Le petit Caderoussier juin 1926

7 janvier 2019

JUIN 1926

LE PETIT CADEROUSSIER
 
Bulletin Mensuel

Lisez et faites lire Conservez chaque Numéro
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SOCIETE DE LA BONNE PRESS DU MIDI
A VAISON (Vaucluse)

Le Petit Caderoussier
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 Caderousse 10 Mai 1926
Mes chers Paroissiens,
Je me propose de vous écrire une série de lettres chroniques sur l’éducation des enfants ; la Première Communion m’en fournit très heureusement l’occasion.
Une mère héroïque conduisant ses sept fils au martyre, les encourageait en leur chantant sur un air de triomphe : ‘Ce n’est pas moi qui vous ai donné ni l’esprit, ni l’âme, ni la vie, et qui ai formé les membres de chacun d’entre vous. Non, non, ce n’est pas moi, mais bien le Créateur du monde qui a fait naître tout homme, et qui a fixé à chacun son origine’.
Telle est la doctrine de la foi ! Et comme toute vérité, elle s’impose impérieusement. Or, mes chers Paroissiens, si c’est là la vérité et personne d’entre vous ne voudrait soutenir le contraire, trois conclusions en découlent :
1° - L’enfant ne dépend que de Dieu et de ses parents, parce que Dieu et ses parents seuls ont contribué à sa création. L’opinion dite césarienne, qui prétend que l’enfant appartient avant tout à l’ETAT, est une monstruosité. Les gouvernants qui la soutiennent et l’appliquent, font œuvre de despotes ; et aucune loi humaine ne saurait justifier leur prétention.
2° - Dieu ayant donné l’âme au corps préparé par les parents, les parents ne doivent pas concentrer leur sollicitude sur le corps qui est leur œuvre ; ils doivent surtout l’étendre à l’âme sans laquelle le corps ne serait qu’une matière inerte. N’est-il pas juste et raisonnable de s’occuper, avant tout, de ce qui est le plus précieux et l’âme n’est-elle pas la plus précieuse dans la personnalité de l’enfant, puisque Dieu seul a été assez puissant pour créer cette âme ?
3° - Dans l’éducation de l’enfant, le père et la mère manquent à leurs devoirs, lorsqu’ils négligent de parler à l’enfant des obligations d’amour et de reconnaissance qui le lient envers son divin Créateur ; ou qui s’absorbant entièrement dans les soins du corps, ne prennent aucun souci de l’âme qui anime ce corps.
A voir la manière dont sont élevés les enfants de nos jours, beaucoup de parents ont l’air d’oublier ces trois conclusions. J’ai voulu vous les rappeler, mes chers Paroissiens, au commencement de notre étude sur l’éducation. Lisez-les, méditez-les devant Dieu, avec une conscience qui ne cherche pas à se tromper elle-même. Vous comprendrez mieux ce que j’ai vous dire par la suite, sur un sujet aussi important, le plus important même après le salut de votre âme.
 Votre Curé
 HENRI BLANC
P.S. La seconde communion est fixée au dimanche de la solennité du Sacré-Cœur. Ce jour-là, après les vêpres, M. le curé donnera aux communiants et aux communiantes un précieux cachet de 1re Communion.

STATISTIQUE RELIGIEUSE
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Baptême. – Le 11 Avril, Raymond Roumette, fils d’Aimé Roumette et de Suzanne Chicornard. – Le 18 Avril, Simon Roche, fille de Louis Roche et de Joséphine Simon. – Le 22 Avril, Louisette Bouche, fille de Bouche et de Angéline Ripert.
Mariages. – Le 21 Avril, Gaston Martin a épousé Melle Madeleine Cappeau. – Le 24 Avril, Emile Joubert, a épousé Mlle Jeanne Moulet. – Nous adressons aux nouveaux époux nos meilleurs vœux de bonheur.
Décès. – Le 19 Avril, Marie Thérèse Bernard, décédée à l’âge de 83 ans. – Le 27 Avril, Marie Millet décédée à l’âge de 79 ans. – Le 3 Mai, Marie Bonnefoy, décédée à l’âge de 73 ans. – Ces trois personnes mortes subitement, n’ont pu recevoir les derniers sacrements. – A leurs familles, nous offrons nos sincères condoléances.

Echos et nouvelles

Séance récréative. – Le 25 Avril eut lieu dans le local de Mme Vve Raymond une séance récréative donnée par les jeunes filles du Patronage. Ce fut un véritable succès. Ces jeunes filles qui pour la première fois paraissaient sur la scène, s’acquittèrent parfaitement bien de leur rôle. La nombreuse assistance qui s’y trouvait réunie, ne cessa d’applaudir ces jeunes artistes dans les différentes parties du programme. La pièce Jeanne d’Arc à Domrémy fut très bien rendue, ainsi que celles du jeune homme tombé du ciel, et d’Ugène mon frère de lait. Les monologues et chansonnettes furent aussi très applaudis. Nous sommes heureux de leur adresser nos félicitations et nous espérons que bientôt nous aurons le plaisir d’aller encore les entendre.
 
