le petit caderoussier décembre 1927

15 juillet 2019

DECEMBRE 1927

LE PETIT CADEROUSSIER
 
Bulletin Mensuel

Lisez et faites lire Conservez chaque Numéro
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SOCIETE DE LA BONNE PRESS DU MIDI
à VAISON (Vaucluse)

 
Le Petit Caderoussier
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 Caderousse, 10 Novembre 1927
 Mes chers Paroissiens,
Le Bon Dieu, dans sa sagesse adorable, nous ménage des alternatives de profondes douleurs et de grandes consolations. Il en agit ainsi envers ses élus, pour que tout tourne à leur bien, et contribue à les faire avancer dans la voie de leur sanctification. C’est du reste, l’enseignement de l’apôtre St-Paul, qui écrit aux Romains : « Seimus quoniam diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum, iis qui secundum propositum vocati sunt sancti. – Nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qu’il a appelés, selon son décret, pour être saints (Rom. 8-28) ».
La profonde douleur dont votre curé a été frappé, le jour même de la clôture de la Mission, vous la connaissez ; et, dans votre filial empressement vous lui avez apporté des témoignages de la plus affectueuse sympathie. Si je vous parle, dans cette lettre-chronique, de la perte foudroyante de cette nièce, emportée dans la fleur de ses vingt ans, c’est d’abord pour vous remercier de la part que vous avez prise à mon deuil ; c’est ensuite, pour vous demander des prières en faveur de celle qui n’a pas eu la consolation de me voir à son chevet de mort. Puisse le ciel s’ouvrir bientôt devant elle !
Quant à notre mission, que vous avez si bien suivie, que vous dirai-je ? Si non ce que nos Missionnaires et notre Archevêque bien-aimé vous ont répété avec une si prenante éloquence. Vous êtes revenus à Dieu et à la pratique de votre Sainte Religion, le plus grand nombre du moins, vous avez pacifié vos âmes et vous vous êtes assis à ce banquet eucharistique pour sceller votre réconciliation avec notre père céleste, qui est le père de la grande famille catholique. C’est très bien ; mais continuez et que l’ébranlement si édifiant qui s’est produit dans ma chère paroisse de Caderousse ne soit pas un ébranlement de circonstance, une sorte de feu de paille, qui s’éteint bien vite, et duquel on conserve sans doute un agréable souvenir, mais qui n’a pas la vertu d’entretenir et d’augmenter le feu sacré des saintes résolutions. Jésus est passé chez vous : vous l’avez reçu. Avec les disciples d’Emmaüs vous lui avez dit : « Mane nobiscum, Domine ». Restez avec nous Seigneur. Quoniam advesperascit », car dehors il fait nuit. Gardez le bien dans vos âmes, dans vos foyers. Qu’il règne en maître et qu’il jouisse d’un doux repos dans la famille paroissiale. C’est son désir, c’est le vôtre à cette heure ! Que ce soit le vôtre désormais et pour toute votre vie.
- J’arrive, enfin, à la splendide fête du 23, jour de la glorification de notre belle et bien-aimée bienheureuse, Marie-Rose, la si bien nommée qui, de par la Providence, comme m’écrivait Monseigneur l’Archevêque devient la protectrice de mon peuple. Comme vous le savez déjà, le plan de cette fête avait été élaboré d’accord avec les membres de notre Association paroissiale ; et notre Archevêque vénéré avait bien voulu l’accepter. Il s’y est soumis avec une bonne grâce charmante. Sa Grandeur a été ravie de la manière dont vous l’avez remerciée. Votre affluence enthousiaste lui a été au cœur. Elle a daigné m’écrire : « Qu’elle conserverait le plus doux souvenir de cette fête du 23. Ce jour a été assez beau, pour qu’il devienne mémorable pour vous. Vous vous rappellerez volontiers, les si touchantes cérémonies du matin, et du soir, où tout contribua à la gloire de Dieu, à l’honneur de Marie-Rose, et au bien des âmes. Je ne vous en fais pas l’historique : il serait trop long. Je me contente de mettre sous vos yeux quelques documents que vous conserverez et que vous relirez de temps en temps avec plaisir et édification. En terminant cette lettre, je vous annonce qu’à partir du 1er Janvier, le Petit Caderoussier prendra le nom de « Voix de la Bse Marie-Rose ». C’est, en effet, notre Bienheureuse qui vous parlera elle-même, et de laquelle moi, son apôtre, je vous parlerai bien souvent. Que tous les foyers se disposent à lui faire bon accueil ! Bien que l’impression ait doublé de prix, Marie-Rose ne voudra pas se faire payer plus cher que le Petit Caderoussier ; ce sera toujours cinq francs pour les abonnés du pays et dix francs pour ceux du dehors.
 Votre curé
 Henri BLANC.
P. S. – Que les zélatrices des différentes œuvres : Suffrage, Propagation de la Foi, etc. etc. n’oublient pas de recueillir les cotisations durant le mois de décembre.
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RAPPORT DE M. LE CURE A Mgr L’ARCHEVEQUE
 Monseigneur,
Hoec est dies quam fecit Dominus. – C’est le jour que le Seigneur a fait ! – Tel est le cri de mon cœur à cette heure ; cri de joyeuse allégresse, cri de profonde reconnaissance. Cri de joyeuse allégresse : il y a si longtemps que je l’attendais, ce jour ! et, dans les moments difficiles, je désespérais presque de le voir. Dieu, pour remonter mon courage, ne m’envoyant pas un ange du ciel, mais mes fidèles eux-mêmes qui, pressentant mes angoisses, s’empressaient autour de moi, et m’exhortaient à poursuivre l’œuvre commencée, en me disant : « Continuez, monsieur le curé, nous sommes là, les concours ne vous manqueront pas ». En effet, ils ne m’ont jamais manqué, Monseigneur, et l’œuvre est finie. C’est pourquoi mon cri est aussi un cri de profonde reconnaissance ; d’abord pour Dieu, l’auteur de tout bien et de tous les dévouements ; ensuite pour M. le comte et Mme la Contesse de Lafarge, dont le nom est synonyme de bonté et qui ne se sont jamais lassés de mes appels : pour la si nombreuse et si belle parenté de notre bienheureuse Marie-Rose de Loye, qui a revendiqué si fièrement de prendre à sa charge les frais de l’Exaltation de la Tante vénérée ; pour les trois cents famille de ma paroisse qui, à différentes reprises, m’ont apporté leurs offrandes, dont le montant s’élève à 35.000 francs. C’est un joli bouquet, n’est-ce pas, Monseigneur, de la part d’une population qu’on calomnie trop facilement parce qu’on ne la connaît pas ? Aussi, afin de montrer à cette chère population que tout ce qu’on pouvait dire contre elle, n’était pas capable de m’émouvoir, je me suis donné à elle corps et âme, pour procurer son bien spirituel. J’ai appelé, à l’occasion, à mon aide des hommes de Dieu, qui vinssent supplées mon insuffisance, c’est ce qui explique cette mission. Commencée, il y a huit jours, sous les auspices de Marie Immaculée et de notre chère bienheureuse Marie-Rose, elle permet les plus légitimes espoirs, les deux fils de St-Vincent de Paul qui la prêchent, sont dignes de leur Père ; ils en ont l’âme toute de charité qui sait trouver les accents, capable de toucher les cœurs et de les gagner.
Ce soir Votre Grandeur présidera la cérémonie de l’exaltation de notre sainte Martyre. En bénissant sa statue, vous nous rendrez ses traits présents parmi nous, parce que nous l’aimons comme nôtre et que par les faveurs déjà accordées, elle semble avoir voulu anticiper sur le culte que nous nous engageons à lui rendre, nous attendons cette cérémonie avec impatience.
Marie-Rose sera désormais la Rose du Cœur de Jésus, que nous offrirons à ce divin Maître, dans nos repentirs, dans nos besoins et dans nos demandes. Elle voudra bien s’en souvenir. Que dès aujourd’hui, elle le montre : pour Caderousse, c’est le jour de son joyeux avènement ; et elle a tous les droits sur les parterres de son Epoux divin. Qu’elle y coupe, sans compter, toutes les roses de grâces qui conviennent à chacun d’entre nous. Qu’elle les laisse tomber sur notre Archevêque bien-aimé pour nous le garder et le consoler ; sur sa famille spirituelle et sur sa parenté si dignement représentée ici ; sur nos missionnaires et sur son panégyriste qui chantera ses louanges ; sur nos grands bienfaiteurs qui le méritent, sur tous les habitants de cette paroisse qui devient la sienne et qu’elle a déjà adoptée.
Pourrait-elle oublier l’artiste qui a si finement modelé ses traits sur un granit si dur ? Enfin, j’espère qu’elle voudra bien faire tomber quelques pétales sur l’humble curé qui l’implore à cette heure ; il sera l’apôtre de son culte et il en est tout heureux.
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PANEGYRIQUE DE LA BIENHEUREUSE MARIE-ROSE

