le petit caderoussier janvier 1925

15 juillet 2019

JANVIER 1925

LE PETIT CADEROUSSIER
 
Bulletin Mensuel

Lisez et faites lire Conservez chaque Numéro
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SOCIETE DE LA BONNE PRESS DU MIDI
A VAISON (Vaucluse)

A nos chers lecteurs et amis
A nos aimables lectrices
NOS MEILLEURS VŒUX DE BONHEUR POUR
1925
— : —
 Que du bonheur, sur la famille,
 L’Etoile d’or se lève et brille,
 En des rayons toujours nouveaux ;
 Que, lumineuse elle scintille
 Au-dessus de tout les berceaux !

 Que la paix, fleur de la Victoire,
 S’épanouisse dans sa gloire,
 Au sol de notre beau Pays :
 Par le sang pur qu’il a dû boire,
 Que tous ses enfants soient unis !

 Fidèle à la France, à l’Eglise,
 - Quoi que l’on fasse et que l’on dise –
 Et fier de ces deux grands amours,
 Que chacun prenne pour devise :
 ‘Catholiques et Français, toujours !’
 P.M.
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Souhaits chrétiens
— : —
Cette année est un présent que le bon Dieu vous donne ; c’est la vie qui avec elle va refleurie sous la rosée du Ciel. Oh ! Jésus nous l’offre de bon cœur ! Laissons durant son cours s’écouler doucement notre vie, en la dirigeant vers Dieu ! Alors rien n’en sera perdu.
‘Les bonnes années ne sont pas celles où l’on souffre et où l’on pleure le moins ; ce sont celles où l’on pèche le moins, où l’on mérite le plus, où l’on aime le plus le bon Dieu’.
 Mgr de SEGUR
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Bon jour ! Bon an ! Bonne santé toujours !
Et puis le Paradis à la fin de nos jours !
 Proverbe Populaire 
 
LE PETIT CADEROUSSIER
— : —

Approbation de Monseigneur l’Archevêque.
 Avignon le 9 Décembre 1924

 Cher Monsieur le Doyen,
Monseigneur ne peut que vous féliciter du zèle que vous mettez à la restauration de votre église. Il bénit de tout cœur l’œuvre, l’ouvrier et ceux qui voudront collaborer avec lui.
Agréez, cher Monsieur le Doyen…
 E. LUCQUIN,
 Vicaire Général.

 Caderousse, 10 Décembre 1924
Mes chers Paroissiens,
L’effondrement de la chaire m’a forcé de vous entretenir plus tôt que je ne pensais, des réparations urgentes que réclame l’état de notre église paroissiale. Je l’ai fait en tout abandon, comptant sur votre bon cœur qui ne permettra pas que Notre-Seigneur soit logé plus longtemps d’une manière si indigne de lui et… de vous. Ma confiance sera-t-elle déçue ? Puis-je décider à avoir de vous une si mauvaise opinion ? Non mille fois non. Déjà bien des familles m’ont promis leur concours, et un concours généreux. Ecoutez cette charmante histoire qu’on m »a contée ces jours-ci, et qui me rassure pleinement sur la réussite de mes efforts.
Une bonne vieille grand’mère appelle ses petits enfants et leur tient ce langage : ‘Mes chers Petits, nous allons être à l’époque des étrennes. Oui, Grand’mère, c’est bientôt Noël et le Premier de l’An. – Et bien ! Mes Petits, il ne faudra pas dépenser toutes vos étrennes en jouets et en friandises. – Pourquoi ? Grand’Mère ?- C’est que l’église, qui est la maison du Bon Dieu a besoin de réparations, vous mettez de côté un franc chacun, pour que vous le donniez à M. le Curé pour la Maison du Bon Dieu. – Oh ! Oui, Grand’Mère, volontiers nous nous priverons de quelques bonbons pour cela’. Bonne grand’mère, charmants enfants, vous m’avez fait verser des larmes d’espérance. Dieu vous bénira et votre exemple sera salutaire.
Dans cette lettre-chronique qui vous annoncera que les travaux vont commencer, permettez-moi, mes chers paroissiens, de répéter en substance pour ceux qui n’étaient pas à l’église ce jour-la, ce que j’ai dit dans mes deux sermons du 30 novembre. M. l’abbé Michel, de si édifiante mémoire, avait conçu le projet en 1873, de vous bâtir une nouvelle église. Il avait fait appel à toutes les bonnes volontés, et, d’après les quelques documents que les archives possèdent encore, il n’est presque pas une seule famille habitant Caderousse, ou originaire de Caderousse qui ne tînt à l’honneur de se faire inscrire sur la liste de souscription. Le projet échoua, je ne sais pour quel motif, mais aujourd’hui qu’il s’agit non plus de construire une autre église, mais simplement de nettoyer et de restaurer celle que nous avons, et qui dans sa vétusté ne manque pas de cachet, ne trouverai-je pas dans toutes les familles de Caderousse, soit habitant encore le pays, soit momentanément éloignées du pays, le même concours empressé que l’excellent Monsieur Michel ? Est-ce que notre église n’est pas dans un état plus lamentable qu’il y a cinquante ans ? Pouvons-nous tolérer, vous et moi que Notre-Seigneur soit aussi mal logé ? Non, n’est ce pas ? Car quel accueil nous réserverait-il quand nous paraîtrions devant lui ? Consentirait-il à nous admettre dans son palais du Paradis, nous qui aurions eu si peu à cœur de loger convenablement sur cette terre sa Présence eucharistique ? Nous voulons tous aller au ciel, employons un bon moyen de nous en faciliter l’entrée : Donnons au Roi du Ciel une demeure digne de sa Majesté.
 Votre curé : Henri BLANC