 - M. Roger Mansis, débitant de tabac, vient de rouvrir sa boulangerie qui était fermée depuis deux ou trois ans.
- La succession du bureau de tabac a été prise par Mme Redon et Mme Ruat. 
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HISTOIRE DE CADEROUSSE
Chapitre V

Transaction entre les communautés d’Orange et de Caderousse du 31 octobre 1302 sur la division et la limitation des territoires des deux communautés.
Au nom de l’incomparable, sainte et indivisible Trinité, Père, Fils, et Saint-Esprit. Amen. L’an de l’Incarnation de N.S. 1302 et le dernier jour du mois d’Octobre, sachent tous ceux qui vivent et tous ceux lui viendront après nous, qui verront cet instrument public, qui l’auront lu ou qui l’entendront lire, que, régnant notre T.S. Père en J.C., Boniface pape VIIIe par la Providence divine ; et magnifique et puissant personnage Monseigneur Rogier des Pinis, Recteur du Comtat-Venaissin pour la sainte Eglise Romaine ; Monseigneur Bertrand de Baucio étant prince d’Orange par la grâce de Dieu ; Monseigneur Frère Rostaing de Sabran, gérant le domaine de l’Hospitalité de S. Jean de Jérusalem à Orange ; nobles et discrets personnages Matta de Léona et domicellus vicaire Mornatius, pour et au nom de noble et puissant seigneur Monseigneur Guidon de Montealcino, sénéchal du Comtat-Venaissin pour Monseigneur le susdit Recteur t au nom de la cour de notre Saint Père le Pape…
Et Rambaud d’Ancezune, seigneur en partie de Caderousse – Dominus pro parte Caderossioe ; - et Bertrand de Monte-Aveno, versé dans le droit ; les syndics, acteurs et procureurs des seigneurs et de toutes les personnes militaires et civiles de Caderousse ; au nom sundical et procuratorial de toute la population et de toutes et chacune personne d’icelle d’une part ;
Et nobles et discrets personnages Raymond de Pelva et frère Bertrand de Monte-Olmo, îles de la ville d’Orange, pour et au nom des seigneurs d’Orange…
Lesquelles parties considérant qu’il s’était élevé jadis une grande discorde entre la ville d’Orange et les seigneurs et habitants d’icelle d’une part ; et la ville de Caderousse et les seigneurs et habitants d’icelle d’autre part, au sujet des confins des territoires d’Orange et de Caderousse ; voulant et désirant éviter frais, dépens et dangers aux dites parties, faire cesser les discordes et ramener la bonne harmonie relativement à la limitation des territoires d’Orange et de Caderousse, se transportèrent dernièrement avec plusieurs nobles et honnêtes personnages des deux côtés, sur les lieux objets de litige. Elles examinèrent avec soin tout de qui faisait naître la discorde. Pour terminer les différends elles divisèrent, limitèrent, bornèrent les territoires des deux pays et conclurent un traité d’accord. Lorsque les syndics de Caderousse eurent ratifié à tous les habitants du pays ce traité d’accord, et que les habitants convoqués en assemblée, à la manière accoutumée, eurent jugé que cet accord était favorable aux seigneurs et aux propriétaires de Caderousse, que, d’autre part, il ne portait pas préjudice aux droits souverains de N.S.P. le Pape.
Lorsque les baïles et syndics d’Orange eurent signifié ce même traité d’accord aux seigneurs d’Orange, aux anciens et vieillards de la dite ville ; et déclaré que cet accord était très utile pour rétablir la paix et l’union avec le Comtat-Venaissin, et les seigneurs de Caderousse, et que les habitants d’Orange eurent accepté la teneur de cet accord. Le domicellus vicaire Monatius, au nom de la cour du Comtat-Venaissin ;
Les syndics de Caderousse, au nom de l’universalité des habitants de cette ville ;
Les Baïles des seigneurs d’Orange au nom de ces mêmes seigneurs ; et les syndics d’Orange au nom de l’universalité des habitants de cette ville :
Ont convenu et transigé mutuellement ; et translation solennellement passée entre les susdites parties aux noms que dessus, ont entièrement assoupi les différends et mis fin aux discordes. Ils ont limité, divisé, borné les territoires des deux localités, ainsi qu’il est ci-dessous contenu :
Premièrement ils ont convenu, pour cause de transaction, qu’il soit placé un terme sur la chaussée près le Rhône, qui est dans la terre de Rostaing de Mornas, lequel terme désigne et limite jusqu’au Rhône, et tend en rétrogradant jusqu’au 2e terme. Le 2e terme est dans la même terre de Rostaing de Mornas et il tend jusqu’au 3e qui est dans le chemin près la terre d’Isnard Rebolli. Le 4e est près du petit pont de Martignon, dans l’herme de Guillaume Ebrardi. Le 5e est placé dans la terre de Bertrand Guevenguevius, propriétaire de Martignan, lequel Martignan appartient au territoire et à la souveraineté d’Orange, quant au pur empire et pleine juridiction. Ce domaine confronte, au levant, en allant par le chemin près la terre de Rebolli, la terre de Bertrand Guevenguevius, le pré de Guillaume Albane, la terre de Guillaume Pierre Grosso ; au couchant, la terre de noble demoiselle Raymonde de Bauladino, la terre des héritiers de Jean Raphi, la terre de RaymondIterius, la terre de Guillaume Itevia, la terre de Raymond Ponchaivoli et de son frère, la terre des Pradeviorum, la terre des Pons Rocamauva. Le fossé des eaux demeurant par moitié sous la juridiction de Martignan et de Caderousse. Martignan confronte du côté du Vent (Nord) la terre et le pré de Grecus, domicellus ; et la terre de Pierre et de Pons Guevenguevii frères.