Voici que le Bon Dieu vient de faire pour nous une grande merveille.
Comme ces étoiles, qui restent longtemps sans se montrer, et qui tout à coup brillent dans le ciel d’un éclat éblouissant, ainsi, après plus d’un siècle d’attente, une étoile nouvelle vient de se lever au firmament de l’Eglise universelle.
Une petite fille du Comta reçoit au baptême les prénoms de Agathe Suzanne, qui signifient : le beau lis. Elle entre au couvent, où on lui donne le nom de sœur Marie-Rose. Cela se passait ici même dans le jardin de Caderousse, dont le nom prédestiné signifie précisément : le champ fleuri ou le champ des roses.
Alors cette fleur, qui, comme par hasard, est venue s’épanouir sur la rive de notre grand fleuve, comment l’appellerons-nous ? Suzanne Agathe ou bien Marie-Rose ? Le beau lys ? ou bien la Belle Rose ?
A cette question, le Saint-Esprit a répondu, ce me semble, lorsque voilà quelques trente siècles, (mais pour lui, les siècles ne comptent pas), il dictait au roi Salomon un verset du livre de la Sagesse. En quelques mots, ce verset résume, avec une précision étrange, véritablement prophétique, toute la vie de notre Bienheureuse.
 Florete flores quasi lilium
 Faites germer votre fleur comme le lys ;
Quasi rosa plantata super rivos aquarum fructificate,
Croissez comme la rose au bord des eaux courantes ;
Enfin, date odorem et collaudate cantiquum,
Exhalez votre parfum et chantez un cantique de louanges.
Oui, certainement, le Saint-Esprit pensait à notre Bienheureuse,
Lorsqu’il dictait ces paroles remplies de mystère :
En effet, le lys a germé sur les coteaux ensoleillés de Sérignan, florete quasi lilium.
Le rose s’est épanouie au bord des eaux courantes,
Quasi rosa plantata super rivos aquarum.
Enfin, c’est à Orange, dans une tragique soirée d’été que la fleur merveilleuse exhala son parfum et que le cantique d’action de grâces fut chanté, date odorem et collaudate canticum.
De tout cela une chose est à retenir :
C’est que cette fleur miraculeuse qui ressemble à la fois au lis et à la rose, c’est dans le Comta, dans notre sol, qu’elle a germé.
Elle est de notre sang.
Ce sont les sucs de notre terre, la rosée de notre ciel, la lumière de notre soleil qui l’on fait grandir ; et c’est notre grand vent souverain, le mistral, qui l’a bercée et même secouée sur sa tige, avec parfois des allures de tempête.
Enfin, c’est à Orange qu’elle a été brutalement fauchée.
Elle est donc bien à nous,
La rose épanouie au bord des eaux courantes,
Elle nous appartient.
Elle est nôtre,
Réellement Dieu nous l’a donnée.
Pour cet incomparable don, que le Bon Dieu soit béni.
Tout comme cette charmante Sainte qui se plaisait à dire :
« Quand je serai au ciel, je ferai pleuvoir sur la terre des pétales de roses », ainsi notre Bienheureuse, aussi douce et bienfaisante que les fleurs dont elle porte le nom, passe son éternité à faire germer dans les âmes des lis et des roses :
Des lis, et c’est la pureté :
Des roses empourprées, et c’est le courage de vivre chrétiennement et de faire son devoir jusqu’au bout.
On écrit à Lisieux pour obtenir des grâces. On a raison. On devrait de même écrire à Caderousse et se tourner vers la bienheureuse Marie-Rose pour obtenir la grâce des grâces, c’est-à-dire la grâce de persévérer dans l’amour et la grâce de bien mourir.
Moi qui, peut-être, mieux que d’autres la connais pour avoir davantage éprouvé sa protection toute-puissante, je suis venu tout exprès pour vous parler de votre petite Bienheureuse et vous conter tous les chapitres de sa courte histoire.
Et vraiment, ce sera merveille, de suivre dans tous ses détails l’opération divine : de voir le Bon Dieu, comme un jardinier très habile préparer son gracieux chef d’œuvre : disposer toutes choses, pour que la fleur incomparable germe, grandisse et s’épanouisse enfin dans une incomparable apothéose.
La connaissant mieux, votre chère Marie-Rose vous l’aimerez, pour sûr, elle est si belle, et si aimable, et si bienfaisante ;
La connaissant mieux, vous la prierez avec plus de confiance.
La connaissant mieux, vous obtiendrez la pluie de fleurs,
Qu’elle ne demande qu’à faire descendre du ciel : pétales de lys, pétales de roses, toutes les grâces temporelles et spirituelles dont vous avez besoin.

Monseigneur,
Il y a deux ans, les carillons et les Te Deum qui célébraient la béatification de nos martyres saluaient en même temps l’entrée de Votre Grandeur dans Avignon, dans Orange, dans Bollène, dans Carpentras. Et voici qu’aujourd’hui, vous venez par votre présence rendre un incomparable hommage à la première des 32. Très grand honneur, certes pour cette petite cité comtadine de vous posséder dans ses murs.
Mais puisque dans la personne de la bienheureuse Marie-Rose, nous célébrons la fête de la vaillance et du courage, la présidence d’un ancien aumônier militaire me parait tout indiquée ce soir.
Dans le salut respectueux et filial que j’ai la joie d’adresser à votre Grandeur, vous me permettrez de joindre l’auteur principal de cette solennité, le prêtre sans qui, cette belle fête n’aurait certainement pas eu lieu. Avec un goût très averti, il a su réparer, rajeunir l’antique église de Caderousse, véritable bijou, synthèse de l’art roman et gothique. D’une plume érudite et entrainante, il sut malgré la difficulté du sujet, tracer une biographie complète de la Bienheureuse. Enfin, il a su disposer toutes choses pour que, après un siècle d’absence, Marie-Rose rentre en triomphe dans son Caderousse. Que, sur vous Monseigneur et sur lui Notre Bienheureuse fasse pleuvoir ses lys et ses roses.
Voyons maintenant les travaux du divin jardinier.