MEMBRES DU COMITE PAROISSIAL
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L’Association paroissiale a désigné six messieurs pour recevoir les offrandes des fidèles, et pour en contrôler l’emploi ce sont :
Messieurs : Marius Millet
 Hippolyte Lurion
 Ferdinand Guérin
 Désiré Vignol
 Auguste Ruat
 Antoine Roche.
Ces messieurs ont volontiers accepté de collaborer avec Monsieur le Curé. On peut donc remettre ou envoyer, en toute confiance, les offrandes à d’aussi dignes collaborateurs du Pasteur. Les noms des donateurs ou donatrices seront portés sur un registre, qui sera pieusement conservé dans les archives de la paroisse.

AUX ABONNES DU PETIT CADEROUSSIER
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Les abonnés hors pays sont priés d’envoyer à M. l’abbé Henri BLANC, curé de Caderousse, leurs réabonnements de 3 frs, au moins en mandat-carte, et nom en chèque postal. Les abonnés du pays comme d’habitude, voudront bien verser le montant de leur réabonnement pour 1925 entre les mains de leur zélatrice respective.
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CHRONIQUE RELIGIEUSE
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Adoration Perpétuelle. – C’est lundi dernier qu’a eu lieu dans notre paroisse l’adoration perpétuelle. Malgré le mauvais temps, l’assistance fut assez nombreuse aux offices. Durant toute la journée, adorateurs et adoratrices se succèdèrent aux pieds du S. Sacrement.
Plusieurs prêtres des environs vinrent par leur présence rehausser l’éclat de cette fête. La messe avec diacre et sous-diacre fut chantée par M. le chanoine Méritan, archiprêtre d’Orange, dont nous avons pu apprécier en maintes circonstances la parole éloquente, nous fit un beau sermon sur l’institution de la Ste Eucharistie.
Les choristes exécutèrent parfaitement le Kyrie de (Bathman) à deux voix égales, ainsi que le Sanctus de (Gounod).
Cette journée fut vraiment édifiante.
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STATISTIQUE PAROISSIALE
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Baptême. – Le 30 novembre, Abel Noguier, demeurant place de la Mairie.
Décès. – Le 10 novembre, Marie Ferragut, décédée à l’âge de 54 ans. Le 16 novembre, Hélène Michel, décédée à l’âge de 56 ans. Le 29 novembre, Caroline Aubert, décédée à l’âge de 84 ans.
A leurs familles, nous adressons nos sincères condoléances.
Morts d’il y a un an. – Le 6 janvier Joseph Pécoul âgé de 66 ans. Le 26 janvier Adeline Pécoul âgée de 63 ans.