Le 6e terme se trouve dans le pré des Ancilli. Il tend jusqu’au 7e qui est dans le pré de maître Guillaume Boverius, notaire à Orange. Le 8e est placé dans le pré de Guillaume Bertrand d’Orange ; le 9e sur la rive de la terre de Bertrand Faissati ; le 10e , dans le pré de Pierre Bedellavius ; le 11e dans le pré de Bernard Guenti ; le 12e , dans le pré de Raymond Aissade ; le 13e dans le pré de Bertrand Desatta. La mayre du fossé qui est du côté nord, et la terre de Cortonne, en partant du terme qui est dans le pré de Raymond Ayssade, jusqu’au terme qui est dans le pré de Bertrand Desatta, restent dans le territoire et la juridiction des seigneurs de Caderousse.
Le 14e terme est situé dans la terre de Bertrand de S. Pasteur. Le fossé qui est du côté du couchant demeure sous l’entière souveraineté de Caderousse. Le 15e terme et le 16e se trouvent dans la même terre de Bertrand de S. Pasteur ; le 17e dans le pré de Rambaud d’Ancezune ; le 18e dans un pré des Amelli ; le 19e dans le pré de Giraud Amelli ; le 20e sur une rive de la terre des Amelli ; le 21e dans le chemin ou voie publique d’Orange, tout près de la terre de Thiburge Soutine ; le 22e dans une terre de Bertrand de Interaguis, au quartier Lonabanda ; le 23e dans le chemin ou route du Gourmartel ; le 24e dans le même chemin ; le 25e dans une terre de Raymond ancelli de Villeneuve ; le 26e dans une terre de Rambaud d’Ancezune, tout près du 25e, séparé de ce dernier par une mayre. Cette mayre demeure dans la commine juridiction d’Orange et de Caderousse. Le 27e est placé dans une terre de Guillaume Ortolani, la mayre du côté du levant étant commune au territoire d’Orange et à celui de Caderousse. (A suivre)
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LE CULTE CATHOLIQUE
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Vers le Concorda (suite). – Bonaparte est encore, à Paris, presque le seul à vouloir la paix religieuse. – Dans le Corps législatif et le Tribunat bouillonne toujours une lave révolutionnaire non solidifiée. – Dans l’armée, généraux et soldats, tout saturés de déclamations, tout gorgés de sacrilèges pillages estiment que la guerre aux prêtres est le complément nécessaire du parfait patriotisme. – Enfin, les corps savants, l’Institut, les philosophes sont bien sans doute désabusés de la prétendue liberté politique, mais se retranchent dans l’irréligion comme dans une dernière place de sûreté.
Tous ces éléments d’opposition n’agiront point par action directe. Le Premier Consul est entouré d’un tel prestige, il est devenu trop puissant pour se risquer à braver ses foudres. Le servilisme est déjà partout autour de lui ; mais aucune intrigue n’est ménagée pour le persuader qu’il s’aventure dans une voie néfaste.
Parmi les courtisans de la première heure se trouve Talleyrand, le prêtre apostat. Il écoute tout, silencieusement poli, dédaigneusement nonchalant, mais se réservant de brouiller les fils à mesure qu’ils se noueront il a , à l’occasion l’argument diplomatique puissant, celui qui est de nature à impressionner le plus le Premier Consul jaloux déjà de son prestige de Souverain. – Ce n’est donc pas au hasard qu’est rappeler à Bonaparte le fait de la notification officielle à Louis XVIII, comme aux autres souverains de l’Europe, de l’avènement de Pie VII. C’était un acte de méconnaissance absolue du chef effectif du Gouvernement français. Bonaparte en avait été très affecté.
La Presse aussi, quoique peu répandue et très muselée, s’exerce à des petits coups de boutoir. – Par un décret du 7 thermidor, le repos décadaire déjà inexistant pour la masse est supprimé pour les fonctionnaires. La Décade écume contre ce qu’elle appelle un retour réactionnaire : ‘Bientôt dit-elle, les dimanches et fêtes seront célébrés comme ci-devant’. – Le Journal des hommes libres devient lourdement caustique. Il est pataud et grossier : ‘On recommence, dit-il, à parler de la religion de nos pères ; mais est-ce le culte de Cérès Eleuthère ? Celui de Teutatès ? Celui de Jupiter conservateur ?...
Mais sur toutes ces oppositions, Bonaparte juge le moment venu de s’engager à fond : ‘Les philosophes, dit-il, nous ont conduit trop loin ; il faut revenir en arrière. Je veux rendre au peuple la plénitude de ses droits en matière religieuse’.
Cependant, il faut le reconnaître, le motif est plus intéressé que religieux. ‘Il faut, proclame-t-il avec brutalité, être maître des prêtres. Vous dites, vous philosophes, qu’il faut les laisser de côté et ne pas s’occuper d’eux. Non, on ne peut pas les laisser libres ; car ils mettraient le feu partout. Il faut les tenir par l’intérêt ; il faut qu’ils soient payés par l’Etat’.
 P. Le BRUN, c.d.
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VERITES