 PREMIERE PARTIE

FLORETE QUASI LILIUM
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Quand il s’agit de semer une graine précieuse, le bon jardinier commence par préparer le terrain.
Or, sachez que le Bon Dieu n’est jamais pressé dans ses opérations. Qui sait depuis combien de siècles, il préparait le sol dans lequel allait germer le lys de Sérignan.
Dès 1470, on trouve un Monseigneur Imbert de Loye qui fut protonotaire apostolique et administrateur de l’Evêché de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Les vieilles chartes ajoutent que dès ces temps lointains, cette famille passait pour une des plus anciennes et des plus chrétiennes du Bas Dauphiné. Puis dans l’intervalle, au cours des siècles, dans cette même famille, on trouve des prêtres et des religieuses de différents ordres.
Il y a des hospitalières pour soigner les malades à Sainte Marthe d’Avignon. Il y a des Ursulines pour faire la classe aux petits enfants de Bollène. Il y a des religieuses pour adorer le St Sacrement. Mais tout cela, ces prêtres et ces religieuses, cette floraison pittoresque de cornettes de toutes les formes et de toutes les couleurs ce n’était encore que les préparatifs.
C’était comme si le Bon Dieu s’essayait la main, avant de faire paraître l’incomparable fleur.
Mais voici un autre signe, encore plus infaillible peut-être, que le divin jardinier prépare le terrain pour une plante de choix. Ecoutez bien, vous surtout, mesdames, que cette observation concerne directement.
Le 11 mai 1614, Georges de Loye, épouse François Ayme et de ce mariage naissent 8 enfants, 5 garçons et 3 filles.
A la génération suivante Pierre de Loye épouse Marguerite Lambert et de ce mariage naissent encore 8 enfants, 5 garçons et 3 filles.
A la génération suivante, Pierre Alexis de Loye épouse Suzanne Jean Clerc et de ce troisième mariage naissent encore 8 enfants, mais cette fois-ci, les chiffres sont inverses 3 garçons et 5 filles. Souveraine éloquence des chiffres, bien mieux que toutes les paroles du monde, cette splendide floraison d’enfants qui, durant 3 et 4 générations successives vient peupler la vieille maison est démonstrative. Quand on songe à ce que 8 enfants à élever, cela peut représenter pour une mère de famille, de peines, de privations et de sacrifices, nous devons nécessairement admettre que les femmes en cette famille étaient des vaillantes.
Evidemment dans une fête virginale comme celle d’aujourd’hui, il ne doit être question que de blancheur, de pureté et d’innocence ; mais puisque vous êtes venus écouter l’histoire de la bienheureuse Ma rie-Rose, avant d’admirer la vaillance de la fille devant la mort, commencez par admirer la vaillance d’une mère qui n’a pas eut peur de la vie et qui ne recula jamais devant l’honneur de la maternité. Oui, admirez et chantez. Mais si, ce que j’ignore, vous n’aviez pas eu le courage d’une telle vaillance commencez par baisser la tête et frappez votre Mea culpa.
Et voilà maintenant le terrain préparé, bien préparé. Le bon jardinier n’a plus qu’à jeter la semence divine.
Elle naquit le jour de la Chandeleur. L’Eglise de Sérignan était encore tout embaumée par le parfum des cierges quand on présenta la petite fille au saint baptême. Si l’abbé Escoffier qui a rédigé en beau matin l’acte officiel avait été prophète, il aurait pu répéter les paroles du vieillard Siméon : Gloria plebis tuoe Israël. Petite enfant, tu seras un jour la gloire de ton peuple. Mais l’excellent curé n’était pas prophète, il se contenta donc d’imposer à l’enfant les prénoms de Agathe Suzanne, et ces deux mots qui signifient le beau lys, appliqués à une petite fille dont rien jamais ne termina la virginale corolle, n’était-ce pas encore une manière de prophétie.
Ah ! petit lys de Sérignan, grandissez vite, car une merveilleuse destinée vous attend.
Et il grandit le petit lys, il grandit entouré de ses nombreux frères et sœurs.
Si les parents pouvaient deviner la grandeur future de leurs enfants, avec quels soins ils conserveraient pour la postérité les plus lointains souvenirs. Quel plaisir nous aurions à savoir : comment se fit le premier éveil de son intelligence, quels étaient ses jeux préférés, comment elle réussissait dans ses études ; détails charmants pour notre curiosité.
Mais c’est pour accomplir ses desseins et non pas pour faire la joie des historiens et des archéologues que le Bon Dieu envoie sur la terre des génies ou des saints. D’ailleurs, les quelques détails qui ont surnagé de l’enfance de notre bienheureuse suffisent à nous instruire et à nous édifier.
Nous savons entre autres choses, que le père de Marie-Rose Pierre Alexis était un véritable patriarche, vivant comme un roi absolu au milieu de son petit peuple ; un peu rude peut-être, mais sa piété profonde tempérait sa rudesse. Il mourut prieur des Pénitents, et fut enseveli dans la chapelle de la confrérie.
Nous savons qu’attenant à la maison, il y avait un beau jardin, un de ces jardins carrés, sans prétention, comme il s’en trouve encore dans les villes du Comtat, avec des légumes, des fruits, quelques fleurs et un ruisseau d’eau courante qui le traverse. C’est la petite rivière qui fait tourner la grande roue de la filature et qui fait aussi la joie des petits enfants. Riens charmants avec lesquels le bon Dieu préparait son chef-d’œuvre façonnant ainsi, au milieu de cette verdure et de cette fraîcheur et de cette lumière et de toute cette jeunesse qui grandit autour d’elle l’âme de la bienheureuse Marie-Rose. Car la foi nous enseigne que toutes choses sont disposées en faveur des élus et la formation d’une sainte c’est le suprême effort de sa puissance divine.
Or, il est décidé dans les décrets éternels que cette petite comtadine sera séduisante comme les fleurs. Tout en elle doit être charmant et les paroles, et les réparties et les gestes et les chants et même simplement les pas et la démarche.
Marie-Rose, véritable rose mystique, il faut bien qu’elle soit séduisante, elle qui doit marcher la première, pour que les autres marchent à la suite.
Nous savons encore que dans cette maison bénie, les lois de l’église étaient exactement observées. Un vieux livre de raison en donne une preuve péremptoire qu’il me faut vous citer avec tout le piquant de sa saveur provençale.
C’était vers la mi-février, quelques jours avant l’ouverture du carême, Pierre Alexis ramenait à Sérignan sa charrette chargée d’une énorme provision de poisson salé, le mot technique s’impose, une véritable garnison de morues. Sur la place du village un groupe de badauds le regardent passer. Aussitôt, avec la familiarité qui était le propre de ces temps aristocratiques, ils lui décochent des lazzis : (Vé de tavelaire té vos faire merlussier). Ainsi de filateur tu veux te veux te faire marchand de morues. Mais lui, sans se troubler le moins du monde, de répondre avec un fin sourire : (Nàni ! pas merlussié mai merlussejaire). Pas marchand de morue mais mangeur de morues.
En réalité, ce minime détail, culinaire, en dit bien plus long qu’il n’est gros. Il suffit à nous révéler en Pierre Alexis un provençal spirituel, prompt à la riposte, connaissant toutes les finesses de sa jolie langue maternelle ; et en même temps, un chrétien fervent qui n’a pas peur d’avouer en pleine place publique, qu’il va faire maigre pendant tout le carême.
Mais l’histoire nous a conservé de plus graves souvenirs. Quand la révolution prétendit imposer à tous les prêtres sous peine de déportation, un serment schismatique, l’abbé Berthout reçoit l’hospitalité dans la maison de Loye. Dans cette maison, on m’a fait voir un vaste grenier qui s’appelle encore la chambre du blé.
L’histoire dit que la moisson venait d’être faite. Déjà le grain était ensaché ; avec soin, on avait disposé les sacs remplis de blé de façon à ménager une petite cachette. Il suffisait de faire basculer un sac pour en dissimuler l’entrée.
C’est là que le malheureux prêtre proscrit passait ses journées dans les transes, prêt à répondre au péril de sa vie, au premier appel des malades et des mourants. A deux heures du matin, il se levait à tâtons descendait l’escalier à pas de loup sans lumière pour ne pas attirer les soupçons des voisins, et il célébrait la messe au fond d’une cave.
Et voilà ce que nous savons du milieu ou vécut la bienheureuse Marie-Rose.
Bien minces souvenirs, dira quelqu’un ?
Oh ! que non pas. Il y a dans la description que je viens de vous faire tous les traits essentiels du tableau. Femmes vaillantes, hommes sans respect humain, fidélité aux lois de Dieu, traditions chrétiennes, charité sans bornes, services rendus à l’église. En vérité rien ne manque à ce splendide tableau d’honneur.
Aussi quand la future martyre âgée de 20 ans se leva pour dire à sa mère qu’elle doit la quitter pour se vouer entièrement au service de Dieu, non seulement, la mère malgré sa récente viduité ne met pas d’obstacle ; mais elle répond qu’une fille religieuse, c’est un grand honneur pour toute la famille.
Oui, en effet un grand honneur pour toute la famille.
Mais qu’aurait-elle dit, cette mère émerveillée, s’il lui avait été donné de soulever par avance un coin du voile qui cachait l’avenir et de voir l’image de cette fille apparaître tout-à-coup dans la gloire du Bernin au milieu de St-Pierre de Rome, et de voir le vicaire du Christ sur la terre, précédé de 30 cardinaux vêtus de pourpre, et suivi de sa cour fastueuse et splendide, se prosterner humblement devant son image.