Echos et nouvelles
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- Nous avons appris avec plaisir la naissance de Georgette Guérin, fille de M. et Mme Séraphin Guérin, demeurant à Avignon.
- Le 9 novembre M. Henri Falque notaire, décédé à Orange, fut inhumé dans le cimetière de Caderousse.
- Une société de Foot-Ball a été fondée dernièrement au café Bastides.
- Le 8 décembre, cinq sangliers furent tués dans l’île de la Piboulette au cours d’une battue.
- A l’occasion du prochain mariage de leur fille M. et Mme Roche fabricant de balais payèrent un repas au café Bourret à tous leurs ouvriers et ouvrières, le 4 décembre.

A TRAVERS CHAMPS
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Très peu de semailles ont pu être exécutées, de nouvelles pluies ayant détrempé la terre. Une température pendant quelques temps exceptionnellement douce a favorisé la germination. Les quelques champs emblavés ont bel aspect ; on ne peut se plaindre que de leur rareté.
Comme l’année dernière, après l’inondation, le cultivateur aura recours aux semailles tardives, les résultats furent satisfaisants pour qu’on n’hésite pas à semer du blé en Décembre et même en Janvier. Il faut cependant avouer que ce sont là des moyens de la dernière heure qui n’amènent pas toujours les résultats espérés.
La principale occupation consiste par les beaux jours à abattre les arbres et les haies vives qui iront grossir la provision de bois nécessaire.
Quand le mistral souffle on procède à la mise en paquet du millet.
 Le Vauclusien
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LE SOIR ROUGE
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(Vision d’avenir !)

‘C’est la lutte finale !’ Tout le jour, la nuit tout entière, des voix avinées ont hurlé le fameux refrain… Le grand soir est venu, soir rouge, souillé de sang d’orgies, de larmes…Les débris des banques fument encore ; le Soviet siège en permanence à l’Hôtel de Ville : des tramways renversés, des débris d’autos, de charrettes, des pieux arrachés aux palissades, des éclats de vitres jonchent pêle-mêle les rues angoissées des plaintes des mourants…
La Révolution est victorieuse.
Dans les prisons, vidées de malfaiteurs, sont entassés les plus honnêtes bourgeois. Tandis que la plupart se lamentent ou s’isolent dans un farouche silence. Pierre Kréguenec et Jean Tranquille, toujours pleins de sang froid établissent entre eux le bilan des dernières journées…
Cette fois-ci, çà y est, dit Pierre. – Oui, continue, Jean nous y sommes, en plein. – Nous avons pourtant bien lutté depuis quelques semaines. – N’empêche que nous sommes vaincus. Aujourd’hui la prison demain l’échafaud – C’est probable, mais au fond, nous n’avons que ce que nous avons mérité – Que dis-tu là ? – Ce que je pense. Ecoute : j’ai réfléchi beaucoup depuis ces quelques heures de solitude. En ce moment, je vois clairement que les premiers artisans de la Révolution, c’est nous. Oui, nous les laïcisateurs, les démolisseurs de la divinité, nous avons fait de la vile besogne. En persécutant l’Eglise, en traquant les religieux, en neutralisant l’école nous avons paganisé le peuple ; du même coup, nous avons tari en lui la source de la vertu, du dévouement, du désintéressement. Aveuglés par notre ambition, nous avons cru naïvement que nous pourrions jouir en paix de notre victoire, mais le peuple est simpliste et logique. Ne sachant plus lever les yeux au ciel, il les a davantage ouverts sur la terre et en observant nos facilités de vie, nos richesses, nos honneurs : Pourquoi eux ? Pourquoi pas moi ? Tu le sais, bien vite nous avons été dépassés : pour arriver, nous les radicaux, nous avons fait la courte échelle aux socialistes ; bientôt les communistes profitaient de l’aubaine. Manger du curé ne les a pas longtemps rassasiés, nous avions tellement appauvri l’Eglise ! – Ils ont visé là où il y avait à prendre : les riches bourgeois, les banquiers, les industriels, les propriétaires, notre étiquette de radical socialiste ne les a guère intimidés. – Nous avons vu trop tard le danger – nous sommes les victimes de notre anticléricalisme. On ne fait pas la part du feu en matière de doctrines… Dieu écarté, ce sont les fondements de la société qui sont sapés par la base. Il ne reste plus d’autre loi que la force ou la ruse. Nous avons mérité de mourir… Mais prions… nous, nous ne comptons plus… Mais Dieu sauvera la France quand même !
 François REGIS
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PENSEE
Venez vous qui vous plaignez de ne pas croire ou de ne plus savoir prier, le chapelet est la prière qui rend la Foi et ramène la ferveur.
 (Mgr BESSON)