N’est-ce pas une honte que la France, pays prétendu de la liberté, ne soit plus, en réalité, que le pays où la moitié des citoyens, les meilleurs, est opprimée par l’autres moitié ? Et n’est-ce pas incroyables que cette dernière moitié elle-même ne fasse en cela qu’obéir servilement aux ukases de deux ou trois Vénérables honnis et détestés ?

LES PETITS OBLATS
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‘Toi, à la Trappe ? Allons, tu plaisantes ! faisait Raoul à Rémi pendant la pause d’une partie de réunion…
- Pas du tout – c’est très sérieux. J’y ser i le 8 septtembre…
- Pour 15 jours…
- Pour toute m vie.
- On verra
- C’est çà, tu viendras voir…
Rémi avait 13 ans, Raoul 12 Deux inséparables, délicieux à croquer lorsque, revêtus du blanc costume des petits chanteurs, ils emplissaient la cathédrale de leur belle voix, au ravissement de la foule qui ne se lassait pas d’entendre les mélodies grégoriennes ou palestriniennes qu’exerçait avec tant d’art monsieur l’abbé… Avec la même aisance, ils portaient l’uniforme de Scouts de France et nul ne les dépassait en entrain pour s’atteler, manchés retroussées, à la confection d’un four, d’un moulin, d’un canal ou à n’importe quel autre jeu d’éclaireur…
Au jour dit, Rémi partit pour Aiguebelle…
Raoul laissa passer 15 jours.
Le 16°, il alla voir, selon sa promesse : Parole de Scout est sacrée. Je l’accompagnai, pour voir, moi aussi…
Rémi avait revêtu le costume des oblats, assez sensiblement semblable à celui des petits chanteurs… toujours gracieux, lus gai que jamais. La langue n’avait pas eu le temps de se rouiller. Il subit donc sans embarras un interrogatoire serré.
‘Alors, tu ne t »ennuie pas ? – Pas du tout – Es-tu bien nourri ? – J’ai engraissé de plus d’un kilo depuis 15 jours – Tu peux dormir la nuit ? – Mieux qu’à la maison. – Tu continues tes études ? – J’ai 4 professeurs. – As-tu la facilité de chanter encore ? – Toute la journée – Y a-t-il des récréations : 5 par jour : une course à travers bois le matin à 7 heures, ¼ heure à 10 heures ; 1 heure de récréation après midi ; quelques minutes à 4 heures, et de nouveau avant le coucher…
De toute évidence, le petit oblat n’inspirait pas la pitié. Aux abords de la grotte consacrée à la Vierge, à l’intérieur de la foret, il détaillait avec plaisir sa nouvelle existence où, tout en effet, semblait très sagement ordonnancé. Le lever, matinal 4 1/2, suivait un coucher de bonne heure : 7 ½ ce qui laissait 9 heures de sommeil ; les premières minutes du jour, données à la prière, à la messe, à la communion, au recueillement, imprégnaient l’âme d’une profonde et joyeuse paix que reflétait le visage tout le reste du jour – puis c’était l’étude, dans le calme favorable des heures matinales ; très confortable le petit déjeuner, comme il convient pour des adolescents, après quoi la détente, non dans une étroite cour de récréation, mais au grand air, dans les sentiers sous bois où l’on peut courir à toute allure, longtemps, droit devant soi… L’esprit vraiment délassé peut alors suivre avec profit la classe…
Bref, Raoul eut beau tourner et retourner Rémi, il ne put lui extraire un seul mot de regret, 3 mois après il allait de nouveau vers Rémi, pour partager son existence. Ils sont ainsi une dizaine de petits oblats tous plus heureux les uns que les autres… Si vous doutez de leur bonheur, allez les voir…
 François REGIS
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LE CODE CATHOLIQUE
II
Se contrôler (suite)

