Le Petit Caderoussier Janvier 1923

11 avril 2018

1re Année Janvier 1923 N° 1

 L E P E T I T C A D E R O U S S I E R

 BULLETIN MENSUEL

 LE PETIT CADEROUSSIER
 A ses lecteurs

 
 Mes bons amis de Caderousse
 J’étais annoncé, me voici !
Oh ! Tout mignon, comme Tom-Pouce
Car je suis éclos ces jours-ci ;
Mais, aux champs, le brin d’herbe pousse,
Et nous grandirons, nous aussi !

D’ailleurs, regardez-moi, de grâce !
N’ai-je pas l’air de bonne race ?
Je suis petit, mais bien d’aplomb.
Voyez-vous mon œil qui scintille ?
Et tous mes traits ? Voyez ce front,
Je sens mon cerveau qui frétille,
Il est bien meublé, j’en réponds !
Et ma langue, souple et fluette,
Allez ! Ne sera pas muette :
Vous verrez quand nous causerons !

Si donc vous agréez la chose,
Un jour par mois je me propose
De faire causette, avec vous,
De tout ce qui pourra vous plaire
Et vois charmer et vous distraire.
Nous traiterons, au jour le jour,
Sujets sérieux et bagatelles,
Choses anciennes et nouvelles ;
Chaque détail aura son tour.
Mais le fonds de la causerie
 Sera : La petite patrie,
 Ce Caderousse si charmant
 Qui prend nos cœurs comme un aimant !
 Et puisqu’une nouvelle année
 S’ouvre devant nous en ces jours,
 Souffrez que mon premier discours
 Vous la souhaite fortunée !
 Oui, tous, en mil neuf cent vingt-trois,
Soyez heureux... plus que des rois !
Que le ciel féconde vos terres,
Que vos récoltes soient prospères :

Puissiez-vous voir vos chers enfants
(Doux objets de votre tendresse)
Près de vous gais et bien portants,
Grandir tous en âge, en sagesse,
Comme le Saint Enfant Jésus !
Que peut-on souhaiter de plus !

Tels sont, mes chers et bons lecteurs,
Les vrais souhaits de tous les cœurs
Qui vous aiment d’amour sincère ;
Et, pour ma part, j’ai cru bien faire
A ces vœux de m’associer.
Je compte sur votre indulgence,
Et c’est avec cette espérance
Que je tire ma révérence
A toute l’aimable assistance.
 Votre ’’Petit Caderoussier’’.

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 UN ANCÊTRE
 Le ’’Petit Caderoussier’’ a un ancêtre dont il se fait un devoir de rappeler la mémoire. C’est le Bulletin Paroissial de Caderousse’’ rédigé autrefois par M. Chanoine Spenlé, actuellement curé de St Florent d’Orange et M. l’abbé Peillon, actuellement vicaire à Bollène.
Nous avons sous les yeux le N° 11 (janvier 1909) de cette publication, polycopiée sur quatre pages, et qui dut certainement réaliser beaucoup de bien dans la paroisse.
Le Petit Caderoussier n’a pas d’autre ambition que de marcher sur ses traces. Il se rappelle d’ailleurs que la bénédiction de Dieu est promise à ceux qui respectent leurs parents :
Tes pères et mères honoreront afin de vivre longuement.