Le Jour de l’An
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Nos personnages sont quatre jeunes garçons : Pierre, Paul, Jean et Jacques.
Pierre souhaite la bonne année à tous ceux qu’il rencontre, sans plus penser qu’une machine à ce qu’il dit : c’est la scie du jour, tout simplement.
Paul est un Machiavel en herbe. Ses souhaits sont d’un diplomate : toute leur raison d’être est le désir des étrennes ! Donnant, donnant !...
Jacques est sincère et désintéressé. S’il vous dit aujourd’hui mille choses aimables, c’est que vraiment il a pour vous de l’affection. Malheureusement, il ne fera rien pour que ses vœux se réalisent.
Jean est chrétien. Il ne sera pas seulement diseur, mais faiseur de bonne et heureuse année. Il vous la souhaite, il vous la procurera autant qu’il le peut : la sainte Communion ou la fervente prière qu’il va faire pour vous, vous seront plus utiles que tous les compliments
Puisse-t-il en avoir beaucoup dans la paroisse comme ce brave petit Jean !
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 Janvié de plueio chiche
 Fai lou païsan riche.
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COLOMBES ET SERPENTS
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Demeurez fermes dans la raison autant que dans la Foi ; et ne laissez pas dire à nos ennemis que les catholiques sont gens crédules, faciles à tromper par de vaines apparences ou de fausses promesses, toujour prompts à protester, et qui toujours, s’ils ne sont pas trop persécutés, finissent par se calmer et se taire.
Oui, certes, ‘Soyez simples comme des Colombes’ ; le divin Maître l’a dit, mais en ajoutant aussitôt : ‘Soyez prudents et avisés comme des serpents’. Opposez raison à raison, finesse à finesse, énergie à énergie : Vous aurez encore, avec cela, tous les avantages et toutes les forces d’une foi religieuse dont le Christ de Dieu est l’auteur et le soutien.
 Mgr LATTY, archevêque d’Avignon.

*
* *
- Le prophète Isaïe avait comparé les nations à des Colombes qui s’empresseraient un jour auprès du Messie et de son Eglise :
 ‘Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées,
 Comme des colombes vers leur Colombier ?’
- Le jour du baptême de Notre-Seigneur, le Saint-Esprit descendit visiblement sur lui sous la forme d’une Colombe.
- Le démon prit la forme d’un serpent pour tenter Eve.
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L’ADORATION DES MAGES
(Fête le mardi 6 janvier ; solennité le dimanche suivant)
— : —

Relisons ensemble, ami lecteur, ce beau récit de l’évangéliste saint Mathieu, et glanons en passant quelques explications utiles et intéressantes :

I. LES MAGES ARRIVENT A JERUSALEM

Après la naissance de Jésus à Bethléem de Judée, sous le règne d’Hérode, des Mages, venus de l’Orient, entrèrent à Jérusalem.
- ‘Où donc se trouve, demandaient-ils, ce Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer’.
L’évangile ne nous dit pas ce que c’était que les Mages. Mais l’on en croit la tradition, ils étaient à la fois prêtres, savants et rois ; un d’entre eux appartenait à la race noire.
Ainsi Jésus avait tout d’abord appelé à sa crèche les humbles, les pauvres, les ignorants, dans la personne des bergers du voisinage. Mais aujourd’hui il y appelle aussi les rois, les riches, les savants, car il aime tous les hommes et il veut tous les sauver.
Il est venu au monde, non pour fomenter la lutte des classes, la guerre sociale, qui ne peuvent faire que des ruines ; mais pour unir les hommes les uns aux autres par les liens de la divine charité : ‘Vous êtes tous frères, aimez-vous donc les uns les autres comme je vous ai aimés’.
Il est juste cependant de remarquer que les pauvres furent appelés les premiers : si donc nous devons aimer notre prochain quel qu’il soit, nous devons donner, dans notre cœur et dans nos préoccupations sociales, la première place aux humbles et aux déshérités de ce monde.
L’étoile miraculeuse qui guidait les Mages était un météore lumineux, brillant comme un astre, mais assez rapproché de terre pour qu’on pût en suivre le mouvement. Après avoir brillé à leurs yeux d’un vif éclat et leur avoir marqué le chemin, elle avait disparu sans doute aux environs de la capitale, et les Mages durent penser que c’était à Jérusalem même que le nouveau Roi venait de naître.