Il est donc d’une nécessité primordiale de contrôler sa pensée en tout premier lieu, de voir si l’on accomplit le vieux et toujours urgent précepte de Tertullien ‘sentir cum Ecclesia’ et si l’on mérite de dire comme lui ‘Mihi nomen christianus, cognomen autem catholicus’. – Je m’appelle chrétien mais mon prénom est ‘catholique’.
Allons plus loin, et continuons à éclairer de saine doctrine le chemin de nos volontés.
Après la pensée, en effet, vient l’affection, et par ce mot il ne faut pas entendre exclusivement l’élan du cœur, l’éclosion de la tendresse, mais tout mouvement, tout élan qui nous porte vers la beauté.
De ces notions psychologiques dont le développement serait ardu et sans intérêt, le catholique déduit clairement ses obligations. Aimer l’église son culte et ses cérémonies, son esprit et ses tendances, ses prêtres et ses religieux en est la première.
L’Eglise, en effet, ne se divise pas. Il est impossible d’en fragmenter le corps admirable et de faire un choix dans les diverses parties de sa structure divine. Par lui-même ou par les continuateurs légitimes de sa pensée et de son œuvre, Jésus-Christ nous l’a donnée telle que nous l’avons aujourd’hui.
Elle fait un tout dont chaque morceau tient à l’autre si étroitement qu’il n’est pas possible d’en détacher une parcelle sans défigurer les autres, comme on ne saurait séparer d’une belle statue de Phidias ou de Praxitèle un bras harmonieux, des lèvres aux pures lignes ou des mains délicates sans rejeter le reste dans le domaine du grotesque et du monstrueux.
Sur ce point, un examen de contrôle personnel, sérieux, sans parti-pris de faveur, sans indulgence, s’impose aujourd’hui plus que jamais.
Aimer de l’Eglise l’encens qui fume, les cortèges hiératiques, le jeu du soleil à son couchant dans le vitrail aux mille ardentes couleurs, mais bouder à son dogme et se cabrer devant sa morale ; admirer son action dans le passé et de retenir, dans le présent, de son pouvoir salutaire que l’atmosphère d’ordre et de bienfaisante autorité qu’ salutaire que l’atmosphère d’ordre et de bienfaisante autorité qu’elle excelle à créer ; aimer en elle sa doctrine d’amour pour les faibles et les pauvres, mais lui tourner le dos, le jour où elle apprend à ces humbles à se faire, dans les limites de la sagesse, leur place au soleil… est-ce vraiment aimer l’Eglise ?
La politique a tellement embrouillé les choses en essayant, vainement d’ailleurs, de tracer sa frontière entre le spirituel et le temporel, elle a si obstinément voulu, quand elle n’était pas résolument hostile, accaparer à son profit, la puissance de l’Eglise qu’il est bien permis de se demander, si dans la vie sociale contemporaine, les catholiques aiment de l’Eglise tout ce qu’il faut en aimer, c’est-à-dire l’intégralité de son dogme, sa morale tout entière, ses directives sociales, son esprit et sa volonté.
Il est, Dieu merci, de nos jours, des groupements pleins de sève surnaturelle où l’amour de l’Eglise domine les aspirations politiques et les jeunes hommes qui s’y inscrivent, à la suite de leurs ainés, y viennent apprendre comment on aime l’Eglise. La vaine complaisance, les regrets stériles sur le passé en sont bannis. On s’y étudie, on s’y contrôle, on y prie, on y essaie de se conquérir soi-même avant de conquérir les autres…
L’avenir est dans ces sillons…
 J. M.
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 L’Armana Prouvençau

SUS LOU PONT D’AVIGNON
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En 1345, en Avignoun, sus lou pont sant Bénézet, davans la capello, pendoulèron un miserable qu’avié tua paire et maire. Rèn de plus juste.
Mai, anè pas se capita que la corde petè ! Lou guras dins lou Rose, et se sauvè dins lou bouscas qu’oumbrejavo alor la Bartalasso.
Empachè pas que, l’an d’après, ié pendoulesson mai un grand capoun qu’avié esventra sa femo et si tres enfant.
Avans que lou bourrèu faguèsse soun obro :
- Au mens, avisas-vous ! ié diguè l’assassin – que la corde fugue soulido ! que se petavo, coume l’an passa, et me larguèsse au Rose, me negariéu : sabe pas nada !
 LOU CASCARELET 75