DEUXIEME PARTIE
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QUASI ROSA PLANTATA SUPER RIVOS AQUARUM
En attendant nous sommes à Caderousse le 14 janvier 1760. Figurez-vous ce que pouvait être en ces temps-là une prise d’habits chez vos bénédictines.
Dès le matin on s’entasse laborieusement dans la chapelle de l’abbaye. Pensez donc, il y a les parents, et leurs amis et leurs voisins, toute la bourgeoisie de la ville et des environs.
Bientôt une rumeur, la porte s’ouvre à deux battants, on fait silence et on se dresse pour ne rien perdre du défilé. Demoiselle Suzanne Agathe de Loye en robe de mariée et grand bonnet de dentelles, s’avance au bras de son frère aîné Pierre Alexis, qui remplace le père mort depuis 3 ans. Les parents riches filateurs ont bien fait les choses. La robe de mariée en lourde étoffe de soie, brochée de gros bouquets pompadour, avec une longue traine qu’une petite servante doit soutenir, est une véritable merveille. Et le frère et la sœur en grande parure forment un couple charmant qui retient tous les yeux.
Mais voici Monseigneur d’Orange.
Bien qu’il soit cassé par l’âge, songez donc qu’il occupe le siège épiscopal, depuis plus de 30 ans et qu’il démissionnera bientôt à cause de ses infirmités, le vieil évêque aime venir à Caderousse. Les bénédictines sont ses filles de prédilection, d’autant qu’il les a établies dans sa maison de campagne et que sa plus jeune sœur Geneviève est l’abbesse du monastère.
Naturellement Monseigneur François André de Tilly Roussel a des gestes de gentilhomme pour distribuer ses bénédictions, tandis que la jeune postulante le salue d’une de ces révérences en douze temps dont le 18e siècle a conservé le secret.
Aussitôt la cérémonie commence. Nous en connaissons tous les détails. Le pontife assis dans un fauteuil, mitre en tête, pose à la postulante quelques questions rituelles. Avec des ciseaux d’argent il coupe une mèche de cheveux. Il bénit les diverses pièces de l’habit monastique. Et puis tandis que le chœur chante avec l’In exitu Israël de Egypto, la délivrance de la captivité, madame l’abbesse prend la jeune religieuse par la main, et la conduit dans l’intérieur du couvent. Et alors la grille de la clôture se referme pour jamais.
Evidemment, vous qui vous êtes réunis ce soir dans cette église pour entendre l’histoire d’une religieuse, vous n’êtes certainement pas de ces esprits primaires et grossiers qui mâchonnent un affreux blasphème chaque fois qu’ils passent devant un couvent.
Mais peut-être, au moment où la lourde grille de fer se referme sur la sœur Marie-Rose un frisson de tristesse et de regret, étreint-il votre cœur. Plus d’un parmi vous se demande-t-il s’il n’y a pas là une erreur ? Si cette charmante petite comtadine de 20 ans n’est pas une victime inutilement immolée. Au lieu de s’enfermer ainsi derrière les murs d’un cloitre ne pouvait-elle pas employer plus utilement sa vie ? Ne pouvait-elle pas, soigner des malades, enseigner le catéchisme aux petits enfants ?
Et la Sainte Eglise répond : Oui, certainement, il me faut des sœurs de charité, et c’est une de mes gloires les plus pures de trouver dans tous les siècles des mains délicates pour soigner les membres souffrants de mon Epoux. Il me faut aussi des apôtres dévoués pour parler de Jésus aux petits enfants… Mais avant toutes choses, je suis une société spirituelle et j’ai par-dessus tout besoin de prières.
De par le vaste monde, il y a tant de gens qui ne prient jamais. Il en est si peu qui sachent bien prier. C’est pourquoi j’ai besoin d’âmes pures et vaillantes qui se séparent du monde pour se vouer exclusivement au labeur surhumain de la prière.
Opus divinum, le travail divin par excellence.
Prier pour ceux qui ne prient pas.
Expier, expier c’est-à-dire souffrir pour ceux qui ne pensent qu’à jouir et jouir de plaisir défendus.
Aimer surtout pour ceux qui ne savent pas aimer.
Prier, souffrir, aimer, ces trois mots me paraissent justifier pleinement la vocation des contemplatifs et en même temps résumer toute la vie religieuse de la sœur Marie-Rose.
Ici gardez-vous de vous laisser entraîner par la poésie des mots. Il n’y a pas sur la terre de rose sans épines. Autour de notre Rose mystique les épines n’ont pas manqué… Mon entrée au couvent fut une agonie, a écrit sœur Thérèse de l’Enfant Jésus… Jamais personne comprendra ce que j’ai souffert ce matin-là, et cependant que Dieu est bon ».
Hélas le Bon Dieu n’a pas voulu que les premières désolations de la sœur Marie-Rose parviennent jusqu’à nous. Mais ce que je puis vous dire, c’est que si au matin de sa prise d’habit ses yeux sont remplis de larmes, son cœur est rempli d’amour. Oui, il fallait beaucoup d’amour à cette jeune fille élégante et riche pour troquer sa belle robe de soie blanche et la coiffe de dentelles fines contre la tunique aux grands plis rigides et le voile de laine noire.
Il fallait beaucoup d’amour à cette enfant insouciante et libre, pour quitter sans espoir de retour la maison de Sérignan avec le grand jardin rempli des voix joyeuses de ses petites sœurs, la plus jeune Thérèse Marguerite n’a pas 8 ans.
Oh qu’il devait être puissant, puissant comme la mort, l’amour qui donnait à cette fille très tendre le courage de se séparer de sa mère. Et tout cela toutes ses séparations Marie-Rose accepte librement généreusement, parce qu’elle aime Dieu plus que tout.
Et c’est ainsi que dès son entrée dans la vie religieuse, la Rose de Caderousse réalisa son nom.
Les séparations, les sacrifices, les mortifications, ce sont les épines et l’amour de Dieu qui embaume tout, qui embellit, qui rend tout facile, c’est la rose.
Mais dites-moi qui donc lorsque la fleur s’épanouit dans tout son éclat, lorsqu’elle exhale dans la brise du soir ses parfums capiteux qui donc fait attention aux épines qui l’entourent ? Les épines sont bien petites et la fleur est si belle !
Oh bien sûr ! de même qu’il y a des gens qui ne peuvent pas comprendre l’algèbre ; il y a des esprits tellement enfoncés dans la matière qu’ils ne peuvent pas comprendre ce qui fait les délices de ces âmes prédestinées. Mais leur impuissance à comprendre est-elle une raison bien sérieuse pour douter de leur réalité ?
Vous savez tous qu’il y a des fleurs très précieuses qui ne poussent que sur la cime des montagnes, au bord des précipices, à la limite immaculée des neiges éternelles. Il serait un ignorant grossier celui qui oserait nier existence de ces fleurs sous prétexte qu’il n’a jamais pu les acclimater dans son jardin potager… et qui contesterait le merveilleux éclat de leur corolle parce que cette corolle se ferme et se fane dès qu’on les descend dans la plaine ?
Or l’âme véritablement religieuse et sacerdotale est semblable à ces fleurs de choix. Elle a besoin de solitude et de silence pour germer. Et pour qu’elle s’épanouisse il faut qu’elle soit loin des souillures et des vilenies de la terre, dans l’air pur et léger des sommets tout près du véritable soleil qui est Dieu.
Arrière par conséquent les imbéciles et les menteurs, qui veulent nous représenter les religieuses et les prêtres comme des êtres inférieurs, ignorants et diminués.
Bien au contraire. Soulevés au dessus des préoccupations égoïstes de la terre, détachés des passions mesquines et méchantes qui agitent les hommes, autant que le permet l’humaine faiblesse, ils passent leur vie dans la splendeur, dans l’idéal et dans l’amour.
Jeunes filles et jeunes gens qui vous trouvez réunis dans cette église pour la célébrer, que la sœur Marie-Rose de la voix puissante et douce vous fasse comprendre la beauté suprême de la vocation religieuse. Et vous parents chrétiens, le jour ou vos enfants vous demanderont d’être pleinement au service de Dieu, comprenez qu’ils choisissent la meilleure part et gardez-vous bien de la leur enlever.