II HERODE TIENT CONSEIL

A cette nouvelle, le roi Hérode fut bouleversé, et avec lui, toute la ville de Jérusalem. Il fit assembler les Princes des prêtres et les Scribes du peuple, et il les pressa de lui dire en quel lieu devait naître le Christ.
- ‘C’est répondirent-ils, à Bethléem de Juda. Voici, en effet, ce qui a été écrit par le Prophète : ‘Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas assurément la moindre, parmi les principales cités de Juda, car c’est de toi sortira le Chef qui doit gouverner Israël, mon peuple’.
On peut facilement se faire une idée de l’émotion soulevée à la Cour et dans la Ville par l’arrivée soudaine de la longue caravane des trois mages. Qu’on se représente les chefs de ce riche cortège demandant à ceux des habitants qu’ils rencontrent : ‘Où est votre roi qui vient de naître ?’ et l’on comprendra ce qui dut se passer alors à Jérusalem. Les paroles des Mages volent de bouche en bouche et bientôt elles franchissent le seuil du palais d’Hérode.
Le peuple juif était ému, car les temps marqués par les Prophètes étaient accomplis, et tous attendaient la venue prochaine du Messie.
Hérode fut plus bouleversé que les autres, car sa jalousie lui faisait redouter un rival dangereux dans ce monarque nouveau qui venait de naître. Qu’il avait tort de s’effrayer, puisque la royauté du Christ devait être toute spirituelle, comme Jésus le proclamera publiquement devant Pilate au jour de sa Passion : ‘Tu l’as dit, je suis roi, mais mon royaume n’est pas de ce monde’.
Toujours est-il qu’Hérode assemble aussitôt le grand conseil des Juifs. Ces princes des prêtres dont parle l’évangile sont les chefs des vingt-quatre classes sacerdotales ; ces Scribes, ce sont les docteurs et les interprètes de la Loi.
Ils ouvrent la Bible devant lui et ils lui montrent le texte du prophète Michée qui, divinement instruit par Dieu lui-même, avait annoncé sept cents ans avant Jésus-Christ que le Sauveur du monde naîtrait à Bethléem.

III. HERODE APPELLE LES MAGES EN SECRET

Alors Hérode fit venir les Mages en secret, les interrogea avec soin sur l’époque ou l’étoile leur était apparue, et, les envoyant à Bethléem il leur dit :
- Allez, informez-vous exactement de l’Enfant, et, quand vous l’aurez trouvé, venez me le dire, afin que moi aussi j’aille l’adorer’.
Ces versets de l’Evangile font éclater dans un vif contraste la candeur des Rois-Mages et la fourberie du Roi Hérode.
Hérode agit avec une hypocrisie raffinée, convoque les Mages en secret ; il les interroge avec soin ; il veut calculer l’âge exact que doit avoir déjà ce petit roi afin de le reconnaître plus aisément et de s’en débarrasser par un crime. Il recommande aux Mages avec une feinte bienveillance de revenir auprès de lui ‘afin, ajoute-t-il, et c’est ici le comble de la fourberie, afin que moi aussi j’aille l’adorer !’
Les Mages sans méfiance promettent de retourner.

IV. LES MAGES PARTENT POUR BETHLEEM

Après avoir entendu le roi Hérode, les Mages partirent. Et voici que l’étoile, qu’ils avaient vue en Orient, allait devant eux, jusqu’à ce que étant arrivés au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’y arrêta. En revoyant l’étoile, ils furent transportés d’une joie suprême.
A leur arrivée à Bethléem, la foi des Mages allait être soumise à une rude épreuve ! Quelle vraisemblance, en effet, que ce petit enfant, enveloppé de pauvres langes et porté sur les bras d’une humble femme, fût le Sauveur d’Israël, le Messie promis par les Prophète, le Roi éternel du monde ! Mais pour eux le témoignage de l’étoile était le langage du Ciel, et cet instant vit alors un étonnant spectacle :
‘Aux pieds d’une vierge pressant entre ses bras un enfant, les trois sages étaient prosternés dans la poussière et adoraient le Dieu caché dans cette pauvre demeure. Cependant leur suite s’empressait à l’entour, les chameaux avaient plié les genoux et les serviteurs déchargeaient les riches fardeaux’. Mais écoutons l’Evangile :