Dans le Mois de Juin
(Dates à remarquer)
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- De même que le mois de Mai était le mois de Marie, le mois de Juin est le mois du Sacré-Cœur de Jésus. De plus, c’est pendant ce mois de Juin que nous célébrons la fête du Saint-Sacrement et son octave.
Profitons donc de ces circonstances pour raviver notre dévotion envers Notre-Seigneur Jésus-Christ continuellement présent dans nos tabernacles.
- Jeudi 3 Juin : la fête de Dieu
- Dimanche 6 juin : première solennité de la fête de Dieu.
- Vendredi 11 juin : fête du Sacré-Cœur de Jésus.
- Dimanche 13 juin : deuxième solennité de la fête-Dieu.
- Mercredi 23 juin : Veille de la Saint Jean. C’est un pieux usage dans notre Provence et dans la France entière, de faire ce soir-là desfeux de joie, pour rappeler la prophétie de l’Evangile relative au Saint Précurseur : ‘Beaucoup se réjouiront le jour de sa naissance’.
(C’est même une excellente pratique, si l’on a chez soi quelque mauvais livre ou quelque roman léger, que de profiter de cette occasion pour le faire flamber joyeusement : morte la bête, mort le venin).
Jeudi 24 : Nativité de Saint Jean-Baptiste. (Remarquez que cette fête arrive six mois avant la Noël : Le Précurseur est venu au monde six mois avant l’Enfant-Jésus. Or la fête de l’Evangéliste Saint Jean tombe le surlendemain de la Noël, ce qui faisait dire à nos anciens : ‘Li dous Sant Jan se partajon l’an’.
- Mardi 29 : fête des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul.
Ils furent martyrisés tous les deux ce même jour à Rome. Saint Pierre fut crucifié la tête en bas sut le mont Janicule près de l’endroit où s’élève aujourd’hui la basilique qui porte son nom, et d’où son successeur Pie XI enseigne l’Eglise universelle.
Saint Paul, en sa qualité de citoyen Romain, ne pouvait être crucifié, car le supplice de la croix était réservé aux esclaves. Il eut la tête tranchée près de l’endroit où s’élève aujourd’hui la splendide basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs.
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LE LIS DES VALLEES
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Je suis le lis des vallées.
Parmi toutes les fleurs, sur moi seule nul insecte ne se pose. Je suis pure de tout contact.
Seule parmi les fleurs, je ne suis pas foulée par le sabot des bœufs et des taureaux.
La chèvre qui vient boire au ruisseau, près de moi, ne me broute pas.
Mon chaste parfum embaume le vallon. Et le soir, je fais rêver en son âme pacifiée le paysan qui s’en revient des labours.
Je lui rappelle la parole biblique qui me compare le Christ et sa Mère Marie. Et devant moi, en souvenir de Ceux dont je suis le symbole, il s’incline pieusement.
Je suis le lis des vallées. J’évite tout ce qui terminait ma beauté. Je mourrai un jour, mais mon âme éphémère n’aura jamais perdu sa blancheur.
O paysan, toi qui, évitant les routes coutumières, aimes à passer au fond des tranquilles vallons, ma demeure, souviens-toi de garder ainsi ton cœur pur, toujours, chaque fois que mon parfum, porté sur la brise du soir, te révèle ma présence.
Je suis le lis des vallées, évocateurs d’innocence, symbole de pureté.
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Folle Vitesse
- Nous allions, dit Marius, à une vitesse phénoménale. A un endroit de la route, le pont ayant été emporté par une inondation, notre auto franchit d’un bond les 25 ou 30 mètres qui séparaient les deux rives.
- C’est fort, ça, répliqua Gontran, mais nous avons fait mieux encore. Pendant que nous filions comme l’éclair, un paysan déchargea sur nous son fusil de chasse. Non seulement les plombs ne réussirent pas à nous atteindre, mais il furent entraînés derrière nous comme un essaim de mouches par le formidable courant d’air qui nous suivait.

UN MOT AUX PAPAS
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L’autre jour, me rendant à l’église pour la grand’messe, j’entendis du bruit dans une maison. Un enfant, au milieu de ses cris rageurs, disait :
- Je veux aller avec papa !
Et la mère devait hausser le ton pour maintenir avec autorité :
- Non, je veux que tu ailles à la messe… et tu iras à la messe !
Evidemment, papa n’allait pas à la messe ! Il allait peut-être à la chasse, en partie de plaisir, que sais-je ? Mais il n’allait pas à la messe. Je vous avoue que je trouvai tout naturel le désir de l’enfant, car il ne croyait pas mieux faire que son père. Pour son intelligence simple et naïve, ce que son père fait, c’est ce qu’il faut faire ; ce que son père ne fait pas, il n’a pas à le faire. Son père ne va pas à l’église, pourquoi donc l’enfant irait-il ?
J’entendis tout de même la grosse voix de l’homme, qui intervint dans le débat ; elle disait :
- Il faut que tu ailles à la messe.
Il me sembla que cette voix était mal assurée et comme honteuse d’elle-même. L’enfant était trop jeune pour saisir la contradiction entre l’ordre et l’exemple, et il obéit encore pour cette fois.
Il faut le rappeler aux parents et surtout aux papas : il ne suffit pas de donner le conseil, il faut donner l’exemple du bien.
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 Page d’Evangile

LE COUP DE LANCE
(Sur le Calvaire le Vendredi Saint)
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(L’Evangéliste Saint Jean, qui nous a conservé cet intéressant épisode de la Passion du Sauveur, en fut lui-même le témoin, puisqu’il était au pied de la Croix avec Marie)

I. RECIT DE L’EVANGILE
‘Or, comme c’était le jour où l’on préparait tout ce qui était nécessaire pour le repos du Sabbat, de peur que les corps ne restassent sur la Croix pendant ce jour de fête, les Juifs demandèrent à Pilate qu’on brisât les jambes aux suppliciés et qu’on les enlevât. Des soldats vinrent donc et ils rompirent les jambes du premier larron – puis du second qui avait été crucifié avec Jésus. Mais lorsqu’ils vinrent à lui et qu’ils le virent déjà mort, ils ne lui brisèrent point les jambes ; seulement un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup de lance et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau’.