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 NOS FETES A L’EGLISE
 — :—
Dans la première quinzaine de décembre nous avons à relater trois solennités qui, tombant toutes en semaine, ont eu chacune leur cachet bien particulier :
1- La Saint Eloi - (Vendredi 1er décembre) - Cette fête traditionnelle fut toujours très populaire à Caderousse. A 9 heures, on chanta la messe solennelle avec le cantique populaire en provençal. M. le Curé prononça le panégyrique du Saint, que les hommes à la tribune et les femmes dans la grande nef suivirent avec le plus vif intérêt. L’autel de Saint Eloi était magnifiquement orné – L’année prochaine nous reprendrons l’antique coutume de la distribution du pain bénit.
2- L’immaculée Conception - (vendredi 8 décembre) - Le matin à 7 heures, pour témoigner notre reconnaissance aux deux Religieuses de l’Immaculée Conception qui soignent avec le plus grand dévouement nos vieillards et nos malades, la Messe fut célébrée dans la coquette chapelle de l’Hôpital. Nombreuses communions et chants très pieux.
Le soir, à la paroisse, oh ! La jolie procession ! Tous, depuis le plus grand jusqu’au plus petit, ayant à la main un cierge allumé et chantant l’Ave Maria de Lourdes. On se serait vraiment cru transporté pour quelques instants devant la grotte de Massabielle. Tous les assistants, sauf trois ou quatre retenus à leur place par leur âge ou la fatigue, prirent part à cette procession qui fut vraiment très édifiante.
3- L’Adoration perpétuelle - (lundi 4 décembre).- Les journaux catholiques de notre région (la Croix d’Avignon, l’Eclair de Montpellier et le Nouvelliste de Lyon) ont raconté cette belle manifestation de foi de notre paroisse envers la Sainte Eucharistie. L’église splendidement ornée de fleurs et de lumières, avait retrouvé son assistance des plus grands jours.
 M. l’abbé Hugonenc, vicaire à N.D. d’Orange chanta la messe, assisté de MM. Ravoire et Paradis, de la même paroisse, qui faisaient diacre et sous-diacre.
 On voyait, dans le chœur, une belle couronne de prêtres des environs : MM. Fourmon, curé-doyen de Courthézon ; Arnoux, curé de Violès ; Mame, curé de Chateauneuf-du-Pape ; A. Bedos, curé de Cairanne ; Labalme, vicaire à St Florent d’Orange ; Laborel, vicaire à Courthézon.
 Après le chant de l’Evangile, M. Chanoine Méritan, curé-archi-prêtre d’Orange, monta en chaire et nous parla de l’Eucharistie avec une éloquence qui pénétra tous les cœurs.
 Au cour, de la cérémonie, les demoiselles choristes firent entendre de beaux cantiques à plusieurs voix, sous la direction habile de Mlle Yvonne Roche, première organiste. Mentionnons : La Crainte et l’Amour, duo par Mlles Andréa Bouche et Marie-Jeanne Martin.
 Les vêpres et le salut solennel clôturèrent dignement cette belle journée. Ce qu’il y eut de plus inattendu, ce fut l’ Ave Maris stella à trois voix avec solo par Mlle Paule Chauvet, chanta avec le concours de tous les enfants qui surent parfaitement tenir le partie sans se laisser entrainer ni par la basse, ni par la contre-haute. Honneur à eux ! Une mélodie de Faure fut superbement interprétée par Mlle Thérèse Roche.
 - ’’Ah ! Si nous avions su !’’ disaient le lendemain plusieurs de ceux qui n’avaient pas assisté à la fête.
 - Eh bien, ce sera pour l’an prochain !
 En attendant, nous nous en voudrions de ne pas ajouter un merci spécial aux dames dévouées de la Congrégation de Ste Anne qui nous permirent d’accueillir honorablement nos aimables invités.

 
 STATISTIQUE PAROISSIALE
 Du 15 novembre au 15 décembre 1922
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BAPTEME : Néant.
MARIAGE : Le 18 novembre, Gustave Morin, sergent-major au Maroc a épousé Mlle Marie Séverine Reboul.
Le même jour, à I Agnès, Marius Augustin Litot a épousé Mlle Yvonne Testanière.
FUNERAILLES : Le 21 novembre est décédé subitement, à l’âge de 79 ans, Joseph Gabriel Raymond. Son corps a été transféré à Orange. Le service de huitaine a été célébré le 28 en notre église paroissiale.
Le 11 décembre a été ramené du front, Albert Joseph Robert, adjudant-chef 15° section de C. O.A., mort pour la France à l’âge de 29 ans, le 30 juin 1915 à Moudros (Dardanelles). Un service solennel pour le repos de son âme a été célébré le lendemain.
Le 15 décembre, à 7 heures, a été célébré dans la chapelle de Ste Anne une messe avec absoute pour Marie Point, née Sibour, congréganiste, décédée à Chateauneuf-du-Pape. La défunte était inscrite à l’Œuvé du Suffrage. En conséquence, la Direction d’Œuvre a fait dire pour elle une neuvaine de messes.

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 CATECHISMES ET PATRONAGE
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 AUX ENFANTS
 — :—
Attention ! Le Petit Caderoussier qui vous aime déjà comme un bon petit frère, parle de vous chaque mois.
Chaque mois, il publiera un Tableau d’honneur où figureront tous ceux d’entre vous qui se seront distingués par leur assiduité, leur bonne conduite et leur application, soit au catéchisme, soit au Patronage. Quelle consolation pour vos excellents parents qui se sacrifient pour vous ! Et combien vous serez heureux vous-mêmes de leur procurer cette joie !
Pour cette fois, il se contentera de publier le nom (par lettre alphabétique) de tous ceux d’entre vous qui fréquentent le grand catéchisme quotidien. Vous jugerez par là qu’il vous connait tous très bien, et qu’à partir d’aujourd’hui, il aura ses petits yeux ouverts sur vous. Tenez-vous pour avertis !

 LE PATRONAGE DU JEUDI
 — :—
Notre Patronage du jeudi est en pleine voix d’organisation et de progrès. J’en appelle à vous tous, mes chers petits amis, qui y venez si volontiers !
Quelles charmantes journées on passe au Patronage !
Dès le matin, 9 heures, les premiers arrivés allument le poêle. Les finettes attrapent le balai et ’’zou !’’, en avant ! - dans la cour, on saute, on s’amuse. Puis, sur un signal des demoiselles patronnesses, on entre en rangs : c’est la prière et l’Instruction Religieuse que termine toujours une magnifique histoire. Puis, c’est la couture pour les filles, le dessin pour les garçons, le cinéma pour tous. Puis c’est encore la récréation.
Mais déjà, comme bon nombre d’entre vous dînent au Patronage, voilà qu’on épluche en riant oignons, pommes de terre, navets, etc. nos petites cuisinières font merveille ! Citrons avec éloge Augusta Cappeau et Odette Girard (deux futures communiantes) qui, dans la journée du 14 décembre, ont, toutes seules, assuré le service de façon impeccable.
Et quel appétit, tout ce petit peuple ! Il faut voir ! Quelques-uns d’entre eux ont eu la délicate pensée d’apporter pour leurs petits camarades quelques friandises dont ils savent eux-mêmes faire le sacrifice. Ainsi Jeannot Vivet (6 ans bientôt) nous arrive un beau jour avec une superbe pot de confiture : il y en a eu un morceau pour chacun ; une autre fois, c’est un paquet de dattes, dont il n’est resté que les noyaux ! - La petit Jeannette Bourret a apporté un litre de bon vin nouveau, ce qui a mis toute la société en joyeuse humeur !
D’autres cherchent à se rendre utiles. Ainsi une équipe de garçons, sous la direction ferme et avertie de Alfred Bastide, a nettoyé le local de fond en comble, et a fait sauter par les fenêtres deux ou trois cents kilos pour le moins de décombres, et de paille de mais, dont on a fait un beau feu de joie ! Pendant que les garçons faisaient la ronde autour du feu, les petites filles, sous la conduite de Paulette Dupeyre, ont passé le balai partout, et maintenant le Patio est propre comme un miroir.
Il n’y a qu’un inconvénient : c’est qu’à trois heures, il faut partir. Et comme ça a vite passé !
Et ça passera encore bien plus vite, quand tout sera organisé !
Car le Patronage, outre son rôle très utile d’éducateur, deviendra chaque jour davantage l’amusement des enfants ... et la tranquillité des parents !

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 TABLEAU DU GRAND CATECHISME
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Feront leur Première Communion solennelle en mai 1923 :
 - Garçons : Albert Gromelle, Gaston Gromelle, Justin Gromelle, Julien Roche.
 - Filles : Paulette Auffan, Augusta Bruguier, Madeleine Constance, Augusta Cappeau, Paulia Dortindeguez, Paulette Durand, Léona Doux, Marie-Louise Gueillen, Odette Girard, Jeanne Paget.
 ***
Feront leur Première Communion solennelle en mai 1924 :
 - Garçons : Pierre Antelme, Gaston Bastides, Gabriel Brémond, André Constance, Louis Capdeville, Jean David, Hilaire Ferragut, Pierre Grimaud, Julien Guérin, Clément Maurin, Emile Martin, Marcel Martin, Henri Point, André Roux, Gabriel Rifaud, Gabriel Roche, Paul Roche, Gaston Soumille, Lucien Simon.
 - Filles : Rosette Albanetto, Rosette Bernard, Marie-Louise Cambe, Marie-Jeanne Lazard, Marguerite Lazard, Georgette Mathon, Marie-Rose Raynaud, Larie Raymond.

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 OU EN SOMMES- NOUS
Question délicate entre toutes et sujette à bien des illusions. A quels signes, en effet, reconnaître si, au point de vue religieux, Caderousse monte ou descend ? - Eh bien, répondons hardiment : ’’Nous allons en haut, Caderousse devient meilleur’’.
Nous en avons des preuves nombreuses ; mais aujourd’hui, je n’en veux citer que trois, indiscutables, avec chiffres à l’appui.
1° Le chiffre des Communions est depuis trois ans en augmentation constante : en 1919, 2.200 communions, en 1920, 3.000 communions ; en 1921, 3.500 communions ; en 1922, 4.500 communions.
Or, la communion fréquente est la pierre de touche de la ferveur d’une paroisse.- Toutefois, il faut le reconnaître, cette augmentation est plutôt le fait d’une élite et n’a atteint que rarement les couches inefficaces sur la masse des paroissiens.
2° La proportion des décès avec sacrements s’accroît chaque année. En 1918, sur 57 décédés inscrits au registre paroissial, il y en eut 12 seulement qui reçurent les secours de la Religion. Voici, pour cette année 1922, les chiffres officiels : Défunts inscrits décédés à Caderousse : 30 ; avec les derniers sacrements ; 20 auxquels il faut ajouter 4 enfants morts après le baptême, soit un total de 24. Donc 6 seulement sont morts sans sacrements, car de surprise ou de mort subite ; mais aucun par refus systématique. Donc 80 pour cent se présentent au jugement de Dieu après s’y être préparés. Quelle garantie pour eux-mêmes ! Quelle consolation pour leurs familles !
3° Même progrès dans la paroisse pour l’Œuvre diocésaine de Denier du Clergé. En 1921, nos catholiques de Caderousse avaient donné 1400 francs ; En cette année 1922, leurs cotisations se sont élevées d’un bond à la somme totale de 2.200 francs, soit 800 francs de plus ! Et ceux qui, parmi nous, ne comprennent pas encore l’importance de cette œuvre, qui est de subvenir à l’entretien du clergé diocésain et plus particulièrement des prêtres des paroisses pauvres, se font de plus en plus rares. Bientôt tous comprendront leur devoir et l’accompliront généreusement.
Nous sommes donc en progrès sur ces trois points fondamentaux. Les chiffres sont là, indiscutables. Ayons donc confiance. Allons toujours de l’avant, et, dans un avenir prochain, Caderousse comptera parmi les meilleures paroisses.

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 PROGRAMME RELIGIEUX
 pour JANVIER 1923

1er janvier. Lundi. - Fête de la Circoncision de N.S.- Sanctifions ce premier Jour de l’An par l’assistance à la messe et aux offices et surtout pour la Sainte Communion.
Même règlement que les dimanches ordinaires.
Messes à 7 h 30 et 10 h 30. Vêpres à 2 h 30.
Nota.- Si nous ne pouvions avoir qu’une seule messe, il y aurait toujours une cérémonie à 10 h 30.
6 janvier – L’Epiphanie ou Fête des Rois-Mages, dont la solennité est renvoyée au lendemain dimanche 7.
 A la grande messe et aux vêpres, les enfants chanteront le Noël des Rois. De matin ai rescountra lou trin.
 A cette occasion, le gâteau des Rois sera offert après Vêpres aux choristes des Congrégations de Ste Anne, du St Nom de Marie et de Ste Philomène – Les directrices et organistes sont chargées de l’exécution du présent article.
 - Arbre de Noël – Fleurira-t-il cette année encore et portera-t-il des fruits superbes comme les années précédentes, à la grande joie de nos chers enfants ? Qu’en pensent nos catéchistes dévouées ?
 - Tous les soirs à 4 heurs, après la sortie des classes, Mois de la Sainte Enfance avec chapelet et chants de Noël populaires. Les enfants sages ne manquent pas de faire aussi une petite crèche à leur maison.
 - Tous les dimanches, aux offices, chants de Noël français et provençaux.
 - Nos morts d’il y a un an – nous recommandons spécialement à nos prières, durant ce mois de janvier, l’âme de ceux qui nous ont quitté l’année dernière à pareille époque :
 21 janvier : Henriette Victorine Lilot, née Bruguier ;
 22 janvier : Claude Xavier Leydier ;
 22 janvier : Sa Sainteté le Souverain Pontife Benoit XV, père commun de tous les fidèles ;
 26 janvier : François Claude Laffont.