V. LES MAGES OFFRENT LEURS PRESENTS

Etant entrés dans la maison, ils y trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent. Ils ouvrirent ensuite leurs trésors et lui offrirent en présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Telle est la scène évangélique. De pieuses légendes y ajoutent plus d’un trait : elles dépeignent le visage et l’extérieur de ces saints personnages ; elles nous font connaître leurs noms :
‘Le premier s’appelait Melchior, dit le vénérable Bède, c’était un vieillard aux cheveux blancs, à la longue barbe ; il offrit l’or au Seigneur comme à un roi. Le second, nommé Gaspar, jeune, sans barbe, rouge de chair, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage dû à sa divinité. Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Baltasar : la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le fils de l’homme devait mourir ?.

VI. LES MAGES RETOURNENT CHEZ EUX

Ayant été avertis en songe de ne point revenir vers Hérode, ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin.
Nous connaissons les conséquences de cet événement : Hérode, furieux d’avoir été joué par les Mages, veut envelopper le roi inconnu dans le massacre général de tous les petits garçons de Bethléem et des environ. Il envoie des soldats, ou plutôt des bourreaux, qui égorgent tous les petits ‘innocents’ de l’âge de deux ans et au-dessous.
Mais la Providence veillait et, quand ces tigres altérés de sang se présentèrent pour immoler Jésus, la sainte famille, miraculeusement avertie par un ange, cheminait cers la terre d’Egypte où l’Enfant-Dieu devait passer dans l’exil, les sept premières années de sa vie.
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LI CAMIN DE FERRE
— : —
- Mai sies bèn apensamenti, Charlet !... Eh ! Que caves, aqui, que caves ?
- Siéu eici que pènse… i camin de ferre.
- Ah ?... em’acò ?...
- Em’aco, m’es avis, à ièu, que, de tout segur, soun pu vièi que ço que nous dison… E n’ai la provo, Simoun !... Sabes pas tu, despièi qu’ouro i’a de camin de ferre ?
- N’i’a despièi qu’enventèron la vapour… despièi… cinquanto an ?
- Ah ! ço, vai, cinquanto an !
- Meten cènt, se vos.
- Moun ome, afourtisse, iéu, que i’avié de camin de fere… avans la neissènço de Jésu-Crist.
- Que me cantes aqui, Charlet !
- O, o, Simoun ! es bèn veritable que li tres Rèi prenguèron lou camin de terre, quand venguèron adoura l’Enfant-Jésu.
- Perdes lou sèn, Charlet !... Mai, coume !
- Per i’èstre pulèu, badalas !
- E ta provo ?
- Veleici, ma provo, es claro comme l’aigo de roco !
 De matin,
 Ai rescontra lou trin
 De tres grand Rèi qu’anavon en vouiage…

 Lou CASCARELET 75.