II. EXPLICATIONS (d’après Fillon)

1° - Pourquoi brisera-t-on les jambes aux deux larrons ?
 - On agissait ainsi pour hâter la mort des crucifiés, quand on était pressé d’en finir. Les Juifs étaient pressés, car le lendemain était le Sabbat, jour où il n’était pas permis d’ensevelir les morts : il fallait donc leur donner la sépulture le jour même. C’est à coup de massue que l’on brisait les os des jambes ; le patient ne tardait pas à expirer dans une affreuse agonie.
Autrement il pouvait vivre sur la croix vingt-quatre, quarante-huit heures et même jusqu’à trois jours. L’Apôtre Saint André, qui fut plus tard crucifié, resta trois jours sur la croix.
2° - Pourquoi n’a-t-on pas brisé les jambes à Notre Seigneur ?
 - Une escouade de soldats, sur la demande des Juifs, vint pour briser les jambes aux suppliciés. D’après le récit de Saint Jean, les soldats s’approchèrent des croix situées aux points extrêmes et rompirent les jambes des deux larrons, avant de se rejoindre vers la croix du milieu à laquelle Jésus était suspendu.
Mais il eût été inutile d’infliger le même supplice à Notre-Seigneur, puisqu’il était déjà mort. Jésus était mort beaucoup plus tôt que la plupart des crucifiés et cela s’explique facilement par les souffrances qu’il avait endurées au cours de son agonie et de sa flagellation et par la perte de sang qu’il avait éprouvée sous les coups des fouets.
D’ailleurs l’Evangile lui-même, prend soin de nous avertir qu’il y avait dans ce fait l’accomplissement de cette prophétie : ‘Vous ne briserez aucun de ses os’. En effet, les Juifs, lorsqu’ils célébraient la Pâque et mangeaient l’agneau pascal (image prophétique du véritable Agneau qui serait un jour immolé sur la croix) devaient bien se garder par respect de briser un seul de ses os.
3° - Pourquoi le côté de Jésus fut-il percé d’un coup de lance ?
 - Un ses soldats, avec un coup de lance, ouvrit le côté de Jésus, produisant sur la poitrine sacrée du Sauveur une large ouverture, puisque St Thomas pourra y introduire sa main entière. Le but que se proposait ce soldat était de rendre la mort indiscutable, comme l’on fait par ce qu’on appelle ‘le coup de grâce’.
4° - Que savons-nous sur Saint Longin ? – D’après la tradition, le soldat qui avait percé de sa lance le flanc du Sauveur, s’appelait Longin et était Gaulois. Parmi les soldats de l’empire, il y avait une légion gauloise, organisée après la conquête de la Gaule par les Romains. Longin se convertit au pied de la croix. Pendant 28 ans, il mena la vie monastique en Asie faisant de nombreuses conversions et fut martyrisé. Le calendrier romain place sa fête au 15 Mars.
5° - Que signifient le sang et l’eau ?
 - Du côté percé de Jésus coulèrent ensemble du sang et de l’eau. Par ‘eau’, il faut entendre ici l’humeur lymphatique qui en effet contient neuf parties d’eau sur dix. Cet écoulement particulier a fait conclure aux médecins que le péricarde, sac membraneux qui enveloppe le cœur, dut être touché par la lance, de quelque côté d’ailleurs que le coup eût été frappé.
L’eau sortant du Cœur de Jésus signifie le Baptême, le plus nécessaire de tous les sacrements, celui qui lave l’âme et lui donne la vie divine. Le sang signifie l’Eucharistie, le plus grand de tous les sacrements. Le sang est le liquide nourricier du corps ; l’Eucharistie est la nourriture de l’âme.
C’est en souvenir de ce fait, que l’Eglise ordonne aux prêtres, à la messe, de mêler quelques gouttes d’eau au vin qui va devenir le sang de Notre-Seigneur.
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Pendant ce mois de Juin, honorons tout spécialement ce divin Cœur qui a été transpercé pour nous et qui nous est une source inépuisable de grâces.
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C H A R I T E
— : —
Dialogue
L’Enfant
Quand je serai grand, j’aurai des moustaches,
Un chapeau de soie, un bel habit noir.
J’aurai des chevaux, des moutons, des vaches ;
J’aurai de l’argent tout plein mon tiroir
Je pourrai manger ce que je préfère,
Par du chocolat remplacer mon lait ;
Me lever très tard, enfin toujours faire,
Sans être grondé, tout ce qui me plaît.