TROISIEME PARTIE
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DATE ODOREM ET COLLAUDATE CANTICUM
Avant de déclarer de façon officielle, qu’une âme est certainement au ciel, l’Eglise procède à la plus minutieuse des enquêtes. Pour les martyres d’Orange, leur innocence était si évidente, leur héroïsme tellement éclatant, que la procédure fut relativement rapide. Les divers procès n’ont duré que 25 ans.
Or au milieu de toutes paperasses amoncelées de la sorte, pour glorifier ces incomparables vierges, il y a une ligne qui concerne directement notre bienheureuse et qui dans un raccourci saisissant définit son incontestable primauté, une belle parole pour dire une belle chose… Ecoutez : « Gloriosi hujus manipuli princeps extat soror Maria-Rosa. Ce qui peut se traduire : En tête de la glorieuse phalange marche à part, tel un chef intrépide, telle une glorieuse princesse, la sœur Marie-Rose ».
Suivons donc la marche de cette princesse glorieuse, marche qui va la mener jusqu’au ciel.
La première station de cette voie douloureuse est ici même vers le 20 septembre 1792. Les rues habituellement si tranquilles de votre ville sont envahies. A pleines voitures arrivent commissaires de police, représentants du peuple, agents du district. Ces apôtres de l’égalité ont soin de se distinguer par de larges écharpes et de grands plumets tricolores à leurs chapeaux. Ils sont suivis d’une forte escorte de gardes nationaux car ces vaillants patriotes ont besoin de se sentir appuyés par la troupe pour affronter 15 religieuses.
Ils frappent à la porte de l’Abbaye. Au nom de la loi ouvrez. Les pauvres Bénédictines ouvrent en tremblant. On les réunit dans le parloir et là on leur déclare que leurs vœux sont abolis et que désormais elles sont libres, absolument libres, et que précisément parce qu’elles sont libres, elles sont obligées de quitter immédiatement leur maison. Ainsi fut fait. L’office divin fut brusquement interrompu et les moniales se dispersèrent aux 4 vents du ciel. Oh jour de deuil ! Combien votre charmante petite ville perdit non seulement de sainteté, mais encore d’élégance et de beauté le jour où sa petite abbaye bénédictine se trouva profanée pour toujours.
Pour Marie-Rose, la seconde station de la voie douloureuse fut à la mairie de Sérignan, le jour où, les autorités municipales firent comparaître toutes les ci-devant religieuses et les sommèrent de prêter le serment schismatique. Oh, elle aurait pu, comme tant d’autres, se disperser de comparaître, sous quelque prétexte de santé, ou bien prêter du bout des lèvres, le serment, quitte à le démentir ensuite.
Ce serait ne pas la connaître, Marie-Rose prêter un serment que sa conscience réprouve ! Marie-Rose se cachant, comme si elle avait peur ! Marie-Rose faire porter malade comme un mauvais soldat ! Noblement, fièrement, ou plutôt chrétiennement, elle refuse le parjure qu’on lui demande… Aussitôt, on la déclare suspecte. On l’arrête, on la jette sur la charrette que l’on vient de réquisitionner, c’est justement celle de son frère Alexis et on la conduit sous bonne garde dans les prisons d’Orange.
Et le tragique chemin de croix continue à Orange, dans la prison de la cure adossée au chevet de la cathédrale. Qui dira ce que souffrirent pendant deux mois d’été, ces malheureuses femmes entassées par centaines dans un espace insuffisant. Mais dès leur entrée, les religieuses donnent à toutes, l’exemple de la charité et du courage. Comme les premiers chrétiens dans le cénacle, elles mettent tout en commun, le linge, l’argent, les petites provisions que le temps à autre, on leur apporte de Sérignan. Mieux que cela, chacune renonçant aux petites particularités de sa congrégation se soumet à un même règlement et accepte une supérieure commune. Véritablement elles n’étaient qu’un cœur et qu’une âme.
C’est dans cette atmosphère de souffrance mais en même temps de prière et de charité que la Rose du Comta achève de s’épanouir.
Pourquoi le samedi 5 juillet vers les 9 heures, le nom de Suzanne Agathe de Loye fut-il prononcé avant tous les autres. Sans doute parce qu’elle est toute seule de sa congrégation. Et avec une habilité infernale les bandits supposent que cette pauvre femme isolée, n’étant plus soutenue par la présence et par l’exemple de ses compagnes apostasiera. De fait que Marie-Rose ait un seul instant de faiblesse, que seulement elle prononce quelques paroles équivoques, et combien d’autres après elle, prendront le chemin de la lâcheté ?
Dès ce matin du 5 juillet Marie Rose commence à se détacher en avant du groupe héroïque. De longue date la Providence l’a préparée pour marcher en tête et donner l’exemple.
Princeps extat soror Maria Rosa.
Les audiences furent longues et pénibles. Il faisait très chaud. Sans le moindre prétexte, uniquement pour égarer l’opinion, l’accusateur avait joint le dossier de la ci-devant religieuse à celui des fédéralistes de Cabrières. Au cours des débats des témoins essaient de sauver leurs proches. On les accuse aussitôt de manquer de civisme et on commence leur procès. Toute la journée y passe et quand vint le soir, Marie-Rose est reconduite dans sa prison. Seule des 32 religieuses, elle eut le privilège d’une nouvelle ressemblance avec le divin Maître et d’être comme lui traînée plusieurs fois à travers la ville par une escorte de gendarmes, au milieu d’une populace ameutée.
Enfin le dimanche vers le midi, Fauvety le président de la Commission prononce le jugement. Les termes méritent d’être cités : « Cette fille trop ennemie de la liberté, a tenté de détruire la république par le fanatisme et la superstition. Elle a refusé le serment exigé d’elle. Elle a voulu allumer la guerre civile ». Pour tout cela elle mérite la mort.
Maintenant, c’est fini. Il est 6 heures du soir. Le brûlant soleil de the midor commence à descendre du côté du couchant. Un souffle plus frais passe sur la ville embrasée. L’heure est venue pour la Rose du Comta d’exhaler son parfum.
Sur la place du cirque un petit cortège se forme. Quelques gardes nationaux en armes, deux tambours, l’accusateur public en corps de chemise, manches retroussées, sabre nu à la main. Il fait l’appel des 13 condamnés puis il crie : « En avant ». A son commandement, les tambours battent un pas redoublé qui s’appelle : le pas de la mort, et le cortège des bourreaux et des victimes se met en route.
Oh ! cette marche vers le supplice. Ces quelques cent mètres qui séparent la prison de l’échafaud, la place du cirque de la place de Justice ! La relation dit que Marie-Rose marchait d’un pied ferme, sans trembler, seule femme, au milieu de ces 12 hommes qui allaient mourir avec elle. Elle s’avançait, en compagnie du chanoine Lusignan. Tous deux chantaient ; leurs voix étaient si chaudes, si ardentes, si vibrantes d’amour, qu’on ne savait distinguer, si c’était la religieuse qui encourageait le prêtre ou le prêtre la religieuse.