La Création d’Adam le premier homme

L’homme fut crée, non seulement après les plantes, les poissons, les reptiles, les oiseaux, mais aussi après tous les mammifères, de sorte qu’il occupe le plus haut degré de l’échelle de la création.
Lisons ce récit divin de nos origines dans les premières pages de la Bible :
Dieu dit : ‘Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance et qu’il domine sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques, et sur toute la terre et sur les reptiles qui rampent sur la terre’.
Et Dieu créa l’homme à son image. Il le forma de la poussière du sol et il souffla dans ses narines un souffle de vie.
Quoique l’homme ait paru sur la terre immédiatement après les animaux terrestres, il ne reçut pas l’existence de la même façon que les autres créatures, mais par une intervention plus directe et plus solennelle du Créateur.
Dieu avait dit simplement pour créer les autres êtres : ‘Que la lumière soit. Qu’il y ait des lumières dans l’étendue du ciel. Que les eaux foisonnent d’une multitude d’êtres animés. Que la terre fasse sortir des êtres animés’.
Mais, quand il s’agit de l’homme le Créateur semble se recueillir, les trois personnes de la Sainte Trinité tiennent conseil : ‘Faisons l’homme à notre image’.
L’homme, en effet, est composé d’un double élément : le corps qui vient de la poussière, qui n’est en somme qu’un peu de matière organisée ; et l’âme née du souffle divin.
Par le corps l’homme ressemble aux animaux ; même structure générale, même organes des sens, comme eux il voit, marche, mange etc ; mais par son âme il ressemble à Dieu. Comme Dieu, l’âme est un esprit invisible, immortel, possédant la raison (qui est un reflet de l’intelligence divine), il a la liberté et jouissait de plus (avant le péché origine) de la divine vie de la grâce.
L’homme est également créé à l’image de Dieu parce qu’il est fait pour dominer la création et pour en être le roi : ‘Qu’il domine sur toute la terre’. Son caractère de roi se voit même dans la tenue de son corps. Les animaux marchent à quatre pattes, le museau tourné vers la terre ; l’homme, au contraire, debout, et ne tenant au sol que par une toute petite partie inférieure de lui-même, lève noblement son front vers les cieux, il est le roi ! C’est la créature privilégiée de Dieu.
Voilà pourquoi lorsqu’un homme abuse de son intelligence, de sa liberté et de ses sens que Dieu lui a donnés, il se met bien au-dessous de la bête qui, elle, est irresponsable. Un charretier qui blasphème se met bien au-dessous du cheval qui traine la charrette ; un impudique est moralement inférieur au chien et au pourceau ; une femme vaniteuse qui met toute sa satisfaction dans la toilette, est bien plus sotte et plus ridicule que le paon ou le dindon qui font la roue, car, outre qu’ils ne sont pas responsables de leurs actes, ils ne tirent gloire que d’une parure qui leur appartient réellement et non d’une vêtement d’emprunt.
Chrétiens rappelons-nous la noblesse de notre origine ; ne descendons jamais au-dessous de l’animal. Souvenons-nous du vieux proverbe : NOBLESSE OBLIGE.
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PENDANT L’ORAGE

Saint François de Sales, voyant, dans un moment d’orage, des personnes qui avaient peur et qui se signaient à chaque éclair, se prit à sourire ; et comme on lui en demandait le motif, il répondit :
‘Je réfléchis que, dans ce moment, nul ne songe à offenser le bon Dieu ; que, bien au contraire, les cœurs se tournent vers lui dans le crainte même, afin d’implorer sa miséricorde ; et qu’ainsi l’orage contribue à sa gloire’.

A nos Lecteurs
— : —
L’ARMANA PROUVENCAU pèr lou bèl an de Diéu 1925 vient de paraître, apportant comme ses ainés ‘soulas e passo tèms en tout lou pople dou Miejour’.
Malgré ses soixante et onze ans il est toujours jeune et alerte, mêlant agréablement la prose et les vers, les désopilantes galejades et les pensées graves et sérieuses. On peut dire de lui ce que Boileau disait des bons poètes de son temps :
 Heureux qui, dans ses vers, sait d’une voix légère
 Passer du grave au doux, du plaisant au sévère,
 Son livre, aimé du ciel et chéri des lecteurs,
 Est souvent chez Barbin entouré d’acheteurs.
En l’espèce, ‘Barbin’ c’est la librairie Roumanille, rue Saint Agricole à Avignon. Hâtez-vous, car il n’y en aura pas pour tout le monde.
Voici à titre d’échantillon deux petites bluettes de genres très divers :
I. L’OME

De qué’s l’ome ? Un pessu de pousso encaro en vido.
Vanegant autant lèu qu’à sauta dou bressou,
Caminant de tastoun e qu’inchaiènt oublido
Qu’au mendre turtadis s’esclapara pèr sou.
 J.D.V.
II. AU RESTAURA

Moussu Groumandoun s’èro ataula au restaura. Uno galanto chato abihado de negre em’un faudau blanc i’avié douna la carto e s’èro décida d’acoumença soun repas, pèr une bello alo de poulet. Mai lou poulet s’atrouvè dur coume de bato d’ase : èro un vièi gau belèu e se fasié tira.
- Que ! madamisello ! ié vèn lou moussu à la servicialo, me sèmblo qu’ai jamai rèn manja au mounde de tant dur qu’aquéu poulet !
Alor la jouino chato, bèn poulideto, mai pas bèn desgourdido, ié vèn naïvamen :
- Jamai rèn manja de tant dur ?...Se vèi bèn que moussu a pancaro tasta noste roustit de biou !
 Lou CASCARELET
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LA REINE DES ABEILLES ET SON ESSAIM

La reine des abeilles ne se met point au champ qu’elle ne soit environnée de tout son petit peuple ; et la charité n’entre jamais dans un cœur, qu’elle n’y loge avec soit tout le train des autres vertus, les exerçant et mettant en besogne, ainsi qu’un capitaine fait de ses soldats.
 St François DE SALES.