La Mère

Quand tu seras grand, mon cher petit homme,
Si ta bourse est pleine, ouvre-la souvent.
Le meilleur argent, vois-tu, c’est en somme
Celui qu’en bienfaits et joie l’on répand.
Devant chocolat, gâteau, friandise,
Pense au malheureux qui n’a pas de pain ;
Pense au malheureux tremblant sous la bise,
Lorsque tu mettras ton bel habit fin.
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 Conte de l’Armana
L’ASE DOU PARTAGE
— : —
Quand Trisso-lende mouriguè, leissé’no vigno d’unoeiminado, un marrit oustaloun, un pichot ase tout pela, emé quauqui rabasso. Eron tres eiretié : Pelofi qu’èro l’einat, Cristou qu’èro lou cadet, em-uno fiho, Janetoun, qu’èro proun avariciouso.
L’einat, aguènt lou quart, se carguè de la barraco ; pièi se faguè tres tros de tout : coupèron en tres la vigno, estrassèron en tres lou ridèu de la porto, chapoutèron en tres un candelié d’estam e ressèron en tres uno cadiero que i’avié. Mai quand venguè lou tour de l’ase : ‘Iéu, Pelofi cridè, quand me coustesse un barrau d’oli, vole pas que l’ase se rèsse, e me n’en cargue tout soulet : pèr-ço-que, lou sabès, tant qu’a viscu moun paire, i’a’gu un ase dins l’oustau, e tant que iéu viéurai, entènde que i’ague un ase !’
 LOU CASCARELET 77
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Une bonne leçon
D’un recueil de fables, dont beaucoup sont charmantes et quelques unes délicieuses, recueil dû à la plume du regretté Chanoine E. Bernard, ancien supérieur de Sainte-Garde, nous extrayons celle-ci à cause de l’excellente réplique qu’elle fait aux ennemis de l’Eglise :
UN RAT ARCHIVISTE
— : —
 Peu d’amateurs mettent le nez
 Dans les archives de mairies ;
 Ceux-là seuls en sont étonnés
 Qui par goût se sont condamnés
 A déchiffrer ces vieilleries.
 Tel fut un rat qui, voyant ce séjour
 Désert la nuit comme le jour,
 En fit son cabinet d’étude.
 Nul ne venant troubler sa douce solitude,
 Il trouvait là le vivre et le couvert
 Et pouvait lire à livre ouvert.
 C’était un rat savant, ami de la lecture,
 Mettant son plaisir à chercher
 Des détails de toute nature.
 Le vaillant archiviste, un jour, par aventure,
 A force de fouiller, finit par dénicher,
 Dans un bouquin gris de poussière
 L’inventeur de la souricière.
 Quelle trouvaille il faisait là !
 Il en pâme de joie… Aussitôt le voilà
 Mordant, remordant avec rage,
 Mâchant et remâchant cette maudite page !
 En mangeant, se dit-il, ce scélérat d’auteur,
 Je détruis avec lui tout engin destructeur !
 Ce raisonnement fait, il part à toutes jambes,
 Criant qu’on peut sans crainte attaquer les lardons :
 Ravis, souris et rats, même les moins ingambes,
 De tous côtés, dansent des rigodons.
 On retient le savant, on le fête, on l’embrasse ;
 Il sera l’honneur de sa race ;
 Statue et Panthéon lui seront dévolus.
 Peut-être fera-t-on quelque chose de plus ;
 Sans compter les discours prononcés sur sa tombe,
 - On s’en occupe, ils seront prêts –
 On lui prépare une hécatombe
 Dont les chats feront tous les frais.
 Notre rat cependant poursuivait sa tournée,
 L’œil pétillant, la face illuminée ;
 Quand par un piège il est surpris…
 Et pris.
 Après avoir rongé deux pages d’Evangile,
 Savants libres-penseurs, vous proclamez partout
 Que Dieu n’est rien, que l’homme est tout ;
 Croyez-vous qu’à ce point le dogme soit fragile ?
 Votre acte est ridicule… et de plus criminel.
 Dieu brisera vos pieds d’argile ;
 Vous le verrez alors, car il est éternel.

NOSTI VIEI DITOUN
- Enguènt de Mèstre Arnaud, que fai ni bèn ni mau.
- Quau rèn n’asardo, n’a sello ni bardo.
- Quau dis de mau de l’estiéu, dis mau de soun paire.
- Vau mai teni qu’espera.
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Soyez Généreux
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‘Au temps de la moisson,

Le coin des Chercheurs
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I. – Réponse aux devinettes d’Avril

N° 112 : Charade : Brave, rare.
N° 113 : Devinette : Indivisibilité.
N° 114 : Calembour : C’est la pelle.
N° 115 : Problème : sept sous dans la main droite et cinq dans la main gauche.
 

II. - Nouveaux jeux d’esprit

N° 116 : Enigme (Par Tatè de Lapalud)
 Je suis léger, je suis coquet ;
 A toute heure on m’ôte, on me met ;
 Parfois, quand l’ouragan tempête,
 Je pars, et quant je pars, lecteurs, je perds la tête.
N° 117 : Calembour (Envoi d’une cuisinière provençale).
 Comment s’y prendre pour transformer un bifteck en 
 Navire de guerre ?
N° 118 : Charade (par un rentier Pertuisien)
 Chez tous les boulangers on trouve mon premier ;
 En cherchant dans la gamme, on trouve mon dernier ;
 Allez donc, paresseux, imiter mon entier.
N° 119 : Devinaio (dou cousin de Bouniéu)
 Queto diferènci i’a entre un vicàri em’un valat ?
 
 FIN

Impr. Bonne-Presse du Midi – Vaison Le Gérant N. MACABET