Elle marche vers l’échafaud.
Elle marche comme Ste-Agnès marchait jadis au milieu du cirque de Rome vers le glaive qui allait lui trancher la tête.
Elle marche, comme Ste-Blandine de Lyon marchait jadis vers les fauves qui allaient la mettre en pièces.
Elle marche comme Jeanne d’Arc marchait jadis vers le Bûcher de Rouen.
Oh chrétiens de Caderousse ! Vous pouvez être fiers de votre Marie-Rose, elle est dans la grande tradition des martyrs.
Oh Bienheureuse Marie-Rose, tu es héroïque entre les héroïques, plus héroïques mêmes que tes héroïques sœurs, parce que tu marches la première, parce que c’est toi qui trace le tragique chemin, parce que c’est toi qui leur as dit par ton exemple comment elles devaient mourir.
Le document Romain a bien raison : Princepts extat soror Maria-Rosa. Elle s’avance comme un chef intrépide, la sœur Marie-Rose.
Elle est au pied de l’échafaud. Il n’y a plus que l’échelle fatale à gravir. Les témoins disent que les martyrs arrivés à ce point de leur calvaire semblaient grandir tout-à-coup et que leur visage s’illuminait d’une beauté céleste. Une très vieille femme qui avait vu cela dans son enfance, à 80 ans d’intervalle, ne pouvait retenir ses larmes, et résumait ses souvenirs dans ces mots : Oh ces religieuses ! Si vous les aviez vues ! Qu’elles étaient grandes ! Qu’elles étaient belles ! Si vous les aviez vues 1.
Cinq marches la séparent encore de la plateforme ruisselante de sang. Ces cinq marches, elle les franchit d’un pied ferme, les yeux levés au ciel, murmurant une prière. Un sourire angélique aux lèvres, elle pose sa tête sur le billot. Un éclair brille dans le soleil couchant, c’est le couperet qui tombe.
Et c’est si calme, et c’est si simple, que les bourreaux s’émerveillent de voir mourir ainsi en riant. Autour de l’échafaud les soldats indignés de l’horrible besogne qu’on leur fait faire versent des larmes silencieuses. Et la foule épouvantée qui remplit la vaste place murmure : seule la religion peut donner le courage de mourir ainsi.
Puis tandis que dans Orange muette de stupeur, d’épouvante, un roulement de tambour lugubre annonce que tout est consommé, de la prison où les autres religieuses attendent leur tour, un cantique s’élève en l’honneur de la sœur Marie-Rose : Te Deum laudamus. Et ce chant de triomphe qui monte d’une prison, au soir d’une journée de massacre ; ce cantique des martyrs de demain saluant la martyre d’aujourd’hui, c’est une des grandes pages dans l’histoire de l’église éternelle. C’est une chose si grande, si belle, si divine, que le St-Esprit a voulu la faire annoncer d’avance par son prophète (Date odorem et collaudate canticum)
(Exhalez votre parfum, et chantez toutes ensemble un cantique de louanges).
20 jours plus tard, la dernière des 32, Thérèse Consolin dira en marchant à la mort qu’elle emporte avec elle la clef de la guillotine, mais dès cette soirée de juillet, les autres religieuses, palpitantes de crainte et d’espoir comprennent que la sœur Marie-Rose vient d’ouvrir pour elles les portes du ciel.
Princeps extat soror Maria-Rosa. Elle marche la première la sœur Marie-Rose.
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Ensuite sous les grands cyprès qui ombragent la petite chapelle, elle semble dormir pendant plus d’un siècle.
Avec la définition de l’Eglise qui la proclame bienheureuse, Marie- Rose semble enfin se réveiller de son sommeil séculaire. Après sa vie douloureuse et sanglante, commence une vie nouvelle, vie glorieuse et féconde qui durera jusqu’à la fin des temps : ad perpetuam rei mémoriam. Elle rentre aujourd’hui dans son Caderousse bien-aimé et vous lui faites un triomphe inoubliable.
Elle entre dans votre belle église remise à neuf,
Elle entre au bruit des acclamations et des cantiques,
Elle entre entourée de guirlandes, de cierges et de fleurs.
Elle entre pour prendre place sur le trône de gloire que vous lui avez préparé.
Elle entre dans votre cité soulevée d’un saint enthousiasme et dans votre ville en fête, vous lui donnez droit de cité.
Mais il ne faudrait pas que ce retour dans Caderousse soit une fête sans lendemain, une agitation inutile est vaine, et c’est une mission, une véritable mission, une mission féconde et durable que le Bon Dieu dans sa miséricorde l’envoie prêcher parmi vous.
(O douce et belle sainte puisque tu reviens aujourd’hui dans ta ville, c’est signe que le bourg et les campagnes de Caderousse ont grand besoin de recevoir ta visite)…
Mais grand Dieu que de choses tu auras à dire à tes compatriotes.
Aux jeunes mères qui hésitent devant les charges de la maternité, rappelle que la tienne n’hésita pas à mettre au monde huit enfants.
Aux hommes qu’arrête si souvent le respect humain et la timidité, rappelle que ton père à toi fréquentait l’église, observait la loi de Dieu et ne craignait pas d’affirmer publiquement sa foi.
Aux jeunes filles, aux jeunes gens si frivoles et si légers dis, ce que tu pensais toi, et du bal et de la toilette et des spectacles, lorsque riche, jeune et belle tu vin à 20 ans t’enfermer au couvent.
Aux cœurs souillés, noircis par le péché, dis, toi qui trouvas le moyen de convertir les méchants qui t’avaient mise à mort, dis que tu excelles à faire éclore les fleurs du repentir, dans les cœurs les plus endurcis.
Mieux encore, car c’est peut-être plus utile, dis, à toutes ces âmes trop attachées aux biens de la terre, à ces pauvres âmes qui ne pensent qu’à gagner de l’argent, à entasser des pièces en rouleaux et des billets en liasses, dis-leur que les trésors d’ici-bas sont périssables, et qu’il faut se préparer un trésor incorruptible dans le ciel.
Et tu iras ainsi désormais, o bienheureuse Marie-Rose, à travers les rues et les chemins de ton Caderousse.
Tu entreras dans les maisons où l’on pleure et tu montreras le ciel.
Tu entreras dans les maisons où l’on souffre et tu aideras les malades à guérir ou à souffrir chrétiennement.
Tu entreras dans les maisons où l’on agonise, et grâce à toi les pauvres mourants s’endormiront comme toi le sourire aux lèvres.
Et telle est la mission de votre bienheureuse.
Voilà ce que le Bon Dieu l’a chargée de vous dire,
Voilà pourquoi il nous l’a rendue,
Voilà ce que son image vous rappellera.
Nous écouterons ses conseils,
Nous imiterons ses exemples, nous la suivrons,
Elle nous conduira au ciel,
Au ciel où dans son aimable compagnie,
Nous dînerons avec les anges. Amen.
 P. VIAL, Compagnie de Jésus.