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Nous ne pouvons pas avoir la charité (c’est-à-dire l’amour de Dieu) dans notre cœur, si nous n’aimons pas notre prochain et si nous ne pratiquons pas tous les commandements ; C’est Jésus-Christ qui nous l’a dit :
‘Aimez-vous les uns les autres, c’est à ce signe que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples’.
‘Si vous m’aimez, gardez mes commandements ; celui qui ne m’aime pas, ne gardera pas mes paroles’.
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FRUITS DU TRAVAIL

 Comme la bienfaisante pluie
 Féconde la terre en été,
 Dieu fit, pour féconder la vie,
 Le travail et l’activité.
 Ne laissons point d’heure inutile :
 Songeons que la paille stérile
 Est foulée aux pieds du glaneur.
 Puissent s’amasser nos journées
 Comme les gerbes moissonnées
 Dans le grenier du laboureur.
 Mme Amable TASTU

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Notre-Seigneur a accepté pour lui-même la loi du travail : il était charpentier. Les apôtres qu’il s’est choisis ont tous été des hommes de travail, et saint Paul a résumé toute la morale évangélique sur le travail en cette sentence aussi brève que péremptoire :
‘Si quelqu’un ne veut pas travailler, il ne doit pas non plus manger’.

L’EPI STERILE ET LE TONNEAU VIDE
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Tandis que tous ces grains, qu’on coupera bientôt,
 Inclinent leurs fronts vers la terre,
D’où vient que celui-ci s’élève encor si haut ?
- C’est qu’il n’a pas de grain dans sa tête légère’.

‘Ce tonneau qu’au pressoir le vigneron conduit
 En le poussant d’un pied rapide,
 Pourquoi donc fait-il tant de bruit ?
 - Mon bon ami, c’est qu’il est vide’
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LES ETOILES
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Le spectacle du ciel étoilé a inspiré à Louis Racine ces beaux vers :
 Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles ?
 Nuit brillante, dis-nous qui t’a donné tes voiles.
 O cieux que de grandeur et quelle majesté !
 J’y reconnais un maître à qui rien n’a coûté
 Et qui dans vos déserts a semé la lumière
 Ainsi que dans nos champs il sème la poussière.
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- Dans sa première lettre aux Corinthiens, l’Apôtre Saint-Paul nous enseigne qu’à la fin du monde, les élus, quand ils ressusciteront, n’auront pas tous la même splendeur ; mais que leur beauté sera proportionnée à leur sainteté et à leur mérite :
‘Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile. Ainsi en sera-t-il pour la résurrection des morts’.

Le coin des Chercheurs
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I. – Réponse aux devinettes du mois de Décembre

N° 58 : départ. – N° 59 : bonheur, tourmente, cœur, clémente. – N° 60 : Canne cane, âne. – N° 61 : la lampe. 

II. - Nouveaux jeux d’esprit

N° 61. – Enigme (par une riveraine du Rhône)
 Je suis le seul remède aux maux les plus amers ;
 Je triomphe de tout avec de la constance ;
 Je fus, suis, et serai, c’est là mon existence ;
 Va, ne me cherche pas, car alors tu me perds.
N° 62. – Changement de lettres (envoi du berger des garrigues)
 Je fus toujours celui qu’on trouve rarement ;
 Brouille mes pieds, je suis le mois le plus charmant.
N° 63. – Charade (par une exilée)
 Je suis près de Paris une ville de France.
 Partage simplement mon nom en deux moitiés ;
 Tu verras mon premier t’offrir son assistance
 Pour passer mon second sans te mouiller les pieds.
N° 64. – Devinette (par L.V.)
 - Quel est le nom de baptême qui, lu à rebours, désigne une des cinq grandes fêtes de l’année ?
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SERVICE D’AUTOBUS.- M. SCIAQUA
JONCQUIERES (Vaucluse)
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A visiter les Belles Grottes de Thouzon
Le Thor (Vaucluse)
 
 FIN

Impr. Bonne-Presse du Midi – Vaison Le Gérant N. MACABET