’amiral se mettant à genoux entonna le Te Deum, et les équipages des trois navires, s’associèrent à l’action de grâces de leur chef. Il est bon de rappeler ces exemples de religion donnés par l’un des hommes les meilleurs, les plus honnêtes et les plus grands qui aient jamais été.

Le coin des Chercheurs
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I. – Réponse aux devinettes de Janvier

N° 102 : Charade : Précieux (pré-cieux).
N° 103 : Quelle différence entre un escalier et une cigarette ? – C’est qu’un escalier fait monter, et une cigarette fait descendre (des cendres).
N° 104 : L’animal qui a le meilleur caractère ? – C’est le chien, parce qu’il n’est jamais si content que lorsqu’on lui fait une bonne niche.
N° 105 : Toilette, voilette.
 

II. - Nouveaux jeux d’esprit

N° 106 : changement d’initiale (par une Admiratrice des Cascades)
 Les enfants m’aiment bien, c’est si doux ! C’est si bon !
 Pourtant ce n’est pas du bonbon.
 Changez ma tête, alors je deviens chose amère ?
 Je suis très mauvais et j’altère ;
 Changez ma tête encor et je suis le séjour
 Auquel nous aspirons un jour.
N° 107 : Devinette (envoi d’un Avignonnais)
 - Pourquoi la toiture des Halles de la place Pie n’a-t-elle rien, coûté ?
N° 108 : Charade (par un Jardinier de Pertuis)
 Mon premier sur la table est d’un fréquent usage ;
 Mon second est crispant par son bruyant ‘ramage’,
 Mon tout est un bel arbre à l’agréable ombrage.

 FIN

Impr. Bonne-Presse du Midi – Vaison Le Gérant N. MACABET