SEMAINE-RELIGIEUSES DU 30 OCTOBRE 1927
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LES FÊTES DE CADEROUSSE

Par une journée de fêtes solennelles, la petite ville de Caderousse a célébré les vertus héroïques de la Bienheureuse Marie-Rose, qui la première, reçut à Orange, la palme du martyre.
Pour laisser plus vivant dans la mémoire de ses paroissiens le souvenir de ces fêtes, monsieur le Curé a voulu qu’on les célébrât durant une mission, prêchée par des prêtres de Saint-Vincent-de-Paul. A sa prière Monseigneur l’Archevêque les a présidées et sa Grandeur a profité de l’occasion solennelle pour donner la confirmation à neuf enfants de la paroisse et graver ainsi davantage en leur esprit le souvenir du sacrement.
A dix heures, la messe fut dite par un Père Bénédictin ; un Père de la mission parla de la nécessité de la Religion pour la famille, la société, tous les âges et toutes les conditions. Monseigneur avant de conférer la confirmation, encouragea les paroissiens, venus très nombreux, à participer fidèlement à tous les exercices de la mission et adressa quelques mots aux enfants qu’il appela : Promotion de la Bienheureuse Marie-Rose.
Le soir, aux vêpres, le R. P. Vial prononça le panégyrique de la Bienheureuse. Petit-neveu de la martyre, il exprima d’une façon exquise les sentiments qui animaient l’enfant, élevé très chrétiennement, plus tard la religieuse et la martyre. Il sut remuer, émouvoir et édifier l’auditoire très attentif par ses paroles aussi fortes et si saisissantes. Monseigneur bénit ensuite la statue de la Bienheureuse Marie-Rose, donna la Bénédiction du Très-Saint-Sacrement et félicita les paroissiens d’avoir si noblement fêté les vertus de Celle qui, tout près de l’église, dans son couvent de bénédictine, contribua par ses prières à maintenir la foi catholique à Caderousse et qui, aujourd’hui glorieuse au ciel, est toute disposée à répandre sur la cité, comme la Sainte de Lisieux, des pétales de Roses.
Qui pourra dire le bien fait aux âmes par des journées comme celle-là !
Quel est le ligueur de la F. N. C. qui niera le moyen de propagande puissant, en faveur de nos revendications catholiques, que sont ces fêtes, organisées pour célébrer les martyrs et les martyres de prétendues libertés de 1789 ?
Puissent tous ces saints et saintes nous protéger efficacement et nous réveiller si nous dormons ! Mais comment feraient-ils ce miracle, si nous ne les prions pas ?
Méditons ces paroles de Lactance : « Les populations qui oublient le souvenir de leurs martyrs, meurent ».
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LA CROIX D’AVIGNON DU 30 OCTOBRE 1927

CADEROUSSE

Mission et fête du 23 octobre
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Deux Lazaristes de la résidence de Lyon ont commencé une mission à Caderousse le dimanche 16 octobre, à la messe du prône. Avant leur arrivé dans la paroisse, certaines âmes « charitables », comme on en trouve quelquefois, s’étaient-elles lamentées, devant eux, sur l’endurcissement du sol qu’ils avaient accepté de défricher ? Peut-être ; mais les bons Pères n’en avaient eu cure. Ils étaient venus, s’étaient mis à l’œuvre avec un bel entrain, un zèle tout apostolique ; et, ô bonne surprise, deux cents, trois cents, jusqu’à six et sept cents auditeurs et auditrices entouraient leur chaire, ravis enthousiastes, revenant toujours avec un nouvel empressement pour entendre ces bons Pères qui « prêchent et qui chantent si bien ». Le succès dépassait toutes les espérances. Qu’elles ignoraient Caderousse, ces âmes « si charitables » !
Le 23 octobre, ce fut le jour de triomphe de la nouvelle protectrice de Caderousse, la bienheureuse Marie-Rose, la première des trente-deux religieuses d’Orange qui monta sur l’échafaud. Tout contribua à ce triomphe : le temps, l’affluence énorme, l’église si bien parée dans sa jeune restauration : la statue de Marie-Rose dans son costume de bénédictine, taillée dans un bloc de granit et si finement ciselée ; les différentes cérémonies ; mais surtout la présence de notre Archevêque, infatigable dans son dévouement et si aimable et si gracieux ; enfin, le panégyriste de la bienheureuse, qui ne fut autre que le Père Vial, jésuite, arrière-petit-neuve de notre héroïne. Pendant cinquante minutes, le sang faisant vibrer les fibres du cœur, le neveu glorifia la tante dans le plus beau et le plus pathétique des panégyriques. Aussi l’assistance fut transportée, et le cantique de notre Bienheureuse fut chanté, pour la première fois, avec un saint enthousiasme. Que la Bienheureuse Marie-Rose, en retour, fasse tomber du ciel, sur notre Archevêque, sur sa parenté à elle, sur la paroisse de Caderousse : pétales de lys, pétales de roses, c’est-à-dire toutes les grâces temporelles et spirituelles.
 M. P. 