 Progrès ! Progrès !
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 Le petit Caderoussier veut grandir et se montrer de plus en plus digne de votre estime et de votre affection. Voici quelques améliorations qu’il rêve et qui ne tarderont guère à se réaliser :
1° Il aura chaque mois une Chronique Agricole, Industrielle et Commerciale concernant toujours Caderousse. Et même une Chronique Civile ;
2° Il publiera des Causeries variées sur Caderousse à la chasse, Caderousse à la pêche, Nos Ateliers de balais, Champignons de la Piboulette et du Lampourdier, Nos ménagères au marché d’Orange, etc.
3° Il étudiera le Caderousse des temps anciens et fera revivre dans leur cadre d’autrefois la silhouette des anciens ducs de Grammont, des d’Ancezune ; et même il ressuscitera des figures populaires que las plus âgés parmi vous ont bien connues, telles par exemple le fameux Pierre Gnagne dit ’’lou Fifre de Cadarousso’’
4° Il donnera des aperçus très curieux sur la géologie, la flore et la faune de Caderousse, accompagnés de petites illustrations faites d’après nature, et qui feront aisément reconnaître, même par un enfant, nos fleurs, nos insectes, etc.
- Chers lecteurs, aimables lectrices, aidez-nous par votre sympathie et vos encouragements à réaliser un si magnifique programme !
 
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 RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
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I. PRIX DE L’ABONNEMENT au Petit Caderoussier :
1. Le Petit Caderoussier ne se vend pas au numéro.
2. L’abonnement pour Caderousse est de 2 Fr. 50 par an. Par faveur spéciale, les abonnés à la Croix d’Avignon ne payent le Petit Caderoussier que 1 Fr. 50 par an. Les abonnés à la Croix du dimanche (de Paris) reçoivent le petit Caderoussier gratuitement.
 Le moyen le plus pratique de régler son abonnement est d’en confier le montant à la personne dévouée qui vous fait passer le Petit Caderoussier ou la Croix d’Avignon.
 3. L’abonnement par la poste est de 3 Fr. par an.
 Le moyen le plus pratique est d’envoyer cette somme par chèque-postal (avec 15 centimes de frais seulement), à l’adresse suivante :
 M. l’abbé Brémond, curé-doyen de Caderousse (Vaucluse)
 MARSEILLE N° 101-16
 
 II. - NOTRE TIRAGE
 Le Petit Caderoussier est attendu de toutes parts avec une telle curiosité que, pour donner satisfaction à tous nos amis, nous avons dû faire tirer ce premier numéro à 800 exemplaires ( huit cents ), et nous craignons qu’il n’y en ait pas pour tous. - Hâtez vous donc de nous communiquer l’adresse de toutes celles de vos connaissances qui habitent la France et l’Etranger, et qui ont quelque attache avec Caderousse. Nous nous ferons un devoir de leur envoyer le Petit Caderoussier. Quel charme pour eux quand, loin de leurs parents et amis, à l’autre bout du monde peut-être, ils ouvriront chaque mois ces pages toutes imprégnées de l’air du pays natal, de ses délicieux souvenirs, de son histoire ancienne et nouvelle ! Ils ne pourront résister au désir de nous envoyer de leurs nouvelles et nous les insèrerons volontiers.
 Ayez soin également de conserver chaque numéro, car, au bout de quelque temps, vous aurez sur Caderousse une collection de documents absolument merveilleuse.
 
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 VARIETES
 — :—
 Scènes et paysages de Caderousse
 I
 L’angélus sur le Rhône
 (Sonnet)
 — :—
 Du Rhône, après le jour, la splendeur s’est voilée,
 Les vieux saules jaunis sont penchés sur le bord ;
 Et le pâle miroir de son onde étalée
 Reflète obscurément leur beau feuillage d’or.

 L’ombre revêt déjà sa parure étoilée,
 Une barque attardée, en un dernier effort
 Se hâte, et fend les flots de sa proue effilée ;
 Dans le calme du soir le grand fleuve s’endort.
 Soudain des sons pieux ont ému le silence :
 De l’Angélus du soir, c’est la sainte cadence.
 Angélus de mystère, Angélus solennel,

 Il plane lentement en s’épandant sur l’onde ;
 Et je doute en mon cœur, tant sa voix est profonde,
 S’il monte de la terre ou s’il descend du ciel.

 LI CONTE DOU BARRULOUN
 — :—
 I BRAVI GENT DE CADEROUSSO

 Iéu, siéu lou Barruloun ; barrule, ei moun mestié !
 De Cadarousso res counei miéu li quartié,
 E, tout en galejant, chasque mes, pèr tout caire,
 Ensèn barrularen dins noste bèu terraire.

 Veiren la Simounasso amé lou Pont-d’Adam,
 La Baisso, lis Iloun lou Rose, la Péran,
 E lou Revestidou, Rameirou, la Durbano,
 Enjusqu’aperamount lou Price e li Queirano !
 Veiren la Religiouso e soun poulit endré ;
 Sant-Martin, Sant-Michèu e tout lou Camin-dré,
 Lou Devès e li Prat, lou Moulin-de-la-Vilo,
 Sant-Charle, Mau-Basti ( li prendren à la filo ! )
 E pièi la Limojouino e lou Camin di Mian
 Que viro vers Aurenjo e s’escarto dou plan.
 Plus bas, la Granjo-Près amé la Lusignano.
 Vendren à la Grandouno, à Fasèndo, i Cabano,
 Au Bèfi, à l’Iloun-Blanc, au Couquiéu, Crò, Panié,
 Au Gabin, à la Pibouleto, au Couloumbié !
 Veiren la Bonamourdo au quartié di Negado,
 E la Terro-di-Fiho enjusqu’à la Terrado !
 Oubliden pas, pamens, Sant-Pèire ni Miemart,
 Lou Four e Salaié, nimai lou Pont-Baiard,
 Fournigas e Mau-tèms, Sant-Trufème e Basino,
 Berbiguiero, Espinet, que nous fan bono mino ;
 E la Bourerdo, au diantre amount que, talamen,
 Fau quàsi, pèr i’ana, faire soun testamen !

 Quéu mot de testamen vous fai belèu pas rire,
 Fau, pamen, pas toujou prene li causo au pire !
 Tachas de vous teni e gaiard e countent ;
 Entre paga e mouri l’on a toujou proun tèmps !
 Lou BARRULOUN.
 — :-0- :—

 UNO BONO PASTO

 L’autro semano, que la biso boufavo tant, la vièio Talio de Bourneiroun, qu’eis un pau simplasso, e que rèsto dins un caire dou Boulegoun touto soulo amé sa nèço, agantè un bon raumas.
 E tussissié, tussissié ! Talamenque se dounè pòu, e diguè à sa nèço : ’’Acò sara quauco marrido peremounìo... Sènte que siéu cuecho !’’ - Justamen lou bon Moussu Rochette èro dins lou vesinage, e lou mandèron cerca.
 L’ome de la scienço, vesènt qu’eiço èro pati-pata-pas-rèn, s’adreissè à la nèço qu’avié abita Paris un paréu d’an, e ié faguè en francès : ’’Ce ne sera rien ; votre tante n’est pas en danger ; mais, pour lui adoucir la gorge, allez lui prendre une boîte de pâte d’escargots’’ – ’’Hoi ! venguè Talìo à sa nèco, de que dis lou Medecin ? S’imagino pas-ti que li cacalauso an de pato !’’
 Mousso Rochette amé la nèço s’esclafiguèron dou rire ! E se pensè à part éu, lou brave Doutour : ’’Segur ! Li cacalauso an gis de pato ! Mai se li granouio an gis de coa, ei pas Talìo que n’ei l’encauso !’’
 D’après Lou Bartavèu
 
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 NOUVELLES DE LA DERNIERE HEURE
 — :—
 Grâce à la complaisance de notre Imprimeur, nous pouvons ajouter rapidement quelques détails supplémentaires :
 NOS FÊTES DE NOËL ont été splendides ; nous en donnerons le détail dans notre prochain numéro.
 LE COMITE PROVISOIRE DE L’ASSOCIATION PAROISSIALE est réuni pour la première fois chez M. Auguste Ruat. On a décidé des choses très intéressantes que nous ferons connaître bientôt.
 La SOUSCRIPTION pour une PLAQUE COMMEMORATIVE à apposer dans notre église paroissiale, et la fondation d’un Service Annuel pour nos soldats tombés au champ d’honneur, a trouvé partout un accueil très généreux et, en moins de quinze jours, notre première liste a atteint le total de mille quarante francs cinquante centimes. En voici le détail :
1. Le Curé, 100 ; MM. Et Mme P.A.C., 5 ; F. Bastides, 10 ; C. Ayel, 20 ; Vve H. Durand, 5 ; Anonyme, 20 ; Famille Divol, 10 ; V. M. Aubert, 5 ; Anonyme, 20 ; Vve Henri Ruat, 10 ; à r. 6 ; Vignol Guérin, 20 ; famille Lurion, 10 ; Albert Bastides, 5 ; F. Reynaud, 1 ; Paulus Peillet, 5 ; famille Chaurevol, 5 ; Guérin Cambe, 5 ; famille Roche, 10 ; Anonyme, 5 ;V. Th. Roche, 5 ; Pierre Mary, 5 ; famille L. Blachier, 20 ; Heiri Lazard, 10 ; Grimaud, notaire, 20 ; Grimaud Auguste, 10 ; Anonyme, 5 ; Anonyme 30 ; Anonyme, 0,50 ; Augusta Roche Adrien, 20 ; Louisette Chaume, 5 ; La Contesse de Monbriand, au ’’Lampourdier’’, 20 ; Valette, 2 ; Hostins, 20 ; Anonyme, 10 ; Anonyme, 20 ; Marie Dortindeguey, 10 ; L. P., 5 ; Paul Pécoul, 5 ; Constantin Roche, 5 ; Célestine Dortindeguey, 5 ; Thérèse Bonnet dépositaire du Marseillais, 5 ; Andrienne Miaille, 5 ; Claudine Chastan Orange, 10 ; E.F., 2 ; Gabriel Bonnifay, 5 ; Augustine Lafont, 5 ; E. Chirot, 10 ; Marie Leydier, 5 ; Anonyme, 5 ; Rosa Vivet, 2 ; LouiseSimon, 2 ; Justin Lafont, 5 ; A. Serguier, 1 ; J. Pécoul, 5 ; Marie Ferragut, 5 ; Anonyme, 1 ; Anonyme, 10 ; Anonyme, 5 ; R. Robert, 2 ; Anonyme, 3 ; V. Boissel, 1 ; Louiset Constance, 1 ; M. Noguier, 2 ; Rosa Radelet, 5 ; V. Redon, 2 ; M. Chaume, 2 ; V. Doux, 1,50 ; Anonyme, 5 ; L. Roche, 1 ; E. Vedrines, 5 ; Isidore Martin, 10 ; Anonyme, 10 ; L. Vedrines, 5 ; E. Pécoul, 5 ; anonyme, 5 ; Capitaine Vivet, 20 ; V. Elisa Pelin, 10 ; V. Augustine Perrin, 20 ; Chanoine Ruat, curé de Cavaillon, 50 ; Andrea Roche Ayel, 5 ; Marie Aubert, 2 ; Berbiguier Aubepart, 3 ; Marie Berbiguier, 5 ; G. Gromelle, 2 ; Paul Soumille, 1 ; Marius Pécoul, 2 ; Anonyme, 5 ; Paul Brémond, 5 ; Gabriel Brémond, 5 ; V. Rose Brémond, 5 ; Vallier, 2 ; Louis Aubert, 2 ; Victor Roche, 1 ; Daniel, 5 ; Louis Berbiguier (passeur), 10 ; famille Louis Roche, 20 ; Julia de Valois, 10 ; famille Arnoux, 10 ; Maria Martin, 5 ; Gaston Albert, Marie Louise Cambe, 20 ; Léonie Roche (le four), 5 ; famille Roche, 20 ; Anonyme, 3 ; C. R., 5 ; Augusta Arnoux, 1 ; Casimir Roche, 5 ; Adelaide Bernard, 0,50 ; Joseph Ferragut, 5 ; Louise Brémond, 2 ; Henri Roche, Orange, 15 ; Léonie Vivet, Orange, 5 ; Louis Deyren, 5 ; Thérèse Bonnet, 10 ; Talon, jardinier, 2 ; Lassia, jardinier, 2 ; Paul Arnoux, 5 ; Point Adrien, 5 ; Chastan Auguste, 2 ; Andrienne Moulet, 1 ; Andrien Moulet, 1 ; Louise Raymond, 5 ; Anonyme, 5 -
 Total : 1040 Fr. 50.
 Merci à ces généreux souscripteurs, merci d’avance à ceux qui viendront se joindre à eux, et sincères remerciements aux personnes dévouées qui ont bien voulu prendre l’initiative de cette œuvre de piété et de reconnaissance
 FIN