 FIN 
 
 Impr. Bonne-Presse du Midi – Vaison Le Gérant N. MACABET

 

Comment
Se confesser

Aujourd’hui, vous avez décidé de vous confesser.
Mais vous avez perdu l’habitude de vous confesser.
Comment cela se passe-t-il ? Comment faire ?

Ne pas avoir peur. Jésus répète sans cesse : « N’aie pas peur ! Ne crains pas ! »

Avant de penser à vos péchés, pensez à l’amour de Dieu notre Père, au Christ qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie, à l’Esprit Saint qui peut nous éclairer. Pensez à Marie, elle-même sans péché, immaculée, mais aussi notre mère, « refuge des pécheurs ».

Pour parler du pardon, Jésus racontait la parabole du père et de ses deux fils :

« Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient. Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jour après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.

Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir avec les gousses que mangeaient les porcs, et personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : ‘Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers’.
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié, il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le Ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils… » Mais le père dit à ses domestiques : « Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! » Et ils commencèrent la fête. »
 (Luc 15, 11-24)

Le fils prodigue a voulu rompre avec son père et il a gaspillé ses dons. Il a l’honnêteté de le reconnaître. Ayons l’honnêteté de reconnaître nos péchés : en pensées, en paroles, par actions et par omissions.

Toi, tu dis qu’il faut aimer Dieu de tout son cœur, le servir en toute chose…
Moi, je mets Dieu de côté si souvent, mes journées s’écoulent sans prière, sans une pensée pour lui. J’ai trouvé des idoles pour le remplacer : l’abus du sport, de la télé, des jeux vidéo… Il m’arrive de faire appel à la voyance, à la magie, au spiritisme…

Toi, tu dis qu’il faut toujours prier et ne jamais se décourager…
Moi, je compte sur mes seules forces. Je ne remercie pas Dieu pour les grâces reçues. Je suis devenu négligent. Je manque la messe pour un rien. Et, quand arrivent la souffrance, la malade, la mort de quelqu’un, j’accuse Dieu.

Toi, tu dis que tu es la Lumière, le Chemin, la Vérité et La Vie.
Moi, je fais très peu d’efforts pour mieux connaître ton Evangile et l’enseignement de l’Eglise. Je manque de volonté pour m’instruire davantage sur ma foi. Je néglige l’éducation religieuse de mes enfants…

Toi, tu dis qu’il faut respecter Dieu et respecter son prochain.
Moi, je parle de Lui sans respect. Et quand j’entends des plaisanteries autour de moi, je n’ai pas le courage de me montrer chrétien.

Toi, tu dis que tout le bien ou la mal qu’on fait aux autres, c’est à toi qu’on le fait.
Moi, j’ai du mal à aimer. Mes jugements sont souvent rapides ou faux. Je peux être blessant, rancunier, vengeur. Je me moque de ceux qui sont différents par leur culture ou leur religion. Je les exclus et même je les méprise.

Toi, tu dis qu’on ne doit pas tuer.
Moi, je suis capable de démolir les autres. Je peux ruiner leur vie en racontant n’importe quoi. Je peux aussi briser ma propre vie par l’usage excessif de la drogue, de l’alcool, du tabac… Je peux être violent de tant de façons que je peux tuer la vie… Conseiller ou pratiquer l’avortement, l’euthanasie.

Toi, tu dis de ne pas mentir.
Moi, je ne suis pas à un mensonge près. Je triche de bien des manières. Je porte souvent un masque pour cacher mon manque de vérité, de loyauté.

Toi, tu dis de ne pas voler.
Moi, je ne me gêne pas pour prendre et faire mien le bien des autres, à mon travail, dans les magasins…Il m’est arrivé de détruire le bien d’autrui par plaisir ou par vengeance.

Toi, tu dis à la pécheresse : « Va et ne pèche plus ».
Moi, je n’ai pas toujours gardé la pureté. Je cherche dans les revues, des films, ou sur Internet des images qui me détournent du vrai sens de la sexualité. Je ne suis pas toujours fidèle aux engagements de mon mariage.

Toi, tu dis de nous aimer comme tu nous as aimés.
Mon égoïsme, mon sans-gêne, ma mauvaise humeur, mon désir d’avoir toujours raison, mes réponses dures, mes impatiences m’empêchent d’aimer les autres. Il m’arrive de me servir des autres pour aboutir à mes propres fins…

Toi, tu dis que celui qui insulte ou méprise son frère sera jugé.
Moi, j’ai du mal à pardonner aux autres. Je ne me gêne pas pour injurier, pour lancer toutes sortes de bruits, de méchancetés…

Demander à Dieu de nous inspirer un vrai regret.

Devant le prêtre, vous pouvez vous asseoir ou vous mettre à genoux. Une croix, l’aube et l’étole du prêtre sont des signes de la présence de Dieu. Le prêtre est là pour dire comme saint Paul : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ».

Vous pouvez vous présenter au prêtre mais vous n’avez pas à raconter votre vie.

Vous faites le signe de croix, comme Bernadette savait si bien le faire : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».

Si vous avez médité un passage de l’Ecriture, vous le dites au prêtre.

Comme le fils prodigue, vous pouvez commencer la confession de vos péchés en disant : »Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ».

Vous avez péché contre Dieu et contre vos frères. Vous n’avez pas vécu en chrétien : vous dites en quoi vous avez manqué à ce que Dieu attendait de vous.

Parlez librement, sans vous excuser et sans vous accabler.

Au besoin, demandez au prêtre de vous éclairer sur votre responsabilité et sur les moyens de progresser.

Le Prêtre vous adresse quelques mots.

Vous pouvez dire l’acte de contrition :
 Mon Dieu, j’ai péché contre Toi et contre mes frères,
 Mais près de Toi se trouve le pardon.
 Accueille mon repentir et donne-moi la force de vivre
 selon Ton amour.

Le prêtre vous donne le pardon de Dieu :
 Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde.
Par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui, et il a envoyé l’Esprit-Saint pour la rémission des péchés.
 Par le ministère de l’Eglise, qu’il vous donne le pardon et la paix.
 Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés.

Vous répondez : Amen.

Si le prêtre juge que vous n’êtes pas prêt à recevoir l’absolution, il vous bénit.

Le prêtre vous indique une action ou une prière, après la confession, qui prolongeront le sacrement et marqueront votre désir de repartir courageusement, sur les pas du Christ.

Offert par le